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Ouste, du balai !

balai

Avez-vous déjà ressenti l’impression d’être une poussière qu’on peut évacuer d’un simple coup de balai? Et cela malgré le dévouement que vous aurez eu envers ceux qui vous poussent ainsi vers la sortie? Malgré les années de fidélité et de conscience professionnelle?
On a sorti le balai en catimini. Sans un mot, sans avertissement. Sans égard pour le chagrin de ceux qui se sentent trahis et bafoués. Même si pourtant le doute que cela allait advenir s’était insinué en moi depuis un moment.

Oui, je suis triste, amère, déçue. Je n’aurai pas pu faire mes adieux à mes clients, je n’aurai pas été là jusqu’à la fin, la librairie fermera sans moi et mes patrons pourront prendre leur retraite.

Je cherche lequel de mes rêves pourrait me sauver de cette tristesse, mais tous me semblent inutiles.
Pour la troisième fois en six semaines, je dois réviser mes paramètres et mes balises. Et trouver en moi des forces pour parer à ce nouveau naufrage.

Les gens survivent bien aux tsunamis. Mais dans quelles conditions?

Sax dans le métro

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Sait-il celui qui brandissait son saxophone dans le métro ce matin pour en faire naître quasi amoureusement les plus belles notes, que l’inventeur de ce bel instrument était belge ? Je me suis posé la question, alors que je déposais quelques pièces dans son chapeau pour le remercier de m’avoir transportée à Dinant, chez Adolphe Sax lui-même. Il croira que c’est pour son talent, ce qu’il possède aussi, mais c’est vraiment pour le voyage que j’ai laissé tomber des pièces. Et pour quelques instants, je me suis retrouvée en bord de Meuse.

J’aime les musiciens du métro. Enfin quand ils n’arrivent pas avec des bandes sur lesquelles ils rajoutent quelques notes d’un instrument qu’ils maîtrisent souvent approximativement , mais les purs, les durs, les violonistes, les flûtistes et autres qui font corps avec leur instrument. Comme ce Péruvien, vendredi dernier, avec sa flûte de pan qui rappelait celle du groupe Inti et que j’ai écouté, assise dans les marches de la station Radisson, même si j’avais eu une longue journée et que j’avais hâte de rentrer chez moi. Je ne pouvais passer à côté de ce doux moment de plaisir.

Alors que la journée avance, le saxophone me fait danser dans les allées.
Peut-être même tanguer entre Montréal et Dinant.

Jeu d’associations

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La vie est-elle autre chose qu’un jeu de mémoire et d’associations? Je me le demande, alors que j’ai l’impression de jouer à ça depuis aussi loin que je me souvienne. Car autant suis-je une solitaire et très bien dans ce choix, autant je puis être une rassembleuse, comme me le disait il y a quelques années mon ami Bertrand.

J’adore mêler les gens, créer des liens entre eux, et j’ignore d’où cela me vient. Mais j’y trouve un plaisir fou. Il faut dire que je suis aidée par une mémoire exceptionnelle, que je tiens de mon grand-père qui, à 80 ans, était toujours un fabuleux conteur d’histoires et se rappelait de tous les événements comme du prénom de chacun des personnages qui avaient croisé sa longue vie.

Plus souvent qu’autrement, et ce depuis certainement vingt ans, un indice dans une conversation fait en sorte que je puisse mettre deux personnes perdues de vue en contact, qu’elles se connaissent directement ou indirectement. Ainsi, hier, moi qui suis à 6000 km de deux Belges qui n’ont qu’une demi-heure de route entre elles deux, je les ai mises en contact, à cause d’un élément anodin qui a attiré ma curiosité. L’une est allée à l’école avec le frère de l’autre, pour tout vous dire.

Pour plusieurs, cela semble exceptionnel des histoires comme celles-là.
Je ne pousserais pas les choses jusqu’à dire que j’en fais mon pain quotidien, mais disons que je suis de moins en moins surprise quand de telles choses arrivent. Je souris, je remercie ma mémoire et les hasards de la vie, sans chercher si je suis programmée pour réaliser ces mises en scène souvent amusantes.

