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Quand on collait un timbre au lieu d’appuyer sur SEND

correspondance

Pendant des années, un de mes plus grands plaisirs a été la correspondance.
Et puis, le ryhtme a ralenti, les lettres se sont espacées, certaines personnes n’ont plus répondu.
Mais je conserve de ces années des souvenirs radieux. De l’enveloppe qu’on ouvre jusqu’à la rencontre qui, dans certains cas, a eu lieu. Combien d’émotions partagées au fil des ans ainsi ?

Et cette impression de voyager parce que mes mots partaient par avion vers la France, la Suisse, la Belgique, les Pays-Bas, l’Angleterre, la Roumanie, la Nouvelle-Zélande, le Japon, la Réunion, l’Écosse, l’Autriche, la Tchécoslovaquie ? Et de continuer à voyager quand je recevais des photos ou des cartes postales et qu’on me racontait avec tant de détails de telle sorte que j’aurais pu y être ?

Je conserve des ces années, de ces heures passées à choisir le papier, la couleur de l’encre, et même les babioles que je pouvais mettre dans l’enveloppe, comme des étiquettes, des correspondances d’autobus ou des entrées de cinéma utilisées, un doux souvenir. J’ignore qui a conservé quoi de cette époque de notre adolescence ou de notre jeune vingtaine.
J’ai bien sûr encore des boîtes remplies de lettres, des photos aussi, tandis que les cartes postales sont bien rangées dans les nombreux classeurs dont ma filleule héritera un jour. Il me faudra bien, un jour ou l’autre, me décider à éliminer une partie de ces lettres qui ne demandent pas, dans la plupart des cas, à être relues.

Le contenu de ces lettres n’est pas le plus important, mais bien le souvenir et l’émotion qui s’en dégagent.
Et aussi tout ce qui est né de ces échanges, ces amitiés concrétisées et entretenues, qui perdurent dans certains cas depuis plus de 25 ans.

Le courrier électronique a quelque peu remplacé la bonne vieille correspondance.
Mais je poste toujours des lettres, même si moins qu’avant. J’aime encore le faire, le plaisir ne s’est pas émoussé pour devenir une corvée. Et quand je le fais, ce n’est plus dans le même but. Non plus pour donner des nouvelles, mais bien pour faire plaisir, laisser quelque chose qui reste et qui m’aura pris plus de temps qu’écrire un courriel.

Cette époque aura été une des plus belles de ma vie, et c’est sans regrets que je le dis.
J’ai eu la chance de la vivre, c’est ça le plus important.

Montréal, capitale du bagel

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Combien de fois, même après minuit, du temps où j’habitais le Plateau Mont-Royal, suis-je sortie chercher des bagels tout chauds rue Fairmount ? Et combien en ai-je mangés sur la route du retour ? Il me serait vraiment impossible de le dire, mais le souvenir est là, et avec un peu d’imagination, le goût sur la langue.

Qui n’a jamais goûté un bagel montréalais ne connaît ni Montréal, ni une de ses spécialités ethniques qui a fait sa renommée dans toute l’Amérique du Nord. Extérieurement, on pourrait croire un beignet si on est européen, un beigne si on est québécois. Mais le bagel est autre chose. Ni brioche, ni pain, il est quasiment inclassable. Il faut le savourer chaud, ou alors avec du fromage à la crème, du saumon fumé, des tranches d’oignons et des câpres, préparé à la manière d’un sandwich.

Mais on peut en faire ce qu’on veut, car le bagel n’est ni plus ni moins qu’une porte ouverte à l’imagination. Il est la base inspirante de délices à créer. Pour le déjeuner, le diner, une collation, un snack de fin de soirée. Le bagel se sert n’importe quand, seul ou accompagné.

Et depuis quelques jours, il me sert de déjeuner. Plaisir.
Avec une petite pensée pour Hélène. Parce qu’elle les aime tant qu’un jour il a fallu aller en prendre avant qu’elle ne rentre à Paris avec une douzaine dans son sac à dos !

