Lali

28 décembre 2025

En vos mots 975

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

Déjà le dernier dimanche de 2025. Une année faite de hauts et de bas, peut-être plus que certaines années plus tranquilles. Une année qui en préparait une, plus stable, pour toutes sortes de raisons, laquelle me donnera l’occasion de trouver enfin du temps pour les livres, raison pour laquelle j’ai choisi pour vous cette illustration signée Grasya Oliyko.

À vous maintenant de la faire vivre en vos mots. De prendre la place des personnages. De leur imaginer une histoire. Comme vous le faites si bien semaine après semaine. C’est avec plaisir que nous vous lirons dimanche prochain lors de la validation des commentaires reçus.

D’ici là, prenez le temps de lire les textes déposés sur la scène livresque de dimanche dernier et prenez soin de vous. Et retrouvons-nous en 2026 pour la suite.

2 Comments »

  1. J’ai si longtemps marché seul par les chemins où personne ne s’attarde jamais. Du côté obscur de la vie, on entend pleurer les étoiles. Faut pas se laisser piéger par les louanges de nos tristesses. Le désespoir est un si mauvais ami.

    J’ai bu à grands goulots, et jusqu’à l’ivresse, les vers juteux des poètes. Pour apaiser les souffrances de mon âme. Et ma solitude.

    Aujourd’hui encore, il m’arrive de fermer les yeux et d’être ébloui par les étoiles. Que j’aime être seul. Le bruit et la banalité du monde m’épuisent.

    J’aimerais m’entourer de gens qui m’attendent. Sans ces trop longues discussions qui ne mènent jamais nulle part. Des amis qui comprennent que si je parle parfois beaucoup, c’est parce que j’ai tant de choses à taire. Par refus de me souvenir du venin de l’enfance qui coule encore dans mes souvenirs.

    Je voudrais des amis silencieux. Bienveillants. Les toucher du bout des yeux. Leur dire des je t’aime. D’un amour pur et sans mots. Leur dire que si je meurs avant eux, ils me manqueront à tout jamais et que le monde d’après ne pourra être que plus vide. Puisqu’ils n’y seront pas.

    Surement que je me souviendrai alors de ce chanteur dont j’oublie le nom et qui comblait ma solitude lorsque les nuits froides, il venait me chanter qu’il suffirait d’une colombe, d’un peu de tendresse oubliée…

    Et je m’endormirai. Paisible. Comme une enfant.

    Commentaire by Armando — 30 décembre 2025 @ 3:22

  2. – Maman, j’aimerais tant qu’on adopte un chat !
    – Non, écoute, ce n’est pas possible. Cela représente beaucoup trop d’ennuis. Un chat a besoin de sortir, et nous n’avons pas de jardin. De plus, on ne pourra plus ouvrir les fenêtres, de crainte qu’il ne nous échappe. Et que ferons-nous de lui quand nous partirons en vacances ? Et puis (l’argument massue): quand les animaux meurent on a trop de chagrin !

    C’est sûr que des chats qui ont sauté du troisième ou du quatrième étage, il y en a déjà eu. Ils retombent souvent sur leurs pattes, quoique ce ne soit pas totalement garanti. Si celui de Tante Simone avait chu dans la cour plus ou moins indemne, qu’arriverait-il si notre chat chutait pour sa part en pleine rue ? Des ennuis, des ennuis je vous dis… Il allait s’enfuir, on n’allait plus le retrouver, il allait se faire écraser… Un cortège de drames défilait aussitôt devant nos pensées alarmées.
    En ce qui concernait le dernier prétexte, celui du chagrin quand les animaux meurent, il m’apparaissait d’emblée par contre qu’il ne tenait pas un instant la route. Car dans ce cas on ne s’attacherait jamais à rien ni à personne !
    A défaut de constituer en soi une fatalité, le motif du milieu me paraissait de loin le plus convaincant. Mes parents ne fréquentaient à peu près personne et n’échangeaient pas avec les voisins. Qui s’occuperait dès lors en effet du chat quand nous serions en vacances ?

    Tout ce qui me manquait dans ma vie solitaire, j’avais pris l’habitude d’essayer de le trouver dans les livres. Je pense même que mon intérêt pour l’écrit ne tenait uniquement qu’à cela.
    Pendant ces fameuses vacances, que nous passions à la campagne, j’aurais adoré parler avec les écureuils, caresser les lapins sauvages, jouer avec les biches. La seule chose qui était accessible à mes doigts et à mes regards, était le museau humide des vaches et des petits veaux, celui des ânes, la crinière des chevaux, et leurs beaux yeux humides eux aussi. Avec eux je pouvais converser quelques instants, quand nous longions une prairie.
    Je m’adressais aussi aux escargots, aux mouches, aux chenilles, aux coccinelles, enfin à toutes les petites bêtes passant à ma portée et me paraissant inoffensives. Mais ça, ce n’était que pendant les vacances, quand je pouvais m’échapper des murs de l’appartement.

    Le reste du temps je me plongeais donc dans les livres. J’aurais aimé que maman lise avec moi des histoires, mais cela demeurait très rare. Par contre le soir, je jouais avec elle au jeu de l’oie, ou aux petits chevaux. Nous nous sommes aussi beaucoup amusées avec les animaux de la ferme, petites figurines que j’avais reçues d’une ancienne collègue de maman venue un jour en visite (un événement). Ils devaient tous sauter la barrière, et certains s’en sortaient mieux que d’autres. Le petit veau y était très habile, tandis que c’était tâche quasi impossible pour le petit cochon.

    C’est donc seule que je me plongeais dans les histoires de Spirou et de son écureuil Spip, ou de Zig et Puce et de leur pingouin Alfred. D’autres ouvrages accordaient leur part aux animaux, comme le Club des Cinq avec le chien Dagobert, ou Olive et Bengali flanqués de leur ami canin Asdrubal, et j’en passe. Mais aucune histoire ne m’a autant charmée à ce propos que celle de la mitaine. Je la trouvais bien un peu fantasque, cette fable, avec tous ces animaux, du plus petit au plus gros, qui s’engouffraient par temps de neige dans une mitaine de laine perdue, afin de s’y abriter. Elle m’a souvent fait rêver, cette histoire. D’abord les dessins en étaient très beaux. Puis, cette mitaine, n’était-elle pas un peu à l’image de notre appartement si étroit ? Mais dans la mitaine, on pouvait trouver de l’espace. Et on avait tous chaud ensemble. On se tenait chaud les uns les autres. C’était un avant-goût du vivre ensemble. Pas de prédateurs. Pas de proies. Rien que de la chaleur. La chaleur qui me manquait tant quand j’en étais réduite à imaginer qu’un chat dormait sur mon lit, ma main enfouie dans sa douce fourrure.

    – Quand tu seras grande, tu feras ce que tu voudras, disait maman.
    Maintenant j’ai un jardin, et deux chattes qui ronronnent sur mon lit le soir.
    Et j’ai beaucoup moins besoin de livres.
    Quand je pars en vacances, je ne pars jamais longtemps car je n’aime pas rester longtemps loin de mes compagnes animales. Mais quand cela arrive, je peux toujours compter sur des amis, ou des voisins.

    Commentaire by anémone — 2 janvier 2026 @ 15:43

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