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Ma bien-aimée

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C’est un poème, un seul poème que signe ici François David dans ce très bel album jeunesse. Un poème qui s’adresse à une bien-aimée absente que le narrateur cherche partout, dans les forêts, dans les montagnes, dans le ciel bleu, partout elle n’est pas.

Avec simplicité, avec tendresse, avec douceur, François David nous fait part de sa quête, de sa tristesse de constater que sa bien-aimée n’est nulle part et qu’elle ne se dissimule dans aucune des photos de Marc Solal venues soutenir le texte.

Jusqu’à ce qu’il la trouve. « À l’entrecroisement des chemins que font les lignes de la main »…

Un album tellement plein d’amour qu’on voudrait copier chacune des strophes sur un mur pour les avoir continuellement sous les yeux. Et s’en imprégner.

Comme un secret

comme un secret

Je ne suis pas toute seule à ne pas aimer voir les feuilles tomber et à trouver difficile de laisser l’été derrière soi pour affronte l’hiver et sa froidure. C’est aussi le cas du garçonnet de Comme un secret, un album empreint de douceur et de tendresse, concocté par Émile Jadoul, pour le texte, et Catherine Pineur, pour les illustrations.

En effet, comment accepter que son ami l’arbre passe l’hiver tout nu? Excellente question! Mais le père de l’enfant a plus d’un tour dans son sac, et surtout plus d’une écharpe et d’une paire de mitaines dans ses tiroirs. L’arbre ne passera pas la saison froide déshabillé, foi de papa!

Prêt à affronter toutes les intempéries, l’arbre pourra donc accueillir le père Noël en temps et lieu et attendre le printemps au chaud. Pour le grand bonheur du gamin et le nôtre.

Comme un secret est un très bel album. Une sorte de clin d’œil à l’automne et à l’hiver, un rappel de s’habiller chaudement, une explication des saisons, un éloge de la patience et de l’attente. À mettre entre toutes les mains de ceux qui aiment la poésie. Comme un secret est en fait une sorte de poèmes en mots et en images.

Au pays des nuages

au pays des nuages

Et si là-haut dans le ciel, là où se trament les orages, là où volent les avions, là où les arcs-en-ciel se profilent, là d’où vient la pluie, dans ce pays qui s’appelle le pays des nuages il y avait un royaume fabuleux? C’est ce que nos propose John Burningham avec cet album.

Au pays des nuages, en effet, raconte les aventures d’un jeune garçon tombé malencontreusement d’une falaise, mais ayant heureusement atterri dans ce pays où les enfants sont roi et font la pluie et le beau temps. Une sorte de clin d’œil à tout ce qui vient du ciel, avec des illustrations/collages qui ajoutent au côté ludique du livre.

Une histoire sans prétention que vous pouvez aussi regarder et entendre grâce à ce lien.

La marchande de vent

La marchande de vent - illustration de Joanna Boillat

Tout a commencé par cette carte postale envoyée par Danièle. Une carte postale magnifique, empreinte de poésie, à partir de laquelle on pourrait écrire plus d’une histoire.

Celle-ci est la couverture de La marchande de vent, un album destiné aux jeunes lecteurs écrit par Agnès de Lestrade et illustré par Joanna Boillat. Un album qui va au-delà des images et des mots, qui sollicite notre imagination, qui nous emporte au pays des rêves et qui donne à chacun des personnages qui fait appel à madame Alizée juste assez de vent pour apporter le bonheur attendu.

Sur la plage des cerfs-volants où madame alizée tient boutique, on trouve du vent en sachet, en bidon et en brique. Du vent du nord pour aller à la pêche, du vent du sud pour poster des mots d’amour, du vent d’est pour secouer les pommiers, du vent d’ouest pour que s’élèvent les cerfs-volants. Du vent pour tous. Même ceux qui n’en demandent pas. Parce que, voyez-vous, on ne peut vivre sans vent.

C’est lui qui transporte nos souhaits, qui change le cours de l’histoire et qui fait danser les nuages.

