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Et si c’était vrai?

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The lake house ne changera pas l’histoire du cinéma. Mais j’ai apprécié cette comédie romantique où les deux protagonistes tentent de se retrouver dans un voyage dans le temps. Oui, on pourra dire que c’est invraisemblable, que rien ne tient debout. Mais ce ne pas tenir compte que le cinéma fait rêver au même titre que les romans de Jane Austen, à une certaine époque, et encore aujourd’hui, puisque tout se joue autour d’un roman de celle-ci, Persuasion. Du moins, si on examine seulement les émotions que ce film véhicule. Cette idée qu’il n’est jamais trop tard pour vivre un amour qu’on n’a pas osé vivre la première fois qu’il a croisé notre route. Romantisme absolu, quoi.

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Et pourtant, c’est bien davantage à Replay, le roman de Ken Grimwood, paru il y a une quinzaine d’années, que j’ai pensé en voyant le film se dérouler. Cette possibilité de changer le cours des choses, modifier ce qu’on appelle le destin et qui, paraît-il, est écrit pour soi, parce que nous est donnée la chance de tout faire basculer parce que l’avenir prévu nous est dévoilé avant son heure. Thème souvent exploité depuis, et dans ce film aussi, avec bien entendu, une fin hollywoodienne heureuse.

Et si c’était vrai, ai-je eu envie de dire… et non pas pouffer devant l’invraisemblance. Oui, il doit encore rester un peu de romantisme et de magie dans le cœur de la quadragénaire que je suis. Et l’idée que TOUT n’est pas écrit.

Les suites de l’attentat de Munich selon Spielberg

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J’avais 11 ans lors de l’attentat terroriste des jeux de Munich. J’en conservais un souvenir un peu vague, tout en sachant bien les suites de cet événement qui allait être suivi de nombreux autres.

Le film de Spielberg évoque la mort des athlètes, mais sans jamais nous les faire connaître. Nous ne saurons d’eux que leur nom et jamais plus, alors que nous en saurons bien davantage sur l’équipe de choc chargée de faire le « ménage », et bien plus encore sur ceux qui en feront les frais.

Munich est un film sur la vengeance… mais aussi sur la conscience, puisque tous les participants se trouveront confrontés un jour ou l’autre, et à divers titres, à leurs propres questions, voire même au sens de leur existence dans cet échiquier où les pièces tombées sont continuellement remplacées. Est-ce ce qu’a voulu montrer Spielberg ? Que tout cela n’arrêtera jamais ?

Cette fiction basée sur des faits réels ne donne pas de réponses, elle soulève des questions et nous confronte à notre méconnaissance de l’Histoire. Voilà plusieurs jours que j’ai vu Munich et depuis, je n’ai pas cessé de lire sur le Mossad et sur le conflit israélo-palestinien. Ce film, je le vois comme une porte ouverte sur la recherche et en soi, c’est une belle réussite.

Anthony Zimmer

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Bien ficelé, ce thriller de Jérôme Salle. Avec un clin d’œil discret, mais clin d’œil tout de même, pour l’incomparable North by Northwest d’Alfred Hitchcock, où un homme se trouve pourchassé par erreur, aux côtés d’une belle, jusqu’à une maison perchée dans les arbres, non pas dessinée par l’architecte Lloyd Wright, mais qui en présente une ressemblance certaine.

L’histoire n’est pas la même, bien entendu. Pas de Cary Grant, mais Yvan Attal. Pas d’Eva Marie Saint, mais Sophie Marceau. Et Cannes, Nice et l’arrière-pays, comme décors.

Il y avait tous les ingrédients pour passer là un bon moment, même si on se demande comment François Tallandier (Attal) a pu accepter l’invitation impromptue d’une inconnue rencontrée dans le TGV. Hormis cette question, on se laisse prendre au jeu, on suit les deux protagonistes jusqu’à une issue finale qui nous surprend.

Jérôme Salle aime tourner les poursuites, c’est bien visible. Il aime aussi filmer du ciel, et il en use habilement. Et de plus, le réalisateur sait nous tenir en haleine du début à la fin.

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S’il n’innove pas, Jérôme Salle sait y faire, ce qui donne un thriller réussi et un joli duo d’acteurs.
N’est pas Hitchcock qui veut, mais il est bien agréable de voir que le grand maître possède encore des disciples qui s’appliquent à suivre ses préceptes.

Entre ses mains

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Claire (Isabelle Carré) trouve-t-elle en Laurent (Benoit Poelvoorde) une part d’elle-même tellement troublante qu’elle ne peut que s’attacher à ce vétérinaire quelque peu troublant ? Voit-elle dans ce qu’il raconte de son enfance les traces de la sienne ? Peut-être bien.

