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Quand on murmure les mots qu’il faut

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Je vous avais bien dit que Lilas avait chuchoté des mots doux à la nature. Tellement doux que les bourgeons n’ont pas résisté à pointer du nez pour qu’elle puisse les photographier!

4 réponses

  1. C’est elle avec les bourgeons, l’autre avec le vin… quel monde de fous.

  2. Il suffit des doux mots de Lilas car les bourgeons sont à son écoute…

    Merci Lilas pour cette naissance du printemps !

  3. La vie plus fort que tout ! Bel effet de printemps, bourgeon tendres et veloutés..

    Premier Sourire du Printemps de Théophile Gautier — Émaux et Camées

    Tandis qu’à leurs œuvres perverses
    Les hommes courent haletants,
    Mars qui rit, malgré les averses,
    Prépare en secret le printemps.

    Pour les petites pâquerettes,
    Sournoisement, lorsque tout dort,
    Il repasse des collerettes
    Et cisèle des boutons d’or.

    Dans le verger et dans la vigne,
    Il s’en va, furtif perruquier,
    Avec une houppe de cygne,
    Poudrer à frimas l’amandier.

    La nature au lit se repose?;
    Lui, descend au jardin désert
    Et lace les boutons de rose
    Dans leur corset de velours vert.

    Tout en composant des solfèges,
    Qu’aux merles il siffle à mi-voix,
    Il sème aux prés les perce-neiges
    Et les violettes aux bois.

    Sur le cresson de la fontaine
    Où le cerf boit, l’oreille au guet,
    De sa main cachée il égrène
    Les grelots d’argent du muguet.

    Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,
    Il met la fraise au teint vermeil
    Et te tresse un chapeau de feuilles
    Pour te garantir du soleil.

    Puis, lorsque sa besogne est faite,
    Et que son règne va finir,
    Au seuil d’avril tournant la tête,
    Il dit?: «?Printemps, tu peux venir?!?»

  4. C’est le printemps des poètes..

    Le printemps

    Les bourgeons verts, les bourgeons blancs
    Percent déjà le bout des branches,
    Et, près des ruisseaux, des étangs
    Aux bords parsemés de pervenches,
    Teintent les arbustes tremblants ;

    Les bourgeons blancs, les bourgeons roses,
    Sur les buissons, les espaliers,
    Vont se changer en fleurs écloses ;
    Et les oiseaux, dans les halliers,
    Entre eux déjà parlent de roses ;

    Les bourgeons verts, les bourgeons gris,
    Reluisant de gomme et de sève

    Recouvrent l’écorce qui crève
    Le long des rameaux amoindris ;
    Les bourgeons blancs, les bourgeons rouges,
    Sèment l’éveil universel,
    Depuis les cours noires des bouges

    Jusqu’au pur sommet sur lequel,
    O neige éclatante, tu bouges ;
    Bourgeons laiteux des marronniers,
    Bourgeons de bronze des vieux chênes,
    Bourgeons mauves des amandiers,
    Bourgeons glauques des jeunes frênes,
    Bourgeons cramoisis des pommiers,

    Bourgeons d’ambre pâle du saule,
    Leur frisson se propage et court,
    A travers tout, vers le froid pôle,
    Et grandissant avec le jour
    Qui lentement sort de sa geôle,
    Jette sur le bois, le pré,
    Le mont, le val, les champs , les sables,
    Son immense réseau tout prêt
    A s’ouvrir en fleurs innombrables
    Sur le monde transfiguré.

    Auguste Angellier (« Le chemin des Saisons »)

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