Tout a commencé par une carte postale. Peut-être emportée par le vent jusqu’à ma porte afin que je puisse rencontrer la marchande de vent. Une rencontre mémorable, un album comme on en voudrait tous les jours. Parce que nous avons besoin de beauté, de douceur et de tendresse. Tout ce que propose La marchande de vent.

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La maison sans escalier

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Comment apporter à une petite fille suffisamment de joie pour qu’elle en arrive à oublier qu’elle a perdu l’usage de ses jambes à la suite d’un accident de voiture? C’est ce que propose le très bel album La maison sans escalier écrit par Juliette Parachini-Deny et illustré par Thierry Manes. Un album pudique et tendre sachant parler de la peur de cette nouvelle vie qui attend la fillette dans cette maison sans escalier qui sera désormais la sienne, mais qui ne remplacera pas les souvenirs qu’elle laisse dans celle qu’elle quitte. Qui raconte aussi le malaise qu’elle éprouve à se sentir limitée dans ses gestes et ses envies de liberté, et encore plus quand elle songe à la rentrée scolaire.

Un livre qui touchera bien sûr les familles concernées par le sujet, mais aussi tout enfant qui verra peut-être dans le sujet de cet album une sorte de parallèle avec une situation qu’il vit, moins dramatique ou permanente que celle évoquée ici, ce qui pourra sûrement l’aider à ne pas baisser les bras, sa situation n’étant pas sans issue et demandant seulement un peu de courage.

Un très bel album.

Une métaphore est-elle suffisante?

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La métaphore est jolie. En effet, comparer le bégaiement, cette sorte de nœud dans a gorge qui empêche les mots de sortir correctement, au nœud qui se forme dans une pelote de laine, est efficace. Mais tout cela est fait à une telle vitesse que le jeune lecteur à qui on veut tenter d’expliquer ce problème relié à la parole risque de ne pas saisir tout à fait de quoi il s’agit.

Pourtant, les héhéhésitations sont là, les ccconsonnes qui se multiplient aussi. Sauf que la précipitation qui nous mène vers la fin m’a beaucoup dérangée. Tout comme la chute elle-même, qui laisse croire qu’un problème de bégaiement peut se régler en criant ciseaux et presque sans efforts.

Je me suis donc trouvée confrontée au même problème que lors de ma lecture d’un autre album de cette série, Les difficultés de Zoé : je n’ai aimé que les illustrations des deux livres.

Celles de Louise Catherine Bergeron sont en effet si réussies qu’on aurait presque tendance à pardonner au texte son peu d’intérêt malgré une jolie métaphore. Mais ce serait faire du bégaiement une affaire banale vite classée.

Les pierres d’Emma

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Dès le départ, j’ai aimé la frimousse d’Emma. Puis, comme elle adore son grand-père, ce que nous apprenons dès la première page, j’ai tout de suite aimé Emma. C’est comme ça quand on a beaucoup aimé son ou ses grands-pères. On aime les enfants qui aiment les leurs, en vrai ou dans les livres.

Et comme Emma adore son grand-père, elle aime faire tout ce qu’il fait. Notamment, mettre des pièces de monnaie dans ses poches pour entendre le bruit qu’elles font quand elle saute ou quand elle court.

Mais si papi avait autre chose que des pièces de monnaie dans ses poches? S’il transportait des pierres qu’il passe d’une poche à l’autre, faisant d’elles des pierres précieuses parce qu’elles seront des signes de gestes utiles et généreux? C’est ce qu’Emma va découvrir dans cet album écrit par Anne Renaud et illustré par Leanne Franson dont les aquarelles sont tout simplement magnifiques.

Les pierres d’Emma, un album vivifiant, tendre, en même temps qu’axé sur les valeurs universelles et sur le bonheur qu’on ressent à faire du bien autour de soi. Un livre qu’on a envie d’offrir aux enfants pour qu’ils fassent comme Emma et son grand-père. Pour cette belle image d’un lien intergénérationnel. Pour le bonheur qui nous étreint quand on ferme le livre.