Peut-être aussi s’ennuie-t-elle, dans son boulot et dans sa vie de couple, ce qui expliquerait cette étrange attirance qu’elle éprouve pour ce chasseur de femmes qu’elle soupçonne d’être le meurtrier au scalpel terrorisant la région lilloise…

Les raisons sont peu importantes, en fait. Car c’est plutôt l’emprise que les deux personnages ont l’un sur l’autre qui prime sur les motivations. Et la pudeur avec laquelle Anne Fontaine sait nous faire partager ces émotions ambivalentes a quelque chose de déséquilibrant. Tranquillement, elle sème ici et là des détails sur la vie personnelle de chacun des personnages et fait monter la tension d’un cran.

Et peu à peu, le spectateur se pose une question: qui des deux est le plus déséquilibré ?
Et aussi: faut-il remonter jusqu’à l’enfance pour trouver la source du dysfonctionnement de l’un comme de l’autre ?

Ce qui en reste, outre les questions, est le jeu exceptionnel de Benoit Poelvoorde et d’Isabelle Carré, une caméra qui sait capturer leurs visages et des émotions. De nombreuses émotions confuses.

La panthère rose

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D’accord, d’accord, Peter Sellers avait le profil de l’emploi pour incarner l’inspecteur Clouseau et on ne peut que songer à lui quand on voit Steve Martin emprunter ses chaussures. Mais il se débrouille bien, il ne copie pas la version originale, mais invente un frère au premier, avec quelques travers communs, sans les mimiques.

Le film n’a pas la prétention d’être autre chose qu’un pur divertissement. Et c’est pour ça qu’il ne m’a pas déçue. J’avais face à la nouvelle version de La panthère rose une seule attente: rire. Et j’ai ri. Mais vraiment et pas qu’un peu. Des situations, des bêtises de Clouseau, des clins d’œil.

Toute la durée du film, je n’ai pensé à rien. J’ai regardé Clouseau dans Paris ou ailleurs. Avec son béret et ses pantalons trop courts. Avec ses déductions à la noix et ses phrases vides, mais tellement inspirées. Et je m’amusais. Tout en sachant qu’à la fin, bien entendu, le meurtrier serait démasqué par l’inspecteur. Parce que dans ce genre de comédie, il y a toujours un dénouement heureux et prévisible.

Steve Martin ne remplace pas Peter Sellers, je le redis, mais il campe un Clouseau version 2006 plutôt réussi. Et Kevin Kline, dans le rôle de son supérieur, forme avec Steve Martin un bien joli duo. On en redemandera!

Nanny McPhee, une nanny pas comme les autres

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Nanny McPhee, c’est un peu le croisement de Mary Poppins, de Maria dans La mélodie du bonheur, de la fée Carabosse et des sorcières de contes de fée. Avec les verrues au visage, bien entendu. Elle a pour tâche de s’occuper de sept garnements orphelins de mère qui n’ont qu’une seule idée en tête: la faire déguerpir au plus vite. Mais c’est sans compter sur ses pouvoirs de sorcière, son sens de la psychologie et le fait qu’elle sait qu’elle réussira.

Oui, Nanny McPhee est un film pour enfants. Et puis? J’aime beaucoup les films pour enfants quand ils sont bien faits, quand ils sont intelligents, quand ils ne prennent pas les enfants pour des imbéciles, quand bien même la fin est prévisible, comme c’est le cas ici.

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Nous savons dès le début qu’Emma Thompson, qui campe la nanny-sorcière, saura y faire avec cette bande de chenapans qui, en fait, sont encore sous le choc de la perte de leur mère. Et qui ont lu trop de livres où les belles-mères sont des marâtres. Alors, ils feront tout pour ne pas en avoir une et ne voient pas non plus d’un bon œil toutes les nannys qui défilent et qui tentent de faire de leur mieux, car tout ce qu’ils désirent, c’est retrouver leur père qu’ils voient s’éloigner et les négliger.

J’ai beaucoup aimé Nanny McPhee. Même s’il y a ici des personnages caricaturaux. Car ne l’oublions pas, il s’agit d’un film pour enfants. Et ils riaient dans la salle, ou avaient peur, comme les sept gamins. Visiblement, le film leur plaisait autant qu’à moi.

Emma Thomson, scénariste et vedette du film, a réussi dans ces deux rôles. Avec brio.
En plus de nous donner à ma filleule et à moi un bon moment.

Quand la résolution de l’énigme nous est cachée

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Caché, le film de l’Autrichien Michael Haneke, laisse celui qui le voit dans un état de perplexité à l’issue de la représentation. En effet, l’issue attendue n’arrive jamais. On ne saura jamais qui a envoyé des cassettes de façon anonyme au critique littéraire Georges Laurent, interprété par un Daniel Auteuil d’une froideur à la hauteur de son personnage, intellectuel distant, sans tendresse pour personne, et encore moins de compassion, lui qui vit avec un sentiment de culpabilité depuis plus de quarante ans, sans vouloir l’admettre.

On ne saura pas non plus qui a fait des appels téléphoniques à répétition à Anne, interprétée par une Juliette Binoche pâle et vêtue de vêtements froissés, qui nous fait pitié, surtout quand on voit avec quel homme sans cœur elle vit. Pourtant, il y a drame, il y a tension quand le passé remonte jusqu’à Georges Laurent, lui qui a tenté toutes ces années de l’enterrer, de l’exclure volontairement de sa mémoire.

