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La faille

C’est parce que j’avais promis à un ami qui avait lu ce livre que je suis allée jusqu’au bout de La faille en toute chose. Presque contre mon gré, car j’ai lu les 30 premières pages quatre fois avant de m’attaquer au reste. Peu à peu. Pas très convaincue. Me demandant où allait me mener cette enquête de l’inspecteur Gamache. Il faut dire que, de dédale en dédale, on finit par se demander si Louise Penny ne s’est pas perdue elle-même en nous éloignant de l’enquête de départ, soit trouver qui a assassiné Constance Ouellet, l’une des célèbres quintuplées.

N’était-ce pas suffisant? Fallait-il ajouter une couche, puis deux, puis trois, et nous entraîner dans un complot énorme auquel on ne croit pas vraiment tant il est invraisemblable? De plus, était-il vraiment nécessaire de nous fournir une multitude de détails sans intérêt, comme des descriptions à n’en plus finir et des remarques qui ne sont pas des indices? On finit même par se demander si l’auteure est payée au nombre de mots tant on étire la sauce avec du superflu.

Décidément, je n’ai pas beaucoup de bien à dire de ce thriller qui finit en queue de poisson, autant pour l’enquête de départ (le meurtre de Constance Ouellet), bâclée en deux temps trois mouvements que pour le complot désamorcé – et heureusement. Ainsi, tout est bien qui finit bien.

J’ai été déçue par cette première enquête de Louise Penny que je lis alors que tout le monde dit du bien de ses livres. Et déçue est bien faible pour dire à quel point ce roman m’a tapé sur les nerfs. À chaque début de chapitre, je me demandais si on allait en savoir plus sur l’enquête de départ ou si on allait encore s’aventurer ailleurs pour nous faire part d’histoires parallèles, ce qui était le cas trois fois sur quatre.

Les ressemblances avec les sœurs Dionne m’ont agacée. Les apartés portant sur la vie de Gamache ne révélaient rien qu’il vaille la peine de les fournir. Et que dire de cette fin (de ces fins) où tout se règle à toute vitesse alors que l’auteure nous avait habitués à la lenteur en laissant traîner les choses? Était-elle lasse de ses personnages? Avait-elle atteint le nombre de mots demandé par son éditeur? Et que vient faire ici ce titre inspiré par une chanson de Leonard Cohen?

Je ne pense pas lire un autre roman de Louise Penny de sitôt après cette pénible expérience. À moins que j’aie lu son plus mauvais livre? Je n’ai pas envie de prendre la chance de bailler et de vérifier régulièrement combien il me reste de pages à lire. Il y a trop de bons livres qui m’attendent dans mes piles!

Neuf heures du matin, New York

Une illustration signée Sempé, tout à fait dans mes goûts.

Joli jeu de mots

Je voudrais voir la mer. Ou I would love to see the sea. Et chanter cette chanson de Michel Rivard.

En vos mots 903

Heureusement que j’ai une provision de livres à lire, à l’instar de la lectrice imaginée par David van der Veen. En effet, comme Covid et sorties ne vont pas de pair, je n’irai pas au cinéma, je n’irai pas manger au restaurant et je ne verrai personne jusqu »à nouvel ordre. Lecture et musique seront donc au programme quotidiennement jusqu’à ce qu’un test se révèle négatif.

Ce n’est pas que ce programme m’ennuie, mais j’avais espéré autre chose pour mes vacances. Mais bon. Ce repos forcé aura sûrement du bon.

Pour l’heure, je vous propose de faire vivre en vos mots cette lectrice aux nombreuses piles de livres. Aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain. Cela vous laisse donc plus que le temps d’écrire quelques lignes et de lire les textes déposés sur la scène livresque de dimanche dernier. Et même de les commenter, si vous le souhaitez.

D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous les envosmotistes et à celles et ceux qui les lisent.


Les débutants

« … est-il donc si urgent, si pressant, si important de nouer un lien étincelant? » C’est un peu la question que se pose Anna, l’héroïne du roman d’Anne Serre, Les débutants. Un roman où il est question d’amour, de celui confortable comme un lit douillet dans lequel vit Anna depuis 20 ans avec Guillaume. Un roman où il est aussi question d’un coup de foudre, de celui que ressent Anna pour Laurent, et vice versa. Un roman qui fait le tour des émotions que cela suscite en elle, de l’état de trouble dans lequel elle se trouve à l’heure du choix de passer des bras de l’un à ceux de l’autre. « Une vie sans tristesse, est-ce une vraie vie? » C’est aussi ce que se demande Anna, chagrinée d’avoir peiné Guillaume et à l’idée de mettre fin à la stabilité pour quelque chose qui ne s’annonce pas aussi solide. Mais tout de même irrésistible, comme l’est souvent un nouvel amour.

Le roman d’Anne Serre est une sorte d’enquête sur le sentiment amoureux, une analyse que certains pourraient trouver fastidieuse tant elle est détaillée. Mais ce ne fut pas mon cas. Je me suis laissée emporter par les images, par les mots, par le rythme, et ce, jusqu’à la dernière page. Trouvant écho en moi à cette phrase : « Quelques semaines, quelques mois au pire, et un matin l’on se réveillera tout surpris de ne plus rien sentir, de ne plus aimer, et l’autre sera comme quelqu’un qui n’a jamais existé, on sera étonné d’avoir été lié par toutes les fibres de son être à cette image qui s’est dissoute. » Elle me semble si vraie.

Les chats de la bibliothèque

Une très mignonne illustration signée Katherine Quinn, une carte postale envoyée de Brest par mon amie Chantal.

La machine à écrire du musée

Si vous passez par Mussy-sur-Seine, il vous faut absolument vous arrêter au Musée de la Résistance de l’Aube. S’y trouve, entre autres, cette machine à écrire Underwood de 1923.

Ce que mots vous inspirent 3252

On peut toujours regarder en arrière, mais on ne peut pas changer le sens du courant d’une rivière. On peut seulement la remonter. On peut coucher le passé sur du papier, mais on ne peut pas le changer. (Michel Bussi)

*aquarelles de Sophia Sarra (dont toute trace a disparu)

C’est mon tour

C’est mon tour… Ma mère a vaincu la COVID contractée à l’hôpital. Mon père se bat contre la COVID qu’il a aussi contractée dans un autre hôpital alors qu’il lutte contre deux infections qui ont suivi celles qui sont maintenant contrées.

Et j’ai moi aussi la COVID, en raison de mes visites quotidiennes à l’hôpital. Je pensais me reposer enfin puisque je suis en vacances depuis hier, mais pas à supprimer toute activité intéressante.

Can I go with you?

Quand elle n’est pas en train de lire, d’écrire, de danser, de rêver, elle chantonne cette très belle chanson de Bruce Cockburn.

*illustration d’Erin Dyer