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Les chats de Paris

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(dessin de Patrick Taïeb)

J’adore ce type d’illustration qui met en scène Paris et des chats. Tellement que, quand j’ai reçu cette carte de la part de Chantal, j’ai eu un sourire grand comme ça pour le reste de la journée.

Ce que mots vous inspirent 2053

HAMILTON (Hamilton) - 2

L’immobilité m’a apporté ce que le voyage ne me procurait plus. (Sylvain Tesson)

*toile de Hamilton Hamilton

Poésie des femmes 2

HEUSER (Christian) - 4

Les rêves morts

Je voudrais pour aimer avoir un cœur nouveau
Qui n’eût jamais connu les heures de détresse,
Un cœur qui n’eût battu qu’au spectacle du beau
Et qui fût vierge encor de toute autre tendresse;

Mais je porte en moi-même un horrible tombeau,
Où gît un songe mort, loin de la multitude :
J’en ai scellé la porte et seul un noir corbeau
Du sépulcre maudit trouble la solitude!

Cet oiseau de malheur, c’est l’âpre souvenir,
C’est le regret des jours vécus dans la souffrance,
Qui ronge jusqu’aux os mes rêves d’avenir,
Beaux rêves glorieux, morts de désespérance.

Sans cesse l’aile sombre au fond de moi s’ébat,
Son grand vol tournoyant fait comme la rafale,
Qui siffle en accourant vers la fleur qu’elle abat
Et disperse les nids, dans sa course fatale.

Pourtant, d’un port lointain, si le vent, quelquefois,
M’apporte la chanson d’un ami sur la route,
À l’émoi de mon cœur je reconnais sa voix,
Car il cesse de battre, et tout mon être écoute.

Gaétane de Montreuil
(dans Anthologie de la poésie des femmes au Québec des origines à nos jours de Nicole Brossard et Lisette Girouard)

*choix de la lectrice de Christian Heuser

D’attendrissants éléphants

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Il m’arrive à l’occasion d’acheter des cartes postales en ligne. C’est le cas de celles-ci.
Je n’ai pu résister à ces maxicartes de Chine mettant en scène de si attendrissants éléphants.

Ce que mots vous inspirent 2052

HAMILTON (Ken) - 4

J’ai beaucoup plus appris en écoutant couler l’eau de la rivière qu’en entendant raisonner les hommes… (Pierre Aguétant)

*toile de Ken Hamilton

Poésie des femmes 1

HERSCHEL (Otto) - 6

Le Saint-Laurent

Si vous n’avez pas vu sa rive enchanteresse,
Si vous n’avez bruni sous sa rude caresse,
Vous ne comprenez pas
Ce que ressent mon cœur quand je revois la plage
Du Saint-Laurent superbe et que sur le rivage
Je marche à petits pas.

Vous ne comprenez pas ce que m’est la falaise,
Où je grimpais enfant, le fleuve où seule, à l’aise,
Sur le flot écumant
Dans un canot léger, j’allais braser l’orage,
Quand l’onde est en furie et le nordet en rage
Tout gris le firmament.

Vous ne comprenez pas ce que chantent les vagues
Aux étoiles de mer, aux oursins et aux algues,
De leurs voix de cristal.
Cette berceuse est douce et pleine d’harmonie,
Pitoyable, elle endort à l’heure où l’insomnie,
Monte son guet brutal.

Marie Boissonneault
(dans Anthologie de la poésie des femmes au Québec des origines à nos jours de Nicole Brossard et Lisette Girouard)

*choix de la lectrice d’Otto Herschel

Ambiance bien-être

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(photo de Linda Burgess)

Ambiance bien-être. Tel est le titre de cette photo devenue carte postale que m’a envoyée Chantal. Un titre parfait pour ces pivoines de plusieurs teintes et variétés que ma grand-mère aimait tant.

Ce que mots vous inspirent 2051

BAYENS (Hans) - 3

C’est bizarre les souvenirs tu ne trouves pas? soupira-t-elle. On ne peut ni les toucher ni les tenir dans les mains, et pourtant ils détiennent un pouvoir immense. (Susan Wiggs)

*sculpture signée Hans Bayens

Les villages illusoires 4

PATY (Jeannie) - 1

Le vent

Sur la bruyère longue infiniment,
Voici le vent cornant Novembre;
Sur la bruyère, infiniment,
Voici le vent
Qui se déchire et se démembre,
En souffles lourds, battant les bourgs;
Voici le vent,
Le vent sauvage de Novembre.

Aux puits des fermes,
Les seaux de fer et les poulies
Grincent;
Aux citernes des fermes.
Les seaux et les poulies
Grincent et crient
Toute la mort, dans leurs mélancolies.

Le vent rafle, le long de l’eau,
Les feuilles mortes des bouleaux,
Le vent sauvage de Novembre;
Le vent mord, dans les branches,
Des nids d’oiseaux;
Le vent râpe du fer
Et peigne, au loin, les avalanches,
Rageusement du vieil hiver,
Rageusement, le vent,
Le vent sauvage de Novembre.

Dans les étables lamentables,
Les lucarnes rapiécées
Ballottent leurs loques falotes
De vitres et de papier.
— Le vent sauvage de Novembre! —
Sur sa butte de gazon bistre,
De bas en haut, à travers airs,
De haut en bas, à coups d’éclairs,
Le moulin noir fauche, sinistre,
Le moulin noir fauche le vent,
Le vent,
Le vent sauvage de Novembre.

Les vieux chaumes, à cropetons,
Autour de leurs clochers d’église.
Sont ébranlés sur leurs bâtons;
Les vieux chaumes et leurs auvents
Claquent au vent,
Au vent sauvage de Novembre.
Les croix du cimetière étroit,
Les bras des morts que sont ces croix,
Tombent, comme un grand vol,
Rabattu noir, contre le sol.

Le vent sauvage de Novembre,
Le vent,
L’avez-vous rencontré le vent,
Au carrefour des trois cents routes,
Criant de froid, soufflant d’ahan,
L’avez-vous rencontré le vent,
Celui des peurs et des déroutes;
L’avez-vous vu, cette nuit-là,
Quand il jeta la lune à bas,
Et que, n’en pouvant plus,
Tous les villages vermoulus
Criaient, comme des bêtes,
Sous la tempête?

Sur la bruyère, infiniment,
Voici le vent hurlant,
Voici le vent cornant Novembre.

Émile Verhaeren, Les villages illusoires

*choix de la lectrice de Jeannie Paty

Un dimanche en Ukraine 10

KLINCKENBERG (Eugène)

Un joli rêve est plus doux que le miel. (Proverbe ukrainien)

*toile d’Eugène Klinckenberg