Bruxelles, même pour quelques heures

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Bruxelles ma belle chante Dick Annegarn.
Mais je ne crois pas que Monique, ma sœur, qui y passait quelques heures en réunion cet après-midi, après un vol Montréal-Paris, le RER vers la gare du Nord, le Thalys vers Bruxelles, et le retour, puisse la nommer ainsi. Pour elle, ce n’aura été qu’une course folle pour arriver à temps et repartir dans les délais.
Elle n’aura rien vu de ce qui fait le charme de Bruxelles, même si on l’a en partie détruite pour en faire une capitale de l’Europe ultra moderne. Il reste encore beaucoup de bâtisses à regarder, de vitrines, de fenêtres, de fer forgé et de lucarnes. Et suffisamment pour que l’œil soit ébloui et que je rêve de m’y promener à nouveau.

Il est formidable de constater qu’on peut se promener dans l’espace.
Mais il me semble que bien des choses promises pour le XXIe siècle ont été négligées au profit de la conquête de la Lune, puis de Mars. Jules Verne, le visionnaire, avait vu juste pour beaucoup de détails, mais pas tout.
On a oublié la télétransportation, la miniaturisation, les voyages dans le temps. Et moi, ce sont ces possibilités qui m’intéressent, bien entendu.
Combien de fois aurais-je fermé les yeux pour me transporter auprès de mes amis belges?
Et aujourd’hui, n’aurais-je pas voulu être miniaturisée, agrandie, et miniaturisée à nouveau, les quelques heures que ma sœur aurait passées à Bruxelles ? Il y en aurait eu du monde avec moi pour faire la fête, oufti !

Mais on a encore mis ces trop belles idées de côté; alors je devrai me déplacer via un avion, comme toujours, quand l’occasion de retourner en Belgique se présentera.

Je n’imaginais pas en me levant, il y a exactement une semaine, que ma vie allait changer du tout au tout. Que j’allais devoir faire de mon quotidien une quête vers un nouveau travail. Et que le 29 juin, je serais peut-être à Montréal.

Alors, même si ma sœur n’aura sûrement rien vu de Bruxelles avec ce voyage éclair, qu’elle en conserve tout de même un joli souvenir, et que cela lui donne le goût de voir cette ville autrement. Et qui sait, peut-être en ma compagnie?

Ma vie comme un point d’interrogation

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Voilà à quoi je suis confrontée, un joli point d’interrogation.
Quel sera mon avenir ? Dans quelle sphère vais-je me retrouver ? Cela va-t-il être long ? Est-ce vraiment pour le meilleur que tout ça arrive ?
On dirait un casse-tête de 10 000 morceaux, ceux-ci éparpillés dans toutes les pièces.
Ou alors peut-être est-ce ma tête qui est comme un puzzle. Tout est là, mais par quoi commencer ? Faire le cadre ? Démêler les couleurs ? Quelle méthode est la plus efficace ?
Pour le moment, j’avouerai être plutôt pétrifiée face à tous ces morceaux, même si je sais que j’en viendrai à bout. Je me sens désorientée, sans horaire, dysfonctionnelle même. Et pourtant, je bouge.
Je fais le tour des contacts, j’avise de ma disponibilité.
Je travaille à mon CV, je fais la liste de ceux à qui je l’enverrai. Je tente de ne rien oublier, moi qui ai emprunté d’autres sentiers que ceux de la librairie.
Et je me rends compte de mes talents.
Mais le point d’interrogation reste entier.

Si seulement j’avais une petite idée de ce qui m’attend, il me semble que tout irait bien mieux.
Je déplacerais les morceaux du puzzle en conséquence.

Mais il est là, entier, et je déplace les pièces, tantôt avec conviction, d’autres fois avec hésitation.
Normal, me dit-on. Mais encore une question sans réponse: c’est quoi la normalité ?
J’y répondrai un autre jour.

Je vais m’attaquer au ciel bleu de ce pas.

Changement de menu

cuisiner

Il est tant de choses qu’on ne prend pas – ou peu – le temps de faire, quand on travaille 42 heures semaines, et qu’il faut ajouter à celles-ci une bonne dizaine d’autres pour se déplacer dans les deux sens.
Est-ce l’absence de ce qui occupait mes journées qui me fait me rendre compte à quel point je n’ai pas pris le temps de ranger, parce que souvent trop fatiguée, de cuisiner autrement que vite fait, parce que pas envie ou pas le temps ? De voir mes amis davantage, de plus ? Ou à tout le moins de leur donner des nouvelles ?