Un livre que j’aurais voulu lire avec mon grand-père.

Le livre disparu

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C’est au hasard d’une promenade dans la section jeunesse de ma bibliothèque de quartier que j’ai retrouvé ce livre que j’aimais tant et dont j’avais presque oublié l’existence. Et pourtant, comme j’ai aimé suggérer Le livre disparu (paru aux éditions Circonflexe en 1996) à ceux qui aimaient les beaux livres et qui étaient prêts à offrir quelque chose d’un peu plus cher qu’un album flexible, du temps où j’étais libraire.

Comme j’ai aimé l’ouvrir pour faire voir les magnifiques illustrations de l’illustrateur et auteur Colin Thompson. Chacune d’elles est fascinante. À tel point que, peu importe l’âge qu’on a, on a du mal à tourner les pages, pris par tous les détails qu’elles proposent.

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Comme j’ai aimé l’ouvrir l’ouvrir à nouveau afin de me promener avec le jeune héros dans les dédales de cette bibliothèque dans laquelle on trouve tous les livres du monde, sauf un. En effet, l’un d’eux n’est plus sur les rayons. Mais où peut bien être le livre Comment ne jamais vieillir ou Manuel d’immortalité pour débutants? Oui, où?

C’est ce que le jeune lecteur est appelé à découvrir au fil de cette aventure qui l’entraînera dans des décors livresques qui le séduiront. J’en suis convaincue. Presque tous ceux à qui j’ai vendu ce livre autrefois sont venus me parler du bonheur de ceux et celles à qui ils l’ont offert.

La suite est entre vos mains. Il y a sûrement un vendeur de livres d’occasion quelque part qui en a un sur ses rayons. Un conseil tout de même : ne l’offrez qu’à un enfant que vous vous voyez régulièrement. C’est la seule façon de pouvoir y jeter un œil de temps en temps.

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Lu dans le cadre du Challenge Le Nez dans les livres – Saison 2

Cœur de papier

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Quel joli livre que ce Cœur de papier qui a pour destin de s’envoler alors que tout ce que voulait Thomas, qui l’a dessiné, était de le montrer à tout le monde. Oui, quel joli livre que signe ici le prolifique Carl Norac à qui l’on doit nombre de très beaux albums, toujours empreints de tendresse et d’imagination. Un livre qu’a illustré avec non moins de tendresse et d’imagination, et beaucoup de rouge, Carl Cneut.

Une aventure qui peut paraître simplette à prime abord que celle de cette course contre le vent pour attraper un cœur dessiné sur une feuille papier, mais qui devient l’occasion de rencontres qui n’auraient peut-être pas eu lieu si le cœur ne s’était pas envolé et qui a pour issue un message qu’il n’est jamais trop tôt de connaître : notre cœur ne nous appartient pas.

Opéra polaire

opera polaire

Qui aime les pingouins, peu importe l’âge qu’il a, devrait ouvrir Opéra polaire, le très bel album d’Elke Heidenreich mis en images par Quint Buccholz, un illustrateur et auteur jeunesse dont je suis une véritable fan, entre autres parce qu’il a peint de nombreuses scènes livresques.

Il trouvera dans cet Opéra polaire, dédié à l’univers des pingouins, une histoire un peu fantasque qui risque de le faire énormément sourire. Ce fut mon cas quand je vis arriver, après la description humoristique de la vie quotidienne de ces oiseaux vêtus comme si c’était tous les jours dimanche, un paquebot venu de très loin et ayant à son bord les trois ténors. Rien de moins! Lesquels sont là pour une représentation unique de La Traviata, où Manuel Carrera tiendra le rôle d’Aldrefo, Placido Domingo celui du père et Luciano Pavarotti celui de Violetta.

Une représentation à ne pas rater! Elle nous est d’ailleurs relatée avec imagination, images magnifiques, humour et grand respect pour la musique