La lectrice de l’artiste Gladys Lee Wiles s’est plongée dans la lecture du Livre de l’ignorance du Portugais Antonio Ramos Rosa dès son arrivée. Et pas une seconde je n’aurais pensé à la déranger tant elle était absorbée.
Et avant de partir, elle m’a tenu le livre en indiquant ce texte et en m’avouant que le choix avait été difficile tant elle avait aimé le recueil :
Nous sommes sur le point de vivre quand s’ouvre
l’avenue où notre passage procure
l’immédiate profusion du souffle de l’air
Fourvoyés et sûrs de nos pas nous trouvons
alors l’impossible terre qui se donne
et nous attend dans la solitude du monde
Ainsi nous sommes la transparence
de tout ce qui est opaque ou brillant
en des méandres obscurs et heureux
où l’eau respire et s’incline
Dans l’ombre nous jouissons d’une telle paix
que dans l’équilibre ardent nous nous sentons
de simples éléments parmi des éléments mobiles
Être ainsi tellement heureux dans la lumière
c’est laisser la brise devenir le sens pur
de la claire harmonie qui éclaire la parole

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