
Elle écrit des lettres, des textes. Sa vie est faite d’enveloppes, de feuillets épars, de ces moments à elle toute seule. Ceux à penser à ce qu’elle va écrire, à choisir les mots, à les étaler sur le papier, à timbrer les envois.
Le plus souvent, c’est à lui qu’elle écrit. Mais elle dit peu de lui quand elle parle à ses amies.

Il sait parler d’elle – sa muse – au seul véritable qu’il a, alors qu’elle qui tait l’essence de ce qui les lie à la seule en qui elle a confiance. Parce que c’est ainsi : elle ne se livre pas beaucoup. Ou alors à lui.
À d’autres moments, elle lit. Ou c’est lui qui lit. Et les livres et les feuilles s’étalent autour d’eux.
Et les enveloppes s’éparpillent parce qu’ils continuent de s’écrire même ensemble pour ne pas troubler le silence par autre chose que la plume qui gratte le papier ou par la spatule ou la plume sur la toile.
Et il la peint, tandis qu’elle écrit ou qu’elle lit. Et les mots ne comptent plus quand les regards disent tout. Et le silence en dit plus que tous les mots pour les personnages d’Alan Feltus. Sauf s’ils sont écrits et non dits à haute voix.
4 réponses
Super, lali,super !
Quelle belle histoire racontée en quelques tableaux.
Pourtant si simple, banal presque.
Rien d’extraordinaire, mais emplie d’intimité, de complicité au naturel.
Sans artifices. Un couple qui ne forme qu’une entité.
Rêve ou utopie ?
Je n’en sais rien.
Ce matin, quel plaisir à te lire et surtout à découvrir ces peintures dont j’aime les couleurs dans les bruns sourds et ténus, cette force dans le regard, cette complicité par le geste suspendu et ces petis papiers qui sont prêts à être distribués; j’aime à imaginer que ce couple est lié par les mots, l’esprit, d’éternels intellectuels qui rêvent toujours de refaire le monde avec leurs nombreux amis, avec qui, ils ont passé la nuit à écrire ces tracts.
Décidément, je ne me lasse pas de re-regarder et de re-lire cette serie…;