Les yeux des papillons
dans les yeux des papillons le jour
il y a des ailes des têtes ds corps et des pattes
toutes les plumes des oiseaux des îles
toutes les robes des poissons des tropiques
tous les baisers des grands toucans
et les blasons des chevaux des légendes
sur la palette de leur mémoire
tombent les effluves des jardins envolés
les soleils butinés sur les tissus des femmes
et les maelströms perdus du ludique et du rêve
dans les ailes des paillons de nuit
il y a les yeux
qui regardent nos couleurs
tandis qu’on les épingle
et l’on voit bien qu’il n’y a pas d’homme
dans la douceur des courbes et la joie des lumières
seuls
au revers de nos yeux claires de chenilles mortes
s’assemblent
les somptueux animaux des désirs
Bernard Pozier, Scènes publiques
*choix de la lectrice de Konstantin Istomin
Une réponse
c’est beau:
« il y a les yeux
qui regardent nos couleurs
tandis qu’on les épingle »
on se demande en effet ce qu’ils nous ont fait pour
qu’on les crucifie ainsi…