Lali

29 avril 2008

Le recueil 11

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

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Ce soir, elle a lu Épeler le jour, le poème qui donne son titre au recueil. Ce soir, elle s’est imprégnée des mots de Rosa Alice Branco encore une fois. Ce soir, la lectrice d’Onelio Marrero va le laisser le livre ici une dernière fois. Elle sait que d’autres auront été touchés. Elle sait que le partage n’a pas été vain. Elle sait que quelques traces vont subsister dans d’autres mémoires que la sienne.

J’ai tout à dire et j’use les mots
pour y parvenir. J’ignore si je m’écarte
ou je m’approche. Si jamais j’ai effleuré
la peau de l’essentiel. Et je demande toujours
pourquoi ces lignes têtues en moi.
Le passé n’est pas ce qu’on a accompli,
mais ce qu’aucun mot ne refera.
C’est pourquoi je lis toujours dans l’avenir, mais j’ignore
de quel côté du temps j’écris. Et si je savais
que je traîne les lettres comme un crabe
je dirais que j’ai seulement cette poignée de mots.
J’épelle les choses en chaque jour qui me regarde
quand je me sens capable de la voir. Voilà tout.
Et il n’y a pas d’excuse à ce que je fais.

2 commentaires »

  1. De quel côté du temps on écrit? Ça me fait penser à l instant de grand corps malade, c est hors de l espace temps que l on ecrit et c est la que la lecture nous transporte…

    Comment by ersatz de singe — 30 avril 2008 @ 2:01

  2. Chaque jour fut une joie d’avoir pu lire des extraits d’Epeler le jour ». De très beaux poèmes.

    Comment by Denise — 30 avril 2008 @ 7:24

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