Elle avait enfilé sa plus belle tenue, s’était faite belle pour le rendez-vous. La lectrice du peintre allemand Robert Nitsch était prête à se laisser séduire par les mots de Robert Mélançon et particulièrement par ce poème tiré de Peinture aveugle :
L’amante
La nuit échangera avec le jour
La masse de ses ténèbres (superbe
Écrin où coulent les étoiles) pour
Les divisions de la clarté. L’Atlantique
Refoulera le Saint-Laurent, remontant
Son cours vers des sources confuses.
Le soir n’approfondira plus
D’ombre ses rues, et l’automne
Fleurira plus que mai. Avant
Qu’en moi ne se disperse
Le verger de ta présence. L’an
Ni le fleuve, ni le jour
Ne pensent à nous, qu’ils emportent.

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