Une fois de plus, une rêveuse s’est assise au pays de Lali, peinte par l’artiste Daniel Robbins. Une rêveuse qui va rester ainsi toute une semaine, sans mots, sans histoire, parce que c’est vous qui la raconterez, comme vous le faites chaque semaine, de dimanche en dimanche. En vos mots ou en empruntant des mots de d’autres qui vous semblent coller à la toile du jour.
Une fois de plus, une rêveuse s’est assise au pays de Lali. Peut-être la connaissez-vous? Peut-être vous reconnaissez-vous? Suite dans sept jours à l’heure où tous les commentaires seront validés d’un seul coup.

8 réponses
Couche-toi sur moi
Découvre où tu es aimée
Écoute mon cœur qui bat
Écoute, pour ne plus l’oublier
Ne laisse pas le temps fuir
Comme un oiseau qui s’envole
Les mots ne font que mentir
Dans ta bouche ma langue s’affole
Dans mon regard tu te noies
Viens, couche-toi sur moi
Viens, offre-moi des heures d’infini
Goûte-moi comme si j’étais ton miel
Viens, restons immobiles cette nuit
Comme deux étoiles pendues dans le ciel
Depuis son enfance, Marion vient ici lorsqu’elle en ressent le besoin. Ici, c’est « son arbre ». Elle y vient aussi bien au printemps, en été, en automne qu’en hiver. Lorsqu’elle avait un chagrin d’enfant, elle venait s’asseoir contre son arbre et lui racontait tout, c’était son confident. Elle y venait aussi lorsqu’elle était heureuse. Pour lire des poèmes ou écrire, écouter le chant des oiseaux ou encore sentir le parfum des fleurs.
Un jour, sa maman cueillant des fleurs du jardin l’a surprise mais ne la pas dérangée. Elle en parla à son époux et c’est devenu leur secret. Tous deux savaient que Marion avait parfois envie de se sentir seule. Lorsqu’elle rentrait à la maison les yeux rougis, ses parents ne posaient pas de question mais l’entouraient le plus possible.
Marion a grandi, elle est devenue une belle jeune femme et son arbre est toujours là dans le jardin de ses parents. L’arbre a grandi aussi et il est devenu imposant. Il a de belles feuilles pour lui faire de l’ombre et tout près, le jasmin fleurit. C’est un endroit idyllique.
Les derniers jours d’été s’étirent pour laisser la place à l’automne. Marion adore l’automne mais pas aujourd’hui malgré la présence du soleil.
Son cœur est triste. Elle a étendu une couverture sur l’herbe encore douce, s’est assise et a exposé toutes les cartes postales et lettres qu’elle a reçu de son amour. Elle les prend une à une pour lire les mots de Julien. Des mots qu’elle connaît par cœur mais aujourd’hui elle veut tout relire, ce sont des mots exceptionnels rien que pour elle.
Des mots d’amour qui viennent de l’Afrique, de Russie, de Norvège, d’Islande, des pays si lointains pour Marion.
Lorsque Marion et Julien se sont rencontrés, il lui a expliqué qu’il devrait vraisemblablement s’absenter pour six mois à cause de son métier d’ingénieur. Sur le moment, Marion n’attacha pas trop d’importance se disant que ces mois passeraient très vite mais certains jours, son cœur est plein de larmes et son arbre l’écoute. Il y voit des larmes rouler sur ses joues…à la place des larmes, il voudrait tant voir un sourire. Il lui vient une idée…je vais lui offrir une feuille. Et voici qu’une belle feuille virevolta comme une plume pour se déposer sur la jolie robe de Marion. Elle leva la tête en direction des branches et l’arbre tout à son bonheur a vu le beau sourire de Marion.
Merci, mon arbre de m’avoir fait un signe, je suis un peu sotte de pleurer ainsi. Je sais que Julien rentrera très bientôt et je te fais la promesse de venir tous les jours, heureuse et souriante, m’adosser contre toi pour écrire des poèmes dédiés à Julien…
Marion ouvrit son petit carnet noir et chercha la citation d’Octave Feuillet qu’elle avait un jour copié,
« L’espoir est comme le ciel des nuits: il n’est pas coin si sombre où l’œil qui s’obstine ne finisse par découvrir une étoile. »
Combien de fois Diane est-elle venue en ce lieu de silence
Là, où leurs coeurs transis se sont épris.
Là, où ils se sont dits adieu.
Puis les années se sont écoulées..
Combien de lettres de regret
de son amour d’antan
Amour avorté.
Impossible amour.
Combien de romans écrits où il parle d’elle
Livres brûlés au feu de leur amour
qui viennent hanter ses rêves.
Lettres éparpillées, rescapées
maintes fois relues
où les larmes ont échouées.
Lettres à ensevelir, là.
Acte manqué.
Rêveuse impénitente,
Diane retient le geste ultime
L’émotion l’étreint
La mémoire est cruelle
Ces mots lus, là
lui parlent de lui
« J’effleure la première page. Je voudrais ne pas penser à vous. Je voudrais lire ce texte comme si ce n’était pas vous qui me l’aviez donné. Je sais bien que c’est impossible : on ne lit pas seulement des phrases. On lit tout ce qui , entre les mots, vibre, dans les espaces vierges, les marges blanches. Qu’y a-t-il de plus intime que la lecture ? Ce chuchotement qui nous atteint au plus profond de nous, comme si, tout autour, une nuit accidentelle était tombée sur le monde et l’avait rendu silencieux. Soudain il n’y a plus rien. Il n’y a plus que le texte, qui résonne en nous. » Laurence Tardieu – Un temps fou
Diane reviendra, là
avec les lettres
et peut-être?
Alors…
Sous l’ombre du grand chêne
M’éloigner pour un temps, des rires et du tapage
Et venir m’adosser au grand chêne protecteur
Emporter dans le plaid, vos lettres et ces images
Qui me parlent tant de vous, et qui cognent à mon cœur .
Pourquoi êtes-vous si loin ? Pourquoi cet océan
Et pourquoi ces tempêtes ? Quand mes lèvres
Vous cherchent et ne trouvent que le vent
Quand mon âme vous espère et ne trouve que la fièvre
J’ai voulu la fraîcheur et l’ombre du centenaire
Pour relire ces feuilles que vos mots ont noircies
J’ai voulu me remplir d’un bonheur épistolaire
Puisque vous aimer, cher amour, je ne puis
Et mes mains posées là, lourdes et inutiles,
Ne savent plus aimer, ne savent plus écrire
Des mains suspendues, amères, infertiles
Qui n’osent plus rêver , qui n’osent plus sourire…
Feuilles mortes
Je t’ai envoyé tant de lettres,
Les as-tu lues au fond du parc ?
Tu ne réponds pas.
Mais je sais que sous notre chêne,
Tu penses encore un peu à moi.
Tes yeux sont encore dans les miens,
Ta main repose sur la mienne.
Et mes lettres sont comme les feuilles mortes,
autour de l’arbre éparpillées.
Abandonnées sur l’herbe rase.
Mes mots sont déjà sur les ailes du vent.
Et toi,
Tu ne m’écris pas.
Et toi,
Tu ne réponds pas.
Et toi,
Tu rêves encore à moi.
Oxymore
Chu pas en retard, j’ai dit viens icitte petit poème, envoye-donc asteure !
Des becs pour tous
bon là chu en retard, rire d’une minute
Oxymore
C’est un plaisir de vous lire tous …
Mais… il y a du monde. Même Mister Two Fingers est là…