Je pense à cette fois où Marc, tellement fou des livres qu’il ne laissait passer aucune ligne, aucune préface, aucune table des matières, s’était attardé à la dédicace de l’auteur et m’avait regardée curieusement. Il connaissait aussi un Réjean T. comme celui à qui l’auteur dédiait le livre… et moi aussi. Vous étonnerez-vous si je vous dis qu’il s’agit d’un seul et que c’est moi qui ai fait voir la jolie dédicace à Réjean?

Je pense à mon amie Hélène qui, il y a de nombreuses années, commençait à travailler dans une nouvelle école. Il fallait qu’elle échoit dans celle où ma seule autre amie enseignante en France enseignait aussi!
Je pense à mon amie Monique, Parisienne, alors qu’elle vivait à Montréal et dont un de ses confrères de l’EDF-GDF est venu à son tour travailler chez nous. Il fallait bien que le François en question suive des cours de delta… à l’école de mon cousin. Ou que Jean-François, le plus vieil ami de Monique au Québec, qui a aussi vécu en Allemagne, soit celui des serveurs du Lux, alors qu’il faisait ses études, avec qui j’avais des atomes crochus, et qui ne venait pas me demander toutes les dix minutes si je voulais un autre café et me laissait écrire, tranquille.

Mais, je l’avoue, sans clés de départ, sans une certaine curiosité de ma part, sans ma mémoire, je crois que certaines anecdotes n’arriveraient jamais. Or, j’aime à penser qu’Alexandra, rencontrée dans un avion et avec qui j’ai fêté une Saint-Jean à La Rochelle, par un livre de psychologie qu’elle vient de publier qui m’est passé entre les mains, habite maintenant en Abitibi. Cette même Alex qui avait accompagné au bal des finissants un copain arrivé plus tard. Celle-là même dont le voisin qui était de la fête à La Rochelle ne sait pas que j’ai fêté à nouveau la Saint-Jean avec lui, chez Sonia, quelque dix ans plus tard.

Ou alors Jean, revu cet automne après un long moment, Jean dont j’ai connu une des conjointes et qui me parlait il y a deux mois d’un copain à Liège… Justement, ce copain dont je ne savais pas les liens avec Jean, je devais le rencontrer en juillet dernier, mais c’était un peu trop juste entre mon arrivée et son départ pour Montréal.

Je m’amuse à chaque fois de ces jeux de hasards, de mémoire et d’associations.
Et celle d’hier me laisse pantoise. Je sens qu’il y en a deux qui vont devenir des amies, et que ça ne serait peut-être pas arrivé sans mon œil de lynx et mon grain de sel. Et je souris. Vraiment.

Le Lézard, pour l’ambiance et le café

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Marco et moi devions prendre un café cet après-midi, car il avait plein d’idées à me transmettre. J’avais donc choisi le Lézard, un de mes lieux. Un de ceux où je me sens bien, celui où Christiane et moi nous donnons toujours rendez-vous. Aussi parce que ça fait deux ans et demi que je lui parle de ce café… mais sa voiture est restée figée dans la glace. Il ne goûtera donc pas aujourd’hui au café équitable du Lézard. Ni au gâteau mousse au chocolat et à la noisette. Oui, je me suis régalée. Je sens encore le goût sur ma langue.

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Je pourrais aussi vanter le panini végétarien et la longue liste de cafés, car il y en a une bonne trentaine, dont un au chocolat et à la banane. Et des desserts qui font saliver juste à les regarder.
Mais j’ai envie aussi de vous raconter le Lézard, les bancs de chaque côté quand on entre, les livres alignés dans un savant désordre et qu’on peut lire sur place, l’odeur du café, la gentillesse des gens qui y travaillent et la musique. Car la musique du Lézard est toujours bonne et de plus, la chanson francophone y est formidablement servie, ce qui ajoute à mon plaisir. J’ai eu droit à Brel, à Renaud, entre autres.

Oui, je me sens bien quand je vais au Lézard. Toujours avec un livre et un carnet. Car ce lieu m’inspire et invite à écrire.
Marco a raté un beau moment et un excellent café. Mais ce n’est que partie remise. Il faudra bien qu’il découvre ce lieu autrement qu’en lisant ce que je viens d’écrire !

