C’est la lectrice du peintre Adolphe Valette qui a ce soir parcouru avec enthousiasme le recueil d’Alain St-Yves intitulé Transparole. Un recueil qui ne pouvait la laisser indifférente, encore moins quand elle a lu ces mots :
Je voudrais écrire la vie telle qu’elle est
vous décrire le monde blessé par ses propres barbelés
Je voudrais vous parler à voix haute et forte des désastres
qui free-jazzent la terre plâtrée et replâtrée tant de fois
vous dire la mort sortant des chapeaux noirs de quelques sorciers
comme autant de lapins qui sautent et qui boumment
Je voudrais vous parler lentement de la riche justice
qui se gagne à la bourse au plus fort la poche
des lieux clos et anonymes où se tirent les ficelles
sous le couvert de la bonne conscience et de la respectabilité
Je voudrais hurler jusqu’à me fendre le souffle et la raison
pour qu’on entende un peu ce cri né d’une blessure commune
muselée de génération en génération et fardée de rumeurs lointaines
ô tant gueuler et dégueuler contre tous les affreux pouvoirs
aux murs méprisants qui ont bau jeu
Je voudrais démonter ces peurs enflammées
profondément piquées sous nos ongles
nous déculpabiliser de ne pas toujours prendre partie
oscillant constamment entre des idées estropiées
Je voudrais… mais je reste pris à mes rêves et mon crayon
qui sanglote comme un petit enfant dans la nuit noire d’épouvante
remplie de moutons monstrueux qui roulent sous le lit

Commentaires récents