
Le désir, le souvenir, l’espoir. Les trois temps d’un amour.
[Hélène Ouvrard]
À quel temps de l’amour vibre la lectrice de Bruce Yardley ? Au premier, celui du désir qui absorbe, qui gobe tout de l’univers dans l’espoir de son accomplissement ? Au second, quand le désir est consommé, qu’il est ce souvenir inaltérable qui conserve fébrile ? Au troisième, celui de l’attente, quand on voudrait revenir au premier temps ?
Qu’en est-il vraiment ? Le corps ainsi déployé pourrait laisser supposer l’état de désir, l’exaltation des premiers instants. Il pourrait aussi bien être celui du souvenir, quand l’autre n’est plus là, mais qu’il a imprimé au corps le plaisir. Ou même celui de l’espoir, quand le corps attend que tout recommence.
Les trois temps de l’amour, est-ce autre chose que cet avant quand tout se prépare, ce pendant quand le souvenir se grave à même la peau et cet après quand le corps repu espère à nouveau le premier temps ?
Cette lectrice a peut-être la réponse, elle qui, sûrement, vacille de l’un à l’autre, en perpétuel recommencement.
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