C’est la lectrice peinte par Martine Pinsolle qui a été la première à parcourir le très beau recueil d’Antonio Ramos Rosa intitulé Le livre de l’ignorance, que je vous invite à découvrir ici. Un grand livre. Un de ceux qui troublent par sa sagesse, comme par ses images.
Le recueil, traduit par Michel Chandeigne et publié aux éditions Lettres Vives en 1991, est un appel à l’essentiel. C’est du moins ce qu’a senti la lectrice de ce soir qui a choisi pour nous cet extrait :
Sans confidences sans visions révélatrices
j’entre dans un domaine immédiat et sinueux
Un instinct animal me fait écrire dans la pénombre de l’écorce
Je m’inonde d’une lumière unanime Je vais à vous
Que ce que j’écris soit l’ignorante cime
du bien-être Que les bras et les genoux
disent l’indolence et le halo de sa lumière
Que la claire atmosphère scintille et se condense
dans le balancement du repos et l’éclat des phrases
Que les mots recueillent les ombres tranquilles
et le murmure des arbres et des eaux vives
Et que les senteurs du vent qui délivre et emporte
réavivent la jouissance d’être un amant de lumière

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