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Le marchand de bêtises

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J’aime les livres qui font réfléchir, mais j’aime aussi les livres qui font rêver.
Le marchand de bêtises est un livre qui fait rêver et qui m’a tout de suite plu. Mais je sais que je ne peux le moins du monde être impartiale quand le héros d’un livre est un libraire, et un libraire maladroit. N’ai-je pas moi-même échappé des piles de livres au jour le jour du temps de ma vie de libraire si bien qu’on pouvait me repérer au son dans la librairie?

Je suis donc tombée sous le charme de ce libraire rapide et agile doublé d’un marchand de bêtises qui fait le pitre pour plaire à l’institutrice pour l’entendre rire. Un jeu qui pourrait bien se retourner contre lui, car à l’occasion, des bêtises, ça peut être sympathique, mais en tout temps, c’est bien autre chose.

J’ai beaucoup, beaucoup aimé cette toute mignonne histoire d’amour imaginée par Marie-Chantale Gariépy.
Même si je n’ai, pour ma part, jamais séduit d’instituteur avec mes bêtises.

L’oiseau de monsieur Pigeon

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Envie d’un album attendrissant? D’un album qui fait chaud au cœur et que vous aurez autant de plaisir à lire vous-même qu’à offrir? Un livre que vous aurez envie de partager avec lus petit que vous en le lisant à haute voix et en vous attardant à chacune des images? L’oiseau de monsieur Pigeon, écrit par Lou Beauchesne et illustré par Eudes-Pascal, est l’album tout trouvé.

Vous aurez envie d’inviter l’oiseau qui a perdu son nid un soir de tempête et qui n’a de cesse de s’en trouver un autre à s’installer chez vous tant il vous sera sympathique, et tant vous tremblerez pour lui. Mais n’ayez crainte, ce n’est pas un arbre qu’on abat ni un chat féroce qui arrêteront notre oiseau qu’un nid des plus fabuleux et tout douillet attend au bout de ses péripéties.

Un album finement écrit et joliment illustré sur la ténacité et sur l’espoir, car il y a toujours de la lumière au bout du tunnel. J’y crois.

Le chandail de hockey

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Quand l’écrivain Roch Carrier fit paraître son album jeunesse Le chandail de hockey, en 1979, il ignorait que celui-ci deviendrait l’un des livres phares de la littérature canadienne et qu’un court métrage (que je vous invite à visionner) serait réalisé à partir d’un de ses souvenirs d’enfance. Non, il n’en avait aucune idée, et pourtant c’est ce qui arriva.

Je l’ai relu récemment avec le même plaisir que lorsque j’étais libraire et que je le conseillais. L’album est toujours aussi sensible, réaliste et coloré. Et il donne envie de connaître Maurice Richard aux jeunes qui n’ont qu’une pale idée de la notoriété de ce dernier, car le numéro 9 des Canadiens de Montréal était le héros de leurs grands-parents et arrière-grands-pères… il y a bien longtemps.

On comprend donc la déception du jeune Roch Carrier quand sa mère ouvre le colis en provenance de Toronto, lequel ne contient pas un chandail des Canadiens de Montréal et plus spécifiquement du numéro 9, mais des Maple Leafs de Toronto, l’équipe rivale détestée par tous les jeunes Québécois de son âge.

Un livre savoureux. Jusqu’à la dernière phrase. Un livre qui n’a presque pas vieilli malgré ses 40 ans, et qu’on devrait continuer à offrir largement. Il contribue à la création et à la solidification des liens intergénérationnels. Et bien plus.

Un album qui ferait un bien joli cadeau de Noël

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Il n’y a pas que des mots tendres, des mots gentils, des mots empreints de douceur, des mots qui rassurent. Il y a aussi des mots qui blessent, des mots qui font peur, des mots méchants, des mots qu’on ne devrait jamais prononcer.

C’est de ces mots, beaux ou pas, dont il est question. De ces mots qui font mal auxquels on peut échapper en les remplaçant par d’autres qui réconfortent, par de la musique, par du soleil, par des je t’aime et par des rires, par ce qui vient du cœur et qui donne des ailes.

Voilà raconté simplement ce bel album poétique écrit par Claudie Stanké et illustré par Céline Malépart.
Un album qui fait du bien. Un album pour les jours de peine, les jours où tout nous pèse et où le cœur est trop lourd, les jours gris. Les jours qu’on voudrait oublier.

Un album à avoir sous la main pour tous ces jours et même les autres, plus gais.
Parce que nous avons tous besoin de gommer certains mots. D’effacer le chagrin provoqué par d’autres.

Un album qui ferait un bien joli cadeau de Noël.

Le parfum des feuilles de thé

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Parfois, on a juste envie d’un beau livre et d’une histoire qui finit bien.
Et la vie se charge du reste et met sur notre chemin un album de toute beauté. Un superbe album qui nous transporte en Asie et nous raconte l’histoire de Jia et de sa mère, chassées de leur village parce que cette dernière cueillait des feuilles de thé alors qu’une croyance populaire affirmait qu’il ne fallait pas toucher aux feuilles des arbres.