Il me semble que voilà des mois, et peut-être même un an, que je n’ai plus la forme que j’avais.
Ce fut une dure année, malgré le voyage en Belgique et le rétablissement à la santé de mes parents. Ce fut aussi une année où j’ai beaucoup vécu dans ma tête ou devant mon ordi, toujours en quête de connaissances. Apprendre, toujours apprendre. L’histoire, les pays, la littérature, la musique, les gens aussi. Et aussi, du coup, en apprendre sur moi, sûrement.

Et aujourd’hui, grâce aux encouragements que je reçois, au fait qu’il y a des gens qui croient en moi, je reprends possession d’une partie de ma vie que j’avais un peu délaissée. Par manque de temps et d’énergie, je suppose.
Même si je n’ai pas une forme à tout casser en ce moment, je l’avoue.

J’ai pris le temps de déjeuner, moi qui ne le fais jamais ou alors seulement le dimanche ou le lundi, de temps en temps. J’ai aussi, et surtout, pris le temps de cuisiner, et non pas de me faire des pâtes, comme d’habitude, ou de réchauffer un plat préparé de l’épicerie.
Et il me semble que mon pain de viande est un des meilleurs de ma vie.
Si bien que je retrouve envie à retrouver ma cuisine, à m’asseoir à une table, plutôt que de manger à côté de l’ordinateur. Si bien que je me demande ce que je préparerai bien demain.

Et s’il y avait longtemps que je m’étais oubliée ? Et si depuis un an je n’avais vraiment pris le temps de cuisiner que quand j’avais de la visite ?
Mes retrouvailles avec Lali qui cuisine vont être au menu de tous les jours. Miam miam.

Lumière sur la neige

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Je fais le deuil de ce qui a été ma vie pendant pendant plus de vingt ans, chaque fois que j’annonce la nouvelle. Et ce n’est jamais facile, malgré tous les encouragements que je reçois de part et d’autre qui m’incitent à croire que « rien n’arrive pour rien » ou que « le meilleur est à venir ».

Bien sûr que je veux croire à tout ça, sinon autant rester sous les couvertures et attendre. Bien sûr que j’espère des jours heureux. Mais chaque fois que je livre la mauvaise nouvelle, autant je me sens soulagée, autant aussi je suis épuisée. Mais plus j’aurai dit les choses, et au plus grand nombre de gens possible, plus je pourrai être à l’affût et renseignée.

Il ne me servirait rien de me terrer. Je dois continuer de fréquenter ce qui a été mon univers toutes ces années. Je ne dois pas ne pas aller aux lancements sous prétexte que je ne travaille plus dans une librairie. Ce monde du livre, c’est mon monde, le seul que je connaisse. Et peut-être le seul dans lequel que je veuille évoluer encore, je suis toujours en pleine réflexion.

Alors, je regarde dehors. Le soleil se pose délicatement sur la neige d’hier. Et toute cette lumière va bien m’éclairer, me dis-je. Pas pour me réconforter. Mais pour sourire, et profiter de ce temps qui m’est donné de penser davantage à moi.

Me suis-je trop associée à ce qui a été mon quotidien ou bien aux yeux de tous étais-je plus qu’une libraire ? Les prochaines semaines m’éclaireront, c’est certain.

J’ai le besoin de croire que ma vie ne s’est pas arrêtée en partie vendredi dernier. Que je vis une période de transition et que ce qui se profile sera à la hauteur de mes espérances. Il y a tant de lumière dehors, rien ne saura assombrir ma journée.

Le bonheur au fond, ce n’est que l’addition de petits bonheurs comme regarder dehors, prendre un bol de café ou parler avec quelqu’un qu’on aime.

Rien ne remplacera le chocolat

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Je suis capable de me passer de beaucoup de choses dans la vie, même de celles qui pourraient paraître vitales à d’autres. Mais pas de chocolat. Entre lui et moi, il y a une histoire d’amour, c’est certain. Je ne me rappelle pas de la première fois, ça fait sûrement trop longtemps, mais je sais le plaisir incomparable qu’il me procure. Un plaisir jamais éclipsé. Toujours renouvelé.

