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En vos mots 387

SHAPHRANOVSKAYA (Kseniya)

Bientôt l’automne et les soirées passées à l’intérieur plutôt que sur les terrasses. C’est ce qui m’a donné l’idée de vous offrir cette scène peinte par Kseniya Shaphranovskaya afin que vous nous la racontiez en vos mots. Tout simplement.

Comme le veut l’habitude, les textes ne seront validés que dans sept jours, ce qui vous laisse amplement le temps de déposer vos rimes, vos nouvelles ou même quelques lignes.

D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous!

2 réponses

  1. Mon père m’appelait, avec un amusement jubilatoire, le garçon aux mille « boulots»… et il était loin d’avoir tort.

    Bien avant d’avoir dix ans je faisais déjà, en échange de quelques pièces, les courses pour les vieilles dames de ma rue qui ne pouvaient plus sortir. Un paquet de margarine. Du riz. De l’huile d’olive. Des œufs. Le journal. Un timbre-poste. Tout était bon.

    Plus tard, lors des grandes vacances, j’avais d’abord travaillé comme aide dans la construction civile et aussi comme cueilleur de caroubes, avant de travailler comme aide-imprimeur, nettoyeur de carreaux, garçon de restaurant, livreur de pizzas, promeneur de chiens, dactylographe, comptable, traducteur pour touristes, correcteur de textes dans une revue mensuelle, accompagnateur de malades en phase terminale, et j’en oublie.
    Tout cela nous offrait, lors des réunions de famille, l’occasion de nous éterniser dans des histoires plus ou moins vraies que je ne me lassais pas de raconter et qui faisaient le bonheur de mon papa. Mon meilleur auditeur.

    Mais, de toutes mes histoires, celle qui avait les honneurs de sa préférence, et qu’il ne se lassait pas d’entendre, c’était celle qui m’était arrivée lors que j’exerçais le passionnant métier de lecteur.
    Deux fois par semaine, après l’université, j’allais, pour une heure, chez des anciens riches, épuiser mes paupières à leur faire la lecture.

    Il leur arrivait souvent de s’endormir après la troisième page et le temps restant ma voix monocorde et sans âme était accompagné par la dérangeante mélodie de leurs ronflements. Un soir, alors que les premiers ronflements avaient fait leur apparition, j’avais décidé de m’arrêter de lire. C’est alors que, à mon plus grand étonnement, j’ai entendu monsieur murmurer : « Alors, on est fatigué, aujourd’hui? »

  2. Ils ont du mal, en ce dimanche matin. Après le café du petit déjeuner, ils n’ont pas eu le courage de passer sous la douche. Ils se sont lovés dans le canapé et se sont endormis sous les photos qui racontent leur vie.
    Sur celle du centre, Robert a encore tous ses cheveux, qu’ils portait fort longs dans la nuque. Il est tout maigre dans son beau costume. Accrochée à son bras, Maria serre son bouquet sur son cœur. Aujourd’hui, elle a des mèches blondes sous prétexte de cacher ses premiers cheveux gris.
    A côté, il y a une photo de leur voyage de noces, au lac de Garde. Une photo de leur première chatte, la belle Zulma, l’aïeule de la tigresse miniature qui profite de leur sieste pour se nicher entre eux.
    Et tout autour, les photos de la petite Annick. Beau bébé que Maria tient devant le piano. Petite fille emmitouflée devant son premier bonhomme de neige. Communiante au grand col blanc. Jeune fille, avec son éternelle frange qui lui tombe devant l’œil droit.
    C’est hier qu’ils l’ont mariée.
    Alors vous comprenez, ce matin, la douche attendra.

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