

Isa Penabal. Une autre illustratrice à découvrir.

La jolie façade du 4427, rue Saint-Denis, à Montréal, n’existe plus, et le local est à louer, une fois de plus. L’atelier Les Mains folles a déménagé. Mais heureusement, il reste encore des photos sur la toile et cette carte postale pour nous rappeler la beauté et la créativité de cette devanture.

2 CV et liberté. Oui, c’est un duo parfait. Et un bel ajout à ma collection!

Ce jeu mystérieux qui va de l’amour d’un corps à l’amour d’une personne m’a semblé assez beau pour lui consacrer une part de ma vie. (Marguerite Yourcenar)
*toile de Celene Petrulak

Quand on entre dans l’univers de Natan, jeune Juif forcé de quitter Berlin en 1942 pour sauver sa peau, en laissant les siens derrière lui, il nous est impossible de ne pas dévorer 40 manteaux et un bouton, un roman inspiré d’une histoire vraie, tant le héros est attachant. Et aussi parce que l’on souhaite qu’il s’en sorte, et que ces enfants qui l’accompagnent s’en sortent aussi.
C’est donc l’aventure de 40 enfants qui nous est racontée ici, 40 enfants sauvés par un village d’Italie, pas très loin de la frontière avec la Suisse. Oui, sauvés par les habitants d’un village qui se sont donné la main pour que ces enfants puissent vivre en toute sécurité, tout en continuant à être des enfants, malgré la peur, malgré la guerre, malgré les chemises brunes.
Il y a donc des moments tristes, des moments gais, tous attendrissants, parce que racontés avec finesse et avec cœur. C’est d’ailleurs cette tendresse omniprésente qui donne au premier roman d’Ivan Sciapeconi toute sa force et qui le rend inoubliable.
Certains pourront trouver qu’ils ont déjà lu suffisamment sur le sujet, qu’il s’agisse de témoignages ou de romans. Ce n’est pas mon cas.

Réimpression d’une carte expédiée en 1909. De toute beauté.

Je n’avais rien lu de Francis Dannemark depuis des années. J’ignorais même qu’il était décédé en 2021. Preuve qu’il m’arrive d’être tellement dans ma bulle que je me trouve totalement déconnectée de tout, et surtout depuis la pandémie, devrais-je ajouter. En fait, ce n’est que depuis le début de 2024 que j’écris à nouveau, que je parle à nouveau d’une partie des livres que j’ai lus, même si je manque à nouveau de temps depuis quelques semaines.
Pourtant, j’ai conservé un excellent souvenir de tous les romans de Francis Dannemark, sauf un. C’est dire que je me réjouissais d’entamer la lecture de Martha ou la plus grande joie. Et je n’ai pas été déçue. Ce roman autour d’une rencontre entre Jeanne, une vieille dame et les enfants d’un homme qu’elle a aimé, Martha et Martin, est plein de tendresse et d’espoir.
C’est Martin qui se fait le narrateur de cette rencontre et des événements qui ont suivi, lesquels ne se seraient peut-être pas produits sans une panne de voiture salutaire. En frère protecteur, il surveille de près sa sœur qui, à la suite d’un accident, a perdu des grands pans de sa mémoire, mais pas son sourire. Et il s’émeut de la voir sortir de son mutisme et constater à quel point la nature, la rivière et les oiseaux lui sont bénéfiques.
Et si la joie de vivre était toujours en nous? Si elle attendait son heure pour se manifester?
« On se raconte tous des histoires pour continuer à avancer », affirme le narrateur. Et j’ai envie de dire : heureusement.
Je crois bien qu’il va me falloir lire tous les livres de Francis Dannemark que je n’ai pas lus après ces retrouvailles.

Une superbe photo signée Anne Schackmann.

Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu. (Bertolt Brecht)
*illustration d’Alice Romano
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
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