Montand en tête

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Je me suis levée avec du Montand dans la tête. C’est comme ça. Je ne cherche pas la raison, sinon je risque d’y passer la journée. Il y a sûrement un lien qui mène à un autre et à un autre. Si je voulais, je finirais bien par trouver, mais pas envie de me casser la tête. J’ai Montand en tête et voilà.

Montand et ses pas de danse sur la scène du Théâtre Saint-Denis, le 28 septembre 1982. Montand et Le télégramme, avec la voix de Simone Signoret sur bande. Et La bicyclette, la préférée de Paul, qui la chantonnait à côté de moi. Et Les feuilles mortes et Barbara. Et toutes celles qui rappellent Paris, si présentes dans son répertoire. Et son humour. Et ses clins d’œil.

À l’instar de Patricia Lavila qui chantait Je n’ai jamais vu Jacques Brel chanter, chanson introuvable que je n’ai pas entendue depuis des lunes, je n’ai pas vu Jacques Brel chanter non plus. Mais j’ai vu Montand. Et il a su m’émouvoir et me transporter à un point tel que je suis sortie de ce spectacle dans un état second. Heureusement que le bras de Paul m’a retenue, je traversais la chaussée sans regarder: je n’étais pas là. Mais ailleurs. Dans une chanson ou dans une autre.

Et je chantonne À Paris tout en me préparant à sortir prendre un café.
Il suffit d’une image et d’un souvenir bien précis pour parfois sourire et faire d’une journée ordinaire au préalable une journée éblouissante et heureuse.
Montand va me la faire formidable, je le sens.

Monter dans la grande roue avec Jacques De Decker

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Il y a des romans qui nous emportent en voyage. C’est le cas de La grande roue de Jacques De Decker, publié dans la collection Espace Nord, chez Labor. En voyage à Bruxelles, dans ses différents quartiers, en compagnie d’une galerie de personnages, onze en fait.

Onze personnages qui donnent les titres aux chapitres, toujours par paires de prénoms, le deuxième des deux prénoms devenant le premier du chapitre suivant. On peut donc commencer le roman par le chapitre qu’on veut tant qu’on enchaîne sur le suivant, jusqu’à avoir traversé la galerie de personnages. Ceux-ci extrêmement différents les uns des autres, issus de tous les milieux, dans des situations qui n’ont rien à voir les unes avec les autres.

Il pourrait s’agir de nouvelles, genre que j’affectionne entre tous, s’il n’y avait pas ce personnage qui, dans un premier temps, est le protagoniste d’un chapitre, et dans l’autre un peu en retrait pour laisser place au suivant qui jouera les mêmes rôles que lui. Et ces personnages ont tous quelque chose d’attachant dans leurs appels au secours, dans leur quête de bonheur, dans leurs questions comme leurs affirmations.

Il va sans dire que j’ai été emballée par La grande roue. Roman que j’avais vanté à un journaliste, à Hamoir, sans savoir que c’était un de ses collègues au Soir. Celui-là qui lisait Marcel Thiry en même temps que moi, celui-là qui m’a conseillé Eva Kavian.

Je viens de relire La grande roue avec le même plaisir, mais avec une meilleure connaissance de Bruxelles et aussi de la littérature belge, dans laquelle ce roman publié en 1985, se distingue et se démarque.

Il m’arrive de lire à l’occasion des chroniques de Jacques De Decker. J’aime à chaque fois son sens aigu de l’observation et aussi son véritable amour pour la littérature et les écrivains.
J’ai bien l’intention de le rencontrer. Je vous raconterai.

Journée entière au pays des oreillers… ou presque

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Vraiment, le premier lundi de 2006 a été jusqu’ici épatant. Une vraie journée de farniente, quasi en totalité au pays des oreillers. Café au lit. Lecture au lit. Diner au lit. Rêver au lit. Sieste. Nouveau café au lit. Musique au lit. En compagnie de mon lion en peluche et bien confortable, grâce à cinq oreillers.

Je ne sais plus de quand date une telle journée de dolce vita. Une journée de grâce où j’ai même réussi à débrancher un peu mon cerveau, chose rarissime. Car j’ai mis le focus sur une seule chose: mon plaisir.

Maintenant que la journée s’achève et que je constate à quel point elle a été agréable, je suis certaine d’une chose. Des journées comme celles-là, il m’en faut plus, ou à tout le moins, si ce n’est pas possible, des soirées telles. Pause au milieu des oreillers… Ceux que je vais encore retrouver tantôt. Bonheur.

