Écrire… et ainsi être en vie
Écrire est peut-être l’une des rares choses que je sache faire correctement. Une pour laquelle j’ai un certain talent. Une qui me donne un plaisir incomparable. Une qui me donne les mots et leur quête, qui laisse place au rêve et qui sait créer des images, restituer une émotion ou inventer ce que je devine ou pressens.
C’est peut-être pourquoi je supporte rarement longtemps la compagnie des gens. Écrire est un acte solitaire. Écrire est, dans mon cas, si fort que je peux oublier de me nourrir et ne pas entendre le téléphone. Si puissant que je peux m’exclure d’une réalité connue, pour entrer dans un monde qui n’appartient qu’à moi, où rien ne m’atteint.
Rien ne sait m’exalter autant, me faire vibrer à un point tel que je n’ai plus peur de perdre mes repères le temps que durera le moment d’écriture. L’écriture n’est pas juste le geste d’aligner des mots; de plus en plus, c’est un état. Qui sait m’abstraire d’une situation inconfortable. Du genre qui m’aurait fait sortir de mes gonds, il n’y a pas si longtemps encore. Mais je ne me donne plus cette peine.
Dans le vacarme de conversations, d’ustensiles qui s’entrechoquent, de hauts-parleurs tonitruants, comme hier soir au restaurant, je disparais. Je suis dans ma tête, ne me laisse plus atteindre. Je mange, je me tais, je ne suis pas là, mais quelque part en train d’écrire. Je regarde et j’invente.
On peut dire ce qu’on voudra, je n’entends pas. Je suis dans mes souvenirs, ou dans l’histoire à écrire, sans besoin de quiconque. Lali la sauvage. Oui, sûrement. Lali, l’indomptable. Il y a bien des chances qu’on dise vrai en affirmant cela. Lali, qu’on n’apprivoise pas si facilement. Même si parfois on a cette impression.
Lali est heureuse avec les mots. Avec les livres et de quoi écrire. Et le jour où l’inspiration la quittera, où les mots n’auront plus le pouvoir de la faire trembler et de l’émouvoir, elle ne cherchera pas d’autre source. Elle s’éteindra, tout simplement. Mais je crois que ce jour est encore bien loin. Que trente ans à écrire n’ont pas réussi à faire vaciller la flamme. Même si je suis allée butiner ailleurs.
L’écriture a été, est et restera la grande passion de ma vie.
je cherchais des informations sur les cartes lali, et je suis tombée sur ce blog
cet article m’a beaucoup touchée… je ne sais pas comment l’exprimer avec mes mots à moi, que je sais si mal assembler par rapport à cette lali-là, je ne sais pas non plus si les quelques phrases maladroites d’une ado seront lues, mais voila… j’aimerais écrire comme ça, moi aussi
et je ne saurai sans doute jamais si ce que j’écris aura été lu, parce que je ne suis que de passage… une internaute anonyme, quelques mots jetés dans un cadre gris, un moment éphémère, une émotion pathétique… adieu… et merci
Commentaire by une internaute de passage — 16 décembre 2006 @ 13:09
Vivre une telle passion me rend « jalouse ». Je vous envie Lali. Soyez heureuses avec vos plus fidèles amis : les mots.
Commentaire by Lucie Fraenkel — 14 août 2008 @ 13:25