Par quel concours de circonstances quelqu’un a-t-il su ? Et ce quelqu’un, pourquoi se venge-t-il ainsi ? On ne saura jamais LA réponse, mais il y a là un bel étalage de possibilités. Pierrot, le fils de Georges ? Le fils de Magid, l’enfant devenu homme envers qui il a commis quelque chose d’irréparable ? Ces deux ados complices ? Voire même acoquinés avec la mère de Georges, délaissée, à qui il démontre une telle froideur qu’on en a froid dans le dos ? Quelqu’un dans l’entourage d’Anne qui aura découvert quelque chose et qui tente de fragiliser Georges, voire de l’humaniser ?

Qui est responsable de quoi ? L’enfant jaloux qu’a été Georges à 6 ans, sans comprendre ? Celui, celle ou ceux qui s’appliquent à faire ressurgir le passé ? Ou encore et toujours, Georges, impassible en quelque sorte, qui se refuse à se voir tel qu’il est ?

Qui sommes-nous, de plus, pour juger ses actes et ceux de la France de 1961 ?
Il reste une leçon à tirer de ce film. Une leçon bien simple. Il nous faudrait à tous plus de tolérance et plus de compassion, comme le suggère incidemment le Dalai Lama. Et aussi qu’il ne sert à rien de faire abstraction de nos erreurs, même les pires, elles nous hanteront toute notre vie. Il nous vaut mieux les assumer et apprendre de celles-ci.

Ceci dit, il y aura toujours une énigme irrésolue. À nous de choisir la ou les réponses.
Michael Haneke ne nous a pas menés en bateau, comme je le pensais à la sortie du film, mais bien ouvert les portes de la conscience et du questionnement. Et d’échanges, comme j’en ai rarement vus entre spectacteurs à la sortie d’une représentation.

Un dimanche à Kigali

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« Ceux qui désobéissent peuvent changer le cours de l’Histoire ».
C’est tout ce que demande Bernard Valcourt, interprété par Luc Picard, dans Un dimanche à Kigali; que ceux qui possèdent les rênes du pouvoir ne se laissent pas dicter leur conduite et qu’ils bougent.

Quand le film débute, Valcourt, journaliste québécois, arrive sur les lieux du massacre, dans un Kigali dévasté, après trois mois de détention à la frontière. Il est à la recherche de Gentille, une Hutu par son père mais physiquement Tutsi par sa mère, la femme qu’il aime et dont il a été séparé dans leur fuite.

Le film, faisant appel aux flashbacks tant pour nous raconter la situation qui dégénérait au Rwanda, le combat contre le sida dont les autorités locales faisaient fi qu’une histoire d’amour, est bouleversant du début à la fin. Oui, Valcourt est un héros des temps modernes, un chevalier au grand cœur, car il doit bien y en rester sur cette planète. Oui, Gentille est belle, jeune, naïve dans son amour et dans son obstination à refuser l’irréparable qui se trame et qui va éclater.

Il s’agit ici d’un drame de guerre poignant avec des scènes révoltantes d’une violence inouïe. Il s’agit là d’une réalité transposée d’abord dans le roman de Gil Courtemanche, puis dans le film de Robert Favreau. Une réalité d’autant plus révoltante quand on réalise à quel point la communauté internationale a baissé les bras face à la montée de violence qui ne s’est pas déclarée soudainement, comme on a voulu nous le faire croire, mais bien des mois d’avance. Une réalité qui donne des frissons d’horreur. Personne ne restera indifférent face à ce film.

Et d’une certaine manière, heureusement qu’une histoire d’amour ponctue le récit journalistique, car ce serait trop. Trop de morts, trop de violence, trop d’incompréhension. Un amour hésitant, puis passionné, comme probablement seule l’urgence peut en permettre, un amour dans lequel on plonge parce que la mort guette et qu’elle nous prendra à son tour, trop vite. Gentille, superbement campée par Fatou N’Diaye, succombe la première, parce que, justement, elle sent qu’elle n’a que cette chance d’aimer dans sa vie, que c’est maintenant ou jamais.

Quand la révolte sourde, quand un homme peut tuer les membres de sa propre famille, quand quelqu’un peut donner ceux qu’ils appelaient les siens pour sauver sa peau, quand on peut tuer à coups de machettes, quand on peut violer une femme sans être passible de peine, quand même les enfants sont massacrés, quand la torture est monnaie courante,que reste-t-il sinon que l’amour ? Et si celle ou celui qu’on aime disparaît, que reste-t-il après?

Un dimanche à Kigali soulève cette questions et beaucoup d’autres.
Je fais partie des privilégiés qui ont eu droit à une représentation spéciale, le film ne sortant sur les écrans que fin avril. Certaines images ne vont pas s’effacer de sitôt.

http://www.lecinema.ca/media/kigali_ba_wmv.php?resolution=HauteRes
pour la bande annonce du film