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Le problème de la cigogne

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Quel joli livre que Le problème de la cigogne! J’ai souri de la première à la dernière image, d’abord séduite par la souris qui s’occupe des dents de lait, puis par la cigogne qui ne trouve pas où déposer le bébé qu’elle transporte, et enfin par la taupe collectionneuse de lunettes et par cette histoire teintée d’humour et de tendresse.

Et même si on ne raconte (presque) plus aux enfants que les enfants sont livrés par des cigognes, il n’en reste pas moins que l’album écrit par Nathalie Somers et illustré par Lydie Baron a conquis l’enfant qui traîne en moi et qu’il plaira sûrement à de nombreux autres, notamment à cause des illustrations.

J’ai, entre autres, adoré la collection de lunettes de la taupe et celles qu’elle a choisies à l’intention de la cigogne afin qu’elle puisse l’adresse de la famille où elle devait se rendre. Si bien que je regrette de ne plus être libraire depuis huit ans. J’aurais aimé le faire découvrir.

Heureusement que je peux le faire ici.

Christine et Kiki

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Certaines raisons nous poussent à ouvrir certains livres. C’est le cas de Christine et Kiki, un album jeunesse paru en 1975, que j’ai tenu à découvrir pour la simple — et bonne — raison qu’il a été illustré par l’artiste japonaise Chihiro Iwasaki (1918-1974) dont les aquarelles mettant en scène des enfants et des fleurs sont tout simplement magnifiques. Une fois de plus, c’est grâce à une carte postale que j’ai découvert la délicatesse de son travail, la finesse de son regard, la douceur qui se dégage des scènes toutes simples, mais si justes.

Et quand en plus, le livre met en scène une petite Christine, toutes les raisons sont bonnes pour mettre la main sur cet album. Si celui-ci a un peu vieilli, le texte d’Alain Tirot pétri de bons sentiments étant la principale raison de ceci, les images sont si belles qu’on oublie cette histoire de petite fille qui n’arrive pas à profiter de ses vacances parce que son chien (Kiki) est resté à la maison.

Si vous le voyez dans une vente de débarras ou une brocante, même s’il est abîmé, achetez-le. Vous pourrez découper quelques-unes des illustrations et les encadrer. Si, si.

Si on adoptait un papa?

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Alex a dix ans, Nico en a cinq. Si le premier a un vague souvenir de la voix de son père et pas vraiment d’image de lui bien précise, Nico ne sait de lui que ce qu’on a voulu lui dire. En effet, John est parti faire le tour du monde sans savoir qu’un deuxième enfant était en route. Et tout semblait aller dans le meilleur des mondes pour le trio jusqu’à ce que Nico ait l’idée qu’il faille adopter un papa.

Adopter un papa? Oui, rien que ça! Comme si c’était simple comme bonjour, comme si ça se trouvait dans la rue. Mais Nico n’en démord pas. Il lui faut un papa!

Si on adoptait un papa? est un roman plein de tendresse et d’humour qui parle de l’amour qui unit si fort les membres de ce trio qu’il va être difficile de trouver l’homme idéal, convenant aux attentes et aux goûts de chacun. Des chasses au papa dans la rue, en passant par le chapitre Grégoire le parfait, mais qui ne fait pas la vaisselle, jusqu’à la surprise finale, prévisible, mais réussie, toutes ces épisodes constituent des moment savoureux.

Le roman d’Anne Mirman est un petit bijou du genre. Et au plaisir de l’histoire, ajoutons la passion d’Alex pour les expressions qu’il note dans un cahier, une passion qui devient nôtre au fil des pages.

Tristan est amoureux

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Même à trois ans, on peut tomber amoureux! Si, si! Et on peut même connaître les affres de la jalousie! C’est ce que va apprendre Tristan au cours d’une seule journée, à l’occasion du mariage auquel sa famille a été conviée. Une fête où il peut engloutir des gâteaux sans qu’on lui fasse des reproches, bien caché sous la table. Enfin, sûrement pas aussi bien caché qu’il le croyait, puisqu’une fée vêtue du même rouge que le rouge de ses chaussures neuves se penche vers lui et renoue son lacet.
Une véritable apparition! Le premier coup de foudre à vie du garçonnet… Puis la colère et la jalousie de celui-ci en constatant que la fée est la mariée et qu’il ne pourra l’épouser.

