Mots dont je défais les lettres pour écrire d’autres mots. Phrases dont je déplace les mots pour en faire de nouvelles. Virgules que j’enlève, que je remets, auxquels se greffent points de suspension ou d’interrogation. Paragraphes que je coupe en deux ou que j’accroche l’un à l’autre. Point final qui n’est jamais final puisque demain je recommencerai.
*sur une toile signée Yevgenia Nayberg

2 réponses
Moi je connais un garçon à qui on n’avait donné que des voyelles, alors il ne savait que dire « e aie ». Un jour il a rencontré une fille qui n’avait que des consonnes et elle lui a dit « jtm »… Ils étaient fait pour vivre ensemble.
Le gribouilleur de Manu
» J’ai pris la poésie au mot
Et je l’ai suivie à la lettre
Mais j’ai trébuché presque aussitôt
Sur une rime incomplète
Décapitées de leurs accents
Les voyelles, décoiffées, s’asphyxiaient
Muselées, privées de tonifiants
Les mots étranglés s’évanouissaient
Consonne qu’on sonne l’alarme
Couronnons sans perdre de temps
Ces amputées d’aigues et graves
Et ponctuons de vie leurs âmes
N’est pas poète qui veut
Je ne suis qu’un gribouilleur sans verbe
Mais j’aime jouer avec les mots
Car on ne peut naitre et être
Et l’être sans lettres.