Un crochet par Villers-la-Ville

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Ça y est, me voilà déjà prête pour partir à la fin juin. Façon de parler, bien sûr, puisque je n’ai ni billet d’avion ni valise remplie ! Mais ma tête et mon cœur sont déjà dans le prochain voyage. Il suffisait qu’Olivier téléphone de Champagne chez mes parents comme tous les jours de l’an depuis vingt ans, fort de l’amitié indéfectible que nous entretenons à notre manière, au hasard des déplacements des uns et des autres, pour qu’un premier pan de mes aventures de 2006 se dessine.

Il y aura un petit crochet en Champagne auprès du gang des 4 Champenois.
J’adore les petits crochets, comme ça. Un de ceux qui me revient en mémoire aujourd’hui est celui en direction de Villers-la-Ville. Vers l’abbaye datant au départ du XIIe siècle dont il reste des vestiges et auquel se sont ajoutés de nombreux bâtiments au fil des siècles.

Ce qui frappe dans ce décor, outre la majesté des vieilles pierres comme je les aime, c’est le vert. Il y en a partout avec le lierre aux murs, avec les arbres partout, et cela confère au lieu encore plus de beauté quand la lumière du soleil joue avec ces verts. Car j’ai eu la chance de profiter d’une des plus chaudes journées de l’été pour ma visite de Villers, en compagnie de Marc, un chocolatier dont je n’ai plus de nouvelles. J’adorais l’écouter parler, il avait l’accent de Brel. Et il était si heureux de profiter de sa première journée de congé en deux ans, en compagnie d’une Québécoise. Il a été un très bon guide. Je le remercie ici.

Villers a donc été une autre de ces haltes de juillet 2005. Et dans ma tête, je vois déjà celles de 2006 commencer à se profiler. Je vais bientôt reprendre mes guides qui ne sont pas bien loin et me concocter des excursions pour l’été qui viendra. Le temps des préparatifs est pour moi presque aussi important que le voyage lui-même. J’y entre ce matin, maintenant que 2006 est là. Nous rêverons ensemble.

Lire mes courriels

courriel

C’est toujours un plaisir de lire mes courriels quand je me lève le matin et quand je rentre le soir. Parce qu’il y a toujours dans ce rituel un élément de surprise. Qui a écrit? Y a-t-il des photos ou une vidéo? Des anecdotes amusantes? Des invitations? Des nouvelles de quelqu’un qui n’a pas donné signe de vie depuis un moment?
Et surtout une assurance: aucune facture !!!

Et depuis dix jours, il y a, bien entendu, de nombreux messages pour la nouvelle année, et il y en aura encore puisqu’on a tout janvier pour se souhaiter le meilleur! Des cartes virtuelles, aussi. J’ai apprécié chacun de ces messages, qui ont évoqué des souvenirs, qui m’ont fait sourire ou ravie. Car ces courriels, c’est la distance franchie, les cœurs réunis.

Alors, en 2006, ne cessez pas de m’inonder de courriels, cela fait partie de la longue liste de mes plaisirs quotidiens. Un de ceux dont je me passerais difficilement maintenant que j’y ai pris un tel goût.

Ils alimentent mon imaginaire au même titre que les souvenirs, les impressions du jour, certaines photos, des musiques et des livres, des repas et des promenades. Au même titre que tous ceux qui croisent ma route.

J’ai envie de te dire comme une enfant gourmande : « Dis-nous encore plein d’histoires, Lali » et de rester là, bouche bée à attendre de voir ce qui t’inspire et ce que tu vas nous raconter, comme une enfant qui attend que le conteur de rue trouve un sujet et crée un rêve, m’a-t-on écrit cette semaine en faisant référence à mes états d’âme et à mes coups de cœur que je déballe ici, sans pudeur.

Merci à la personne qui a envoyé un long courriel dont j’ai tiré une phrase; elle se reconnaîtra et me pardonnera de vous l’avoir fait partager sans son autorisation. Nous sommes trop complices pour qu’elle m’en veuille.

Ma vie est ponctuée de moments de plaisir. Et les courriels n’en constituent pas le moindre.