Une histoire joliment racontée et ponctuée de jolies illustrations.
Mais à qui l’offrir? À qui suggérer ce livre? Je demeure perplexe quant à une clientèle potentielle pour un album de ce genre, malgré la beauté des illustrations et la sympathie que le lecteur éprouve d’emblée pour Tristan.
Le livre a pourtant reçu le prix littéraire Les p’tits loups du livre en 2010 — un prix dont je n’avais jamais entendu parler avant d’ouvrir cet album.

logo-challenge-tous-prix Titre pour le Challenge à tous prix

Le voisin lit un livre

voisin lit

Pas moyen de lire en paix! C’est ce que se dit le personnage imaginé par Koen Van Biesen, lequel voudrait bien poursuivre la lecture de son livre. Mais pas moyen! Sa voisine est trop bruyante. Elle joue à la balle, fait des vocalises, sort son punching ball, se met à danser. Rien ne l’arrête et, surtout, aucune des activités qu’elle choisit n’est silencieuse, au grand désespoir du pauvre lecteur qui n’est pas en mesure de se concentrer avec ce vacarme en continu.

Il a beau tambouriner sur la cloison, rien n’arrête la jeune demoiselle qui a un grand besoin de s’activer et de se faire entendre! Ce qui donne lieu à des scènes dessinées avec beaucoup de finesse par Van Biesen, d’abord illustrateur avant d’écrire pour la jeunesse, qui a un sens aigu du détail sans tomber dans la profusion de détails qui aurait desservi un album de ce type, à savoir un album où il y a peu de texte et où les illustrations en disent long.

L’exaspération peut donner lieu à des idées. Et, de plus, dans ce cas-ci, à une excellente dont je tairai les détails pour vous laisser le plaisir de voir comment notre lecteur va résoudre son problème.

Un album divertissant en même temps que sensible et intelligent.

Lu dans le cadre du Challenge Le Nez dans les livres – Saison 2

Pas de magie malgré le titre!

zhang

Malgré un beau sujet, il arrive que certains livres soient tout simplement ratés. C’est hélas le cas de Zhang, le peintre magicien, un roman de Pascal Vatinal, conférencier et spécialiste de la Chine.

Comme j’aime les histoires où il est question de peinture, je me faisais pourtant une joie de lire ce roman destiné aux jeunes lecteurs. Mais je suis restée au bord de la route, malgré le talent évident de conteur de l’auteur.

Le problème, à mon humble avis, réside dans le format choisi par Pascal Vatinal. En effet, un album aurait été un meilleur choix pour relater l’histoire de Zhang, un peintre sur soie tellement talentueux que tout ce qu’il peignait était proche de la réalité tout en la dépassant.

Mais comment parler des couleurs, des textures, des ombres et de la lumière avec des illustrations en noir et blanc d’une telle banalité qu’on les croirait sorties d’un album à colorier à un dollar? Difficile, voire impossible.

Pourtant, l’illustration de la couverture, sans être exceptionnelle — loin de là —, était tout de même « correcte ». Mais il m’aurait fallu bien davantage pour être conquise. Un véritable album. Moins de textes. Des illustrations en couleur.

Un tel sujet méritait un autre traitement que celui qui lui a été accordé. L’éditeur aurait dû s’en rendre compte. Dommage.

Au nom de la liberté

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À partir d’une histoire qui a fait le tour des États-Unis, soit celle d’Henri Brown, qui a fui le sud des États-Unis dans une caisse de bois envoyée par la poste, qui avait inspiré à William Still en 1872 The Underground Railroad, Ellen Levine a choisi d’écrire un album pour les jeunes lui permettant de raconter cette aventure exceptionnelle.

De concert avec l’illustrateur Kadir Nelson et en respectant tout ce qu’elle a appris sur le sort du jeune esclave, elle a choisi de relater en toute simplicité et ce, sans pointer du doigt et sans accuser quiconque, le quotidien de cet homme, esclave, fils d’esclaves et époux d’esclave, pas parmi les plus mal traités, mais pas parmi les privilégiés non plus, qui voit son univers basculer le jour où le maître de sa femme vend celle-ci et leurs enfants au marché.

N’ayant aucune chance de les retrouver et voulant à tout prix quitter sa condition d’esclave, il traverse les États-Unis dans une caisse de bois au nom de la liberté à laquelle il aspire, tout comme les siens qui attendront de nombreuses années avant d’être affranchis.

Avec sobriété et humanité, Ellen Levine et Kadir Nelson ont réussi, avec Libre : Le long voyage d’Henri, à nous livrer une histoire qui fait partie du patrimoine nord-américain qu’on ne doit pas oublier, mais continuer de diffuser. Un autre album qu’on devrait trouver sur les rayons des bibliothèques scolaires.

Quand tout va mal

24 heures

Destiné aux 14-18 ans, le premier roman de Pierre-Luc Bélanger, enseignant de français et intervenant en politique d’aménagement linguistique dans une école secondaire, ne traîne pas. Ce serait en effet plutôt le contraire! On va en effet d’une catastrophe à l’autre à un rythme effréné!

