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En vos mots 319

En ce dimanche de mai, la jeune lectrice d’Irina Dobrescu s’est installée dans son fauteuil afin d’y lire jusqu’à dimanche prochain. Ce n’est qu’à ce moment que je validerai les textes qu’elle vous aura inspirés et pas avant, comme le veut cette habitude instaurée il y a plus de six ans.

Puisse ce nouvel En vos mots vous donner envie d’écrire.

4 réponses

  1. Dans son regard d’enfant, elle parcourt la page rapidement.
    Juste une image et la voici perdue dans cette histoire.
    Elle ouvre les yeux, les écarquillent, les referment lentement,
    juste un battement de paupière.
    Elle regarde cette image et sa vie soudain bascule dans le livre.
    Elle est là, elle regarde juste le grand livre d’images de sa vie.

  2. ABYMÉE

    Petite fille ! À tes mondes en devenir, promis à ces vents, à ces tempêtes, à ces bonheurs d’autres jours et
    — générant la lumière des années, des siècles, des millénaires —, le germe du fruit joli sur ce que tu as au profond de toi…

    Chaussons délaissés, clairs semés, boucles d’oreille souriant aux abymes des puits ! Aux souvenirs d’Ève où se déroule le carrelage des âges, où se pavent toutes les nuits, je clame ces mots à notre humanité, à nos écrits,

    à nos rêves entraînant d’innombrables multitudes…

  3. Il était une fois une petite fille assise dans un gros fauteuil qui lisait un conte dans un livre aussi grand qu’elle.
    Ce livre racontait l’histoire d’une petite fille assise dans un grand fauteuil qui lisait une histoire dans un livre aussi gros qu’elle.
    Comme une poupée gigogne, plus elle creusait l’image, plus le livre, le fauteuil et la petite fille rapetissaient mais ne disparaissaient pas.

    La première petite fille croyait être la seule à connaître la fin de l’histoire en tournant la page.
    Mais sur la dernière page on pouvait voir encore une petite fille assise dans un gros fauteuil qui avait tourné la page et qui regardait la dernière page du livre.

    Je pense que les images de ce grand livre sont comme la vie; car même si on veut tourner la page pour de bon, tout se répète à l’infini encore et encore ad nauseam.

    Ou… seraient-elles comme les souvenirs qui rapetissent mais ne disparaissent jamais tout à fait…

  4. Dimanche. Seize heures. École des Enfants de la Sainte Prière. Les enfants égarés dont les sœurs s’occupent sont sortis. Il plane un presque silence de saison. Les sœurs s’occupent entre prières et méditation. Certaines parlent à sourde voix à mon passage. Depuis deux jours, j’ai l’autorisation de me déplacer sans contraintes dans les jardins et certaines parties de l’école. Pour les besoins de mon travail. Je suis photographe et sœur Mathilde, une amie d’enfance, m’a demandé de faire un reportage sur l’école.

    Dimanche. Seize heures trente-deux. Je fais la connaissance de Clarisse. La seule enfant restée à l’école ce jour-là, à la suite d’une maladie respiratoire. Enfin. Pas vraiment. C’est que les adultes prétendent pour la rassurer. Sœur Mathilde m’a avoué que c’était plus grave. Le cœur. Une malformation de naissance. Le genre d’histoire qui ne présage rien de jouissif.

    Clarisse me sourit. On la dirait heureuse de me connaître. Elle me parle de son jardin secret où une vielle fée a planté un jour de printemps un arbre où poussent les rêves. Elle me dit que si j’en veux un, je peux le prendre. Il y en a plein dans son arbre. Je lui promets d’en prendre un. En sortant. Pour l’amener chez moi.

    Puis elle me parle des nuages. Des nuages blancs et doux comme du coton. Qui sont des îles éparpillées dans le ciel. Pour que les anges puissent se reposer. Et veiller sur les petites filles seules.

    Dimanche. Dix-huit heures. Clarisse me trouve sympa. Et rigolo. Elle m’aime bien.

    Je lui demande si elle voudrait bien m’adopter… Elle rit. Amusée. Avant de me dire que je suis bête. Les petites filles ne peuvent pas adopter de grandes personnes.

    Et pourtant… Dimanche. Dix-neuf heures trente-neuf. Je ne me sentirai plus jamais seul. Ma vie a désormais un sens. Et je souris.

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