J’aime tout ce qui se fait avec du chocolat, mousses, gâteaux, tartes, truffes, pralines, glaçage, pâtisseries. Tout, je vous dis, sans exception.
Et mon passage au pays du chocolat ne m’a rendue qu’encore plus friande de bon chocolat. Quand on a goûté le meilleur du meilleur, difficile après de se contenter d’ersatz.

Je revois les rues de Bruxelles qui alignaient plus de chocolateries quasi côte à côte que le Québec entier doit en compter ! Juste regarder les vitrines a de quoi rendre fou ! Mais c’est une folie savoureuse, pour le moins. Et en plus, on donne au chocolat de nombreuses propriétés curatives et antidépressives. Pas étonnant que celui-ci nous fasse autant sourire et nous mette dans le meilleur des esprits !

Par contre, ce n’est vraiment pas l’effet sur le moral que je recherche dans mes dégustations, mais bien le plaisir du goût et des textures sur la langue… Je crois même pouvoir être en mesure de vous dire qu’aucun homme ne m’a jamais autant fait envie qu’un morceau de chocolat. C’est sûrement pour cela que je suis si bien toute seule… si j’ai du chocolat, bien entendu.

Non, rien ne saura remplacer le chocolat. Comme rien ne saura remplacer un livre, une plage, ou un sourire.

Joueuse, moi ?

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Oui, je l’admets !
Mais pas ces jeux où on mise de l’argent comme dans les casinos, ou les parties de cartes. Des jeux de tables, entre amis. Ou alors, sur le net. Comme le scrabble. Ou le mah-jong. Mais de tous les jeux, ce seront toujours ceux qui font travailler le cerveau, et plus particulièrement la mémoire et les associations, que j’apprécie.

Un des jeux auxquels je m’adonne rarement, par manque de joueurs autour de moi, est le TRIVIAL PURSUIT (dont j’ai la version originale QUELQUES ARPENTS DE PIÈGES). Ai-je un attachement particulier pour ce jeu parce qu’il a été créé par deux Montréalais ? Parce que j’y joue depuis qu’il a été mis sur le marché ? Parce que j’ai même transporté mon jeu de questions en Belgique lors de mes dernières vacances pour y jouer avec des fanas là-bas ?

Alors, pourquoi ne pas jouer à distance, me suis-je dit. Et me voilà embarquée dans une idée folle concrétisée cet après-midi même: animer le jeu de chez moi pour mes amis belges dans la salle où nous clavardons.

Je souffre d’une fatigue heureuse ce soir.
Pas évident de taper les questions, d’insérer les pointes dans les tartes et se rappeler les couleurs de chacun, tout en suivant la conversation !! Et nous nous sommes vraiment bien amusés, chacun y mettant son grain de sel. Il y a eu des gagnants, bien entendu, mais cela n’était même pas important. Être ensemble, même si chacun chez soi, là était le but du jeu.

Je crois qu’il faut parfois des prétextes pour se réunir les uns les autres.
Jouer aura été un bon prétexte pour nous rassembler. Et comme je me connais, j’en trouverai d’autres.

Rechanter Santing avec Annemarieke

santing

il y aura toujours Haarlem
dans mes souvenirs zigzag
la pièce bleue et le chat qui y dort
le thé au pamplemousse
et la voix de Mathilde Santing
il y aura toujours Haarlem…
loin de mes jours à contre-courant
pour mieux me perdre et me trouver
à l’idée d’un printemps sans fin
dans l’improbabilité des espoirs roses
de l’encre au bout de mes doigts

(Lali, Haarlem, avril 1985)

Il est des moments incomparables, et s’ils font notre quotidien pendant quelque temps, ils sont d’autant plus précieux. Et chaque minute avec Annemarieke, chez elle, en 1985, puis chez moi en 1988, a été heureuse et complice. La vie ne nous a pas réunies depuis, elle longtemps au Zimbabwe par la suite, mais nous nous retrouverons. Berkenstraat, Haarlem, dans la maison qui était celle de son grand-père, une maison dédiée à la musique avec le piano et le violoncelle d’Annick. Porte-t-elle encore ce surnom que je lui avais trouvé et qu’elle avait adopté d’emblée ? Simone et Suzanne sont-elles aussi blondes et vives qu’elle ? Sont-elles musiciennes ? Aiment-elles les livres comme celle qui m’avait découvrir Harry Mulish ?

