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Dans les marches 24

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Choisir le doute comme philosophie de vie c’est comme choisir l’immobilité comme mode de transport. (Yann Martel)

*toile d’Edith Hayllar

2 réponses

  1. Le doute est une manifestation de la critique de la pensée.

    Peut-on conclure à ce que douter est une forme d’immobilisme pour autant !? » Il y aurait en effet matière à philosopher sur cette affirmation de Yann Martel!!!

    Qu’en disaient certains de nos philosophes de la littérature Française…

    « Il faut savoir douter de ses certitudes » Montaigne, essais

    Le doute, marque de la liberté de penser

    « Le doute est le sel de l’esprit ; sans la pointe du doute, toutes les connaissances sont bientôt pourries. J’entends aussi bien les connaissances les mieux fondées et les plus raisonnables. Douter quand on s’aperçoit qu’on s’est trompé ou que l’on a été trompé, ce n’est pas difficile ; je voudrais même dire que cela n’avance guère ; ce doute forcé est comme une violence qui nous est faite ; aussi c’est un doute triste ; c’est un doute de faiblesse ; c’est un regret d’avoir cru, et une confiance trompée. Le vrai c’est qu’il ne faut jamais croire, et qu’il faut examiner toujours. L’incrédulité n’a pas encore donné sa mesure. Croire est agréable. C’est une ivresse dont il faut se priver. Ou alors dites adieu à liberté, à justice, à paix. Il est naturel et délicieux de croire que la République nous donnera tous ces biens ; ou, si la République ne peut , on veut croire que Coopération, Socialisme, Communisme ou quelque autre constitution nous permettra de nous fier au jugement d’autrui, enfin de dormir les yeux ouverts comme fond les bêtes. Mais non. La fonction de penser ne se délègue point. Dès que la tête humaine reprend son antique mouvement de haut en bas, pour dire oui, aussitôt les rois reviennent. » Alain, « Libres propos »

    Le doute et la méthode

    « Si d’aventure il y avait une corbeille pleine de pommes, et qu’il appréhendât que quelques unes ne fussent pourries, et qu’il voulut les ôter de peur qu’elles ne corrompissent le reste, comment s’y prendrait-il pour le faire? Ne commencerait-il pas tout d’abord à vider sa corbeille; et après cela, regardant toutes ces pommes les unes après les autres, ne choisirait il pas celles-la seules qu’il verrait n’être point gâtées, et laissant là les autres ne les remettrait-il pas dedans son panier? Tout de même aussi, ceux qui n’ont jamais bien philosophé ont diverses opinions en leur esprit qu’ils ont commencé à y amasser des leur bas age, et appréhendant avec raison que la plupart ne soient pas vraies, ils tachent de les séparer d’avec les autres, de peur que leur mélange ne les rende toutes incertaines. Et pour ne se point tromper, ils ne sauraient mieux faire que de les rejeter une fois toutes ensemble, ni plus ni moins que si elles étaient toutes fausses et incertaines; puis les examinant par ordre les unes après les autres, reprendre celles la seules qu ils reconnaîtront vraies et indubitables » Descartes

    La fonction du doute

    « Il est vrai que nous ne voyons point qu’on jette par terre toutes les maisons d’une ville pour le seul dessein de les refaire d’autre façon et d’en rendre les rues plus belles , mais on voit bien que plusieurs font abattre les leurs pour les rebâtir, et que même quelquefois ils y sont contraints quand elles sont en danger de tomber d’elles-mêmes, et que les fondements n’en sont pas bien fermes. A l’exemple de quoi je me persuadai qu’il n’y aurait véritablement point d’apparence qu’un particulier fit dessein de réformer un état, en y changeant tout dès les fondements, et en le renversant pour le redresser , ni même aussi de réformer le corps des sciences, ou l’ordre établi dans les écoles pour les enseigner , mais que, pour toutes les opinions que j’avais reçues alors en ma créance, je ne pouvais mieux faire que d’entreprendre une bonne fois de les en ôter, afin d’y en remettre par après ou d’autres meilleurs, ou bien les mêmes, lorsque je les aurais ajustées au niveau de la raison. Et je crus fermement que par ce moyen je réussirais à conduire ma vie beaucoup mieux que si je ne bâtissais que sur de vieux fondements, et que je ne m’appuyasse que sur les principes que je m’étais laissé persuader en ma jeunesse, sans avoir jamais examiné s’ils étaient vrais. » Descartes

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