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Poésies des femmes 12

DELISLE (Yvonne) - 2

Placet

Ne joignez pas mes mains lorsque je serai morte,
le grand départ n’est plus le temps de l’oraison
mais ouvrez-les plutôt comme on ouvre une porte
afin qu’un soleil neuf inonde ma saison.

Et je vous aimerai du pays sans rivages
si, me laissant dormir sans larmes, sans chagrin,
vous m’offrez simplement deux ou trois fleurs sauvages
afin de consoler le vide de mes mains.

Alice Lemieux-Lévesque
(dans Anthologie de la poésie des femmes au Québec des origines à nos jours de Nicole Brossard et Lisette Girouard)

*choix de la lectrice d’Yvonne Delisle (dont toute trace a disparu)

Couleurs d’automne

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Je ne connaissais nullement la peintre Valeriana Zholtok avant de recevoir cette carte postale en provenance de Biélorussie. Comment Antonina a-t-elle deviné que j’adorerais cette nature morte tout à fait automnale?

Ce que mots vous inspirent 2060

HEIDEMANN (ULrike)

Si le battement d’ailes d’un papillon peut déclencher une tornade, il peut aussi l’empêcher. (Christophe Malinowski)

*toile d’Ulrike Heidemann

Poésies des femmes 11

SANDALA (Judith)

Va-t’en, cruel amour

Tout sera si divin, en cette heure sans bruit,
Si beau, si doux, si grand dans cette ombre profonde,
Que je verrai planer mon ombre sur le monde,
Et mon rêve éperdu tourmentera la nuit.

Je sais que tu viendras; tu ouvriras ma porte,
Des rayons de soleil, des souffles de printemps
Glisseront radieux de tes bras palpitants,
Et je resterai là, brisée, à demi morte.

Pourtant, ce soir, j’ai peur de ta réalité,
De ta bouche, tes yeux, de tes pas dans ma chambre,
Et mon cœur, fièrement, se révolte, se cambre
Contre ton lourd empire en mon être indompté.

Tu viendras, tu seras l’heure, l’extase brève
Éclose dans les fleurs des jardins embaumés;
Tu viendras, vous viendrez, lèvres, regards aimés…
Mais j’aime mieux l’attente et j’aime mieux mon rêve.

Éva Senécal
(dans Anthologie de la poésie des femmes au Québec des origines à nos jours de Nicole Brossard et Lisette Girouard)

*choix de la lectrice de Judith Sandala

À Paris

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(photo d’Antonio Carrara)

La magnifique carte postale envoyée par Sylviane me parait toute désignée pour accompagner Yves Montand chantant À Paris, comme il le faisait il y a exactement 35 ans sur la scène su Théâtre Saint-Denis, à Montréal.
Un souvenir inoubliable.

Ce que mots vous inspirent 2059

HEATHCOTE (Peregrine) - 2

Nul bonheur, nulle sérénité, nulle espérance, nulle fierté, nulle jouissance de l’instant présent ne pourrait exister sans la faculté de l’oubli. (Friedrich Nietzsche)

*toile de Peregrine Heathcote

Poésies des femmes 10

MEYER VON BREMEN (Johann) - 8

Soirs

Il est en nous des soirs si tristes, des soirs lourds
D’un malaise imprécis et pourtant si vivace,
Que l’on croirait le heurt de tous nos mauvais jours
Revenant en un poids éternel et tenace.

On se voit tout à coup si seul, le cœur serré,
Que l’on voudrait mourir de son angoisse obscure
Et tout autour de soi l’on sent comme égaré
Son unique bonheur dans la nuit sans murmure.

Simone Routier
(dans Anthologie de la poésie des femmes au Québec des origines à nos jours de Nicole Brossard et Lisette Girouard)

*choix de la lectrice de Joahnn Meyer von Bremen

Bass Rocks

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J’adore les plages et les toiles d’Edward Hopper.
Je ne pouvais donc qu’aimer celle-ci représentant Bass Rocks, l’une des plages de Gloucester, dans cette région du Massachusetts qu’est Cape Ann, que j’affectionne tant.

Ce que mots vous inspirent 2058

HAYEN (Sandra) - 2

La nature ne se révèle qu’à ceux qui prennent le temps de l’écouter. (Laurent Gounelle)

*toile de Sandra Hayen

Poésies des femmes 9

SCHNEIDER (William A.) - 2

J’avais dressé mon cœur…

J’avais dressé mon cœur comme une citadelle
Imposante, imprenable, à froides sentinelles :
Car on était entré dans ma cité d’amour,
Fourbes et travestis, en ennemis toujours.
Alors, me révoltant contre tant de bassesses,
J’élevai sourdement l’énorme forteresse.

Mais un page à l’œil noir à mes portes errait,
Et sa grâce rêveuse et douce m’attirait…
J’ouvris : C’était l’Amour, ma hantise suprême,
C’était l’amour menteur qu’on veut aimer quand même.
Je le voulais haïr, et j’allai l’embrasser
Pour la pâle souffrance de son cœur brisé.
Et depuis lors je souffre, amoureuse et hagarde,
En aimant ma douleur qui toujours me regarde.

Jovette-Alice Bernier
(dans Anthologie de la poésie des femmes au Québec des origines à nos jours de Nicole Brossard et Lisette Girouard)

*choix de la lectrice de William A. Schneider