Annick écoute-t-elle encore ses 33 tours de Mathilde Santing comme je vais le refaire bientôt, car je vais m’occuper de remettre ma table tournante en état. Et je chanterai à nouveau « Behind a painted smile » et « I’ve grown accustomed to her face ». Et quand ce sera fait, une lettre partira pour Haarlem, la ville de Frans Haals. Et je renouerai avec Annick; les Pays-Bas et la Belgique, c’est limitrophe. Et j’emmènerai Nath avec moi voir Annick. De canaux en canaux, nous visiterons après ceux de Bruges ceux d’Amsterdam.

Bien sûr, me voilà en train de fomenter un nouveau rêve.
Rien de meilleur pour passer à travers les décombres. Il faut voir loin, renouer avec le passé, et chanter. Et surtout se laisser emporter par nos rêves.

Lali pour toujours

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Jour 1 de la nouvelle vie de Lali.
Une Lali qui n’a plus de livres à ranger sur ses rayons, plus de clients à servir, plus de commandes à préparer, peut-elle toujours s’appeler Lali, qui était au départ le diminutif de la libraire, affectueusement trouvé par Ric, qui appelait sa marraine ainsi?
Pourquoi pas?

Ce n’est pas parce qu’on n’exerce plus au quotidien le métier de libraire qu’on ne l’est plus de cœur. Et il n’est pas dit que je ne retournerai pas vendre des livres dans quelque temps, même si aujourd’hui, je fais plutôt le tour de mon jardin. Il y a tellement de voies possibles dans ce beau monde du livre et des mots, quelques-unes déjà empruntées à l’occasion, d’autres à découvrir, que peu importe le chemin que je prendrai il y aura toujours une libraire en moi. En effet, que fait un(e) libraire sinon que de donner le goût aux uns et aux unes de lire? Je ne pourrai pas changer, j’ai toujours été pratiquante, même avant d’être derrière un comptoir.

Et de plus, j’ai souvent préféré les livres aux gens, mais je me soigne!
Et s’il est quelque chose dont j’ai horreur, c’est bien le magasinage, et ce même ado, alors que ma sœur pouvait passer des heures dans les centres d’achats. Je la laissais partir avec Sylvie, elles n’avaient qu’à passer à la librairie, je n’avais pas autre part à aller, d’autant plus que c’était aussi une boutique de disques. J’étais heureuse dans une librairie. Et je crois que je le serai toujours, même si je n’y travaille plus jamais. J’irai en visiter, comme je le fais en voyage, ou comme mes parents pharmaciens visitaient des pharmacies, quand on partait en vacances.

Il en est dont je garde des souvenirs précis.
La librairie de la Fontaine, à Paris, fermée il y a quelques années déjà, et qui était consacrée au cinéma et au théâtre. Combien d’heures passées là? Je sais seulement qu’elle fut de tous les voyages à Paris, jusqu’à sa disparition constatée en 1997.
J’ai souvenir aussi de cette librairie sur quatre étages à Oxford. J’avais particulièrement apprécié le dernier étage où il y avait des livres dans une trentaine de langues, imprimées partout sur la planète. Et tout ce macrocosme se retrouvait là. Les livres faisaient la paix là où les hommes se battent.
Et il y a eu Lire et Délire, la librairie-café de la rue Roy, à Montréal. On trouvait là des éditions anciennes, des livres souvent hors commerce, des publications inattendues, des tables où s’asseoir et prendre un café. Et en soirée, des animations comme des projections de cinéma muet ou des récitals de poésie.

J’aime les librairies, et beaucoup plus que les bibliothèques. Il n’y a pas de silence religieux dans les premières, mais plutôt le débordement et l’enthousiasme, les conversations et les débats. Les découvertes et le plaisir.

Je continuerai de les fréquenter, mais pas tout de suite. Il y en a une en moi qui a été ma seconde maison pendant presque 22 ans et que je ne vais pas oublier de sitôt. Ni ces moments inoubliables de partage et les amitiés qui s’y sont nouées : Nathalie et Denis, Marie-Claire, Roch, Pierre, Françoise, Danielle, les deux Francine, Réjean, Marie-Christine. Et quelques autres.

Aujourd’hui, j’affirme que quoiqu’il arrive Lali restera Lali, l’amoureuse des livres et des mots.