En à peine trois courts chapitres, on verra l’univers du jeune Sébastien basculer du tout au tout avec le coma de sa mère à la suite d’un accident, la perte d’emploi de son père alors que l’entreprise pour laquelle il travaille est vendue et déménagée en Europe, les factures qui s’accumulent, la vente des quelques biens que la famille possède, l’arrestation du père pour vol d’information et pour fraude et le placement en famille d’accueil de Sébastien et de sa sœur.

Et ce n’est là qu’un début! Tout déboule à ce rythme pendant presque 200 pages, avec un souci du réalisme un peu négligé, quelques fautes de français qui peuvent agacer (notamment «plongée dans son coma » plutôt que « plongée dans un coma ») et l’usage de termes que les jeunes n’utilisent pas (« culottes courtes » au lieu de « shorts », entre autres).

De plus, le tout est truffé de bons sentiments, et pas qu’un peu! Avec un sens aigu du bien et du mal et un côté moralisateur qui pourrait en outrer plus d’un tant il est pesant et omniprésent, le jeune romancier va jusqu’au bout de son idée, même si tout cela ne tient pas toujours debout, ce qui pousse le lecteur à relire quelques pages, se demandant s’il n’a pas raté quelque chose tant il n’est pas sûr de tout saisir de la logique de l’auteur et de son héros.

La foi de Sébastien étant inébranlable, même dans les pires heures de son cauchemar, tout ne pourra que bien finir : c’était prévisible. Il est en ainsi quand les clichés prennent toute la place, tant ceux sur les méchantes familles d’accueil que ceux sur le bien qui finit toujours par triompher.

Texte publié dans

L’ours que personne n’écoutait

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C’est parce que certaines de ses illustrations sont diffusées sous forme de carte postale que j’ai découvert l’artiste Silke Leffler, et du coup, qu’elle illustrait des livres. Peu sont hélas traduits en français, mais j’ai eu le bonheur de trouver à la bibliothèque de mon quartier L’ours que personne n’écoutait qui m’a tout simplement enchantée.

Écrit par Heinz Jansich et publié chez Nord-Sud, l’album illustré avec beaucoup de finesse et d’imagination par celle qui partage avec moi un amour pour le rouge (couleur qu’elle utilise à profusion) est un petit bijou. Relatant les aventures d’un ours qui, chaque fois qu’il entre dans une boutique, en ressort avec un objet dont il n’a pas besoin parce que personne n’a pris la peine de l’écouter sous prétexte que son interlocuteur sait exactement ce qu’il lui faut sans qu’il n’ouvre la bouche, L’ours que personne n’écoutait rentre chez lui la mine basse. Un chapeau en forme de couronne, du miel des prés, des ailes, des lunettes, des bottes, une écharpe, des médicaments et un porte-bonheur ne lui seront d’aucun secours.

Mais si la mouche qui vient se poser sur son épaule l’écoutait et l’aidait?

Fantaisie et douceur sont au rendez-vous de ce bel album autant pour les parents que les enfants. En effet, ne pas écouter n’est pas plus propre à l’un qu’à l’autre.

Comme un coup de tonnerre

comme un coup de tonnerre

Apprendre qu’on a un cancer a de quoi bouleverser. Apprendre qu’un des siens en est atteint peut faire tout basculer. Et quand cette personne est sa maman et qu’on est une petite fille, c’est un véritable coup de tonnerre.

C’est l’annonce de cette nouvelle qui va faire chavirer les certitudes et créer une multitude de doutes que nous raconte Claudie Stanké qui, après quelques romans pour adultes en solo et en tandem, se consacre depuis quelques années à la littérature jeunesse.

C’est aussi le combat d’une famille et pas seulement celui de celle qui a été frappée de plein fouet par la maladie alors qu’elle ne s’y attendait pas, autant celui de sa fille, de son conjoint, que celui de ses sœurs et de son frère, qu’elle nous raconte aussi. Avec beaucoup d’amour. Beaucoup, beaucoup d’amour. Et c’est peut-être cet amour qui permet à l’héroïne de Comme un coup de tonnerre de traverser ces moments difficiles sans être totalement anéantie.

Le roman de Claudie Stanké, inspiré par sa propre expérience de cancer, est sensible, émouvant et plein de moments de tendresse, malgré le sujet des plus graves abordé ici. Et nul doute que les 9-12 ans à qui il s’adresse devraient trouver ici des personnages attachants comme un portrait sans concession de ce qui arrive à une famille dont la vie prend un chemin inattendu et difficile.

Claudie Stanké utilise les vrais termes et n’enrobe pas les choses pour les rendre plus simples. Le cancer est un mauvais quart d’heure à passer, mais on peut le vaincre.

Un beau message d’espoir en même temps qu’une roman réaliste qui fera prendre conscience aux jeunes lecteurs du cancer, de ce qu’il change dans une vie et de l’importance des proches aidants dans la vie de celui qui se bat.

Un livre que devraient posséder toutes les bibliothèques publiques et scolaires.