Mère et fille ont donc vécu à l’écart, l’aînée enseignant à la plus jeune cet art de choisir les feuilles, les propriétés de l’une et de l’autre, un savoir-faire qu’elle ne cessait de développer. Jusqu’à ce que la mort l’emporte et que Jia, devenue adulte, marche sur les traces de sa mère. Une vie qui aurait pu se poursuivre ainsi, sans grande surprise, avec ce bonheur de trouvailles ponctuelles à la suite de mélanges, le thé occupant le plus clair de ses journées.

Mais son destin était tout autre. Et nenni, je ne vous dirai pas un mot de ce qui attend Jia au détour d’un sous-bois, où un homme blessé et ensanglanté git sur le sol. Pas question que je gâche votre plaisir.

Le parfum des feuilles de thé, signé Ingrid Chabbert et illustré magistralement par Célia Chauffrey, est un album qui fait rêver. Et parfois, on a juste besoin d’un album qui fait rêver.

Un livre à offrir, à s’offrir. Même si l’on pense qu’on n’a plus l’âge. Il n’y en a pas pour les beaux livres, pour ceux qui réchauffent le cœur et pour ceux dont chaque illustration est une merveille.

Un album pétri de bons sentiments

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À priori, je n’ai rien contre les albums jeunesse pétris de bons sentiments, je suis bien consciente qu’il en faut. Mais qu’on les couvre de prix littéraires, là je ne marche plus!

Le chemin de la montagne, écrit et illustré par Marianne Dubuc, a reçu au cours des derniers mois le prix littéraire du Gouverneur Général (catégorie littérature jeunesse — livres illustrés), le Prix jeunesse des bibliothèques du Québec et le Prix TD de littérature jeunesse, en plus de d’avoir fait partie des finalistes au prix Harry Black et d’être traduit dans une dizaine de langues.

Or, je ne comprends pas du tout comment un album aussi banal ait pu gagner le cœur de tant de jurys et de tant de maisons d’édition étrangères.
Je ne vois pas en quoi il se démarque autant du lot. Vraiment pas.

C’est un album mignon, je vous l’accorde. Un album où il est question d’amitié et d’entraide. Mais ce n’est pas le premier où il en est question, et ce ne sera pas le dernier.
Et je me demande encore en quoi il est si remarquable pour avoir fait une telle unanimité.

Je me demande aussi pourquoi l’auteure et illustratrice a choisi de faire passer son message par la voix d’animaux et non en mettant en scène des êtres humains. En effet, j’aurais peut-être adhéré davantage à son objectif et me serais un peu laissée gagner par l’histoire, ce qui n’a pas du tout été le cas.

L’anthropomorphisme n’a jamais été ma tasse de thé. Il ne le deviendra pas avec cet album, joli au demeurant. Mais sans plus. Et tant pis si je suis la voix discordante au milieu de ce chœur de louanges.

Frida en deux temps

Voilà plusieurs fois que je lis les albums consacrés à Frida Kahlo écrits par Sophie Faucher et illustrés par Cara Carmina. Et je ne comprends toujours pas l’engouement qu’ils ont connu et connaissent encore. Les images sont jolies, sans avoir de véritables ressemblances avec les toiles de Kahlo autres que la disposition des personnages et certains des sujets abordés. Quant au texte, dont chaque page double se termine par Je-suis-Frida suivi d’une explication (Je-suis-Frida-qui-a-des-ailes, Je-suis-Frida-à-papa, Je-suis-Frida-en-mille-morceaux, Je suis-frida-solitude), il a fini par m’agacer.

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Or, j’aurais tellement aimé être séduite par ces albums qui ont été salués par la critique. Mais je suis demeurée tiède, tentant de leur trouver assez de qualités pour vous les vendre. Mais je n’y suis pas arrivée.

J’ai cherché une partie documentaire à la fin des albums, mais il n’y en a pas. J’ai cherché un véritable tableau de Frida Kahlo, mais il n’y en a pas non plus, pas plus qu’aucune des murales de Diego Rivera. J’ai cherché vainement quelques détails sur le Mexique.

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Et j’ai compris que ce que j’attendais de Frida, c’est moi (qui porte sur l’enfance de Frida Kahlo) et Moi, c’est Frida Kahlo (qui porte sur sa vie adulte) n’avait rien à voir avec le projet et le but de ceux-ci, qui semblent être davantage ludiques – grâce à des images colorées mettant en scène des personnages avec des yeux en forme de diamant et quelques traces du folklore traditionnel mexicain – et superficiels, puisque l’auteure a choisi de verser dans l’anecdote uniquement. Du moins, c’est ce que j’ai ressenti.

J’ai aussi compris que parents, enseignants ou bibliothécaires devraient faire le travail de recherche eux-mêmes s’ils voulaient vraiment faire connaître cette artiste.

Et je me suis dit que j’étais peut-être trop exigeante et que j’aurais dû faire lire ces albums à un enfant pour être certaine que l’adulte en moi n’avait pas pris toute la place.
Mais cela aurait-il modifié ma première impression qui n’a fait que se confirmer à chaque lecture additionnelle? Va savoir.

Ameline

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Ce qu’il est beau, cet album qui revisite l’histoire du joueur de flûte de Hamelin. Je l’ai lu, relu, et encore relu, avec chaque fois la même émotion.

J’ai été déroutée, séduite, triste, gaie, admirative à tour de rôle ou en même temps. L’inventivité de Clémentine Beauvais y est pour quelque chose. Les illustrations d’Antoine Déprez, tout autant.

Ameline est orpheline et vit avec son grand-père et une dame qui s’occupe d’elle et avec qui elle n’a aucun lien de parenté. Une vie toute simple ponctuée par ce conte allemand terrifiant qui parle de la peste, d’un flûtiste et d’enfants qui périrent noyés. Une histoire qu’elle connait par cœur et qu’elle emportera avec elle quand on enterrera son grand-père.

Maintenant qu’il n’est plus là, qu’une famille du village natal de celui-ci va l’adopter, peut-elle encore être gaie? Ameline n’a pas le temps de se poser la question qu’une pléiade d’enfants, tous orphelins comme elle, n’allant pas à l’école, vêtus comme on l’était autrefois, lui font rapidement oublier cette question en l’entraînant dans des jeux qui l’occupent toute la journée.

Mais pourquoi y a-t-il tant de chats dans ce village? Et pour quelle raison ses nouveaux copains ont-ils toujours les pieds mouillés? Et comment se fait-il que sa famille adoptive n’ait jamais entendu parler de ces enfants avec qui Ameline joue?

C’est dans la boîte qui lui a été remise lors du décès de son grand-père que se trouve la réponse. Une belle façon de détourner la fin du Joueur de flûte de Hamelin. Toute en finesse et avec un effet de surprise qui plaira aux jeunes lecteurs, j’en suis convaincue.

Quant à moi, je suis conquise. Et je ne peux qu’applaudir devant une telle réussite, car le défi était grand. Très grand.

Pieds nus

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C’est le titre qui m’a attirée. Et je me suis beaucoup amusée à lire cet album écrit et illustré par Rémi Courgeon. Comment en pourrait-il être autrement quand l’histoire est celle de Tim qui, un certain 28 août, décida qu’il ne porterait plus ni chaussettes ni chaussures jusqu’à la fin de ses jours?

Et c’est ce qu’il fit, et ce, même si ses parents crurent un temps que ça lui passerait. Tim avait fait un choix de vie et il s’y tint. Pas question d’essayer des chaussures, de glisser ses orteils dans des tongs, ou de porter quelque chose qui lui couvre les pieds.

Il arriva donc pieds nus à l’école, ce que le directeur n’apprécia pas du tout. Il ne se chaussa pas par grand froid, car la peau des pieds de Tim s’était épaissie. Il joua au foot pieds nus, passa son bac pieds nus et passa un été à Londres pieds nus.

Mais le plus amusant est que Tim, qui ne portait pas de chaussures, devint créateur de chaussures. Si, si.
Et là s’arrête mon résumé. C’est tout ce que je vous dirai de cette histoire à la fin amusante.

Je vous laisse le plaisir de le découvrir à votre tour. De sourire. D’en apprendre un peu plus sur la liberté et les choix de vie.
Cet album va bien au-delà de la simple anecdote. Vous verrez.

Un album sur Marie Curie

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Je devais avoir 10 ou 11 ans quand j’ai lu une biographie romancée de Marie Curie, parue dans la collection Marabout Mademoiselle dont j’ai dévoré une grande partie des titres, mais pas la série des Sylvie, un seul m’ayant suffi. Or, je n’ai jamais oublié ce livre que j’ai dû livre une quinzaine d’années après sa parution, pas plus que son héroïne.

J’ai donc tout de suite été attirée par l’album Marie Curie, paru dans la collection De petite à grande, à la courte échelle. Et je n’ai pas été déçue. L’histoire de Marie Curie nous est racontée succinctement, mais de belle façon grâce au texte de l’auteure jeunesse espagnole Maria Isabel Sanchez Vegara et aux illustrations de Frau Isa, qui vit à Vienne.

L’album est suivi d’une page explicative pour présenter plus sérieusement Marie Curie, ce qui pourra donner envie aux jeunes lecteurs d’aller au-delà de cet album, d’autant plus qu’il a été beaucoup question d’elle lors du centenaire de l’armistice de 1918 il y a quelques jours. Petit bémol tout de même : sa fille Irène n’y est nulle part mentionnée alors qu’elle a accompagné sa mère dans les tranchées pour sauver des blessés et reçu une pléiade de prix au cours de sa vie, dont le prix Nobel de chimie en 1935.

Donc, un livre qui tombe à point pour parler de ce centenaire aux jeunes autrement qu’en nombre de morts, comme en ont fait état – presque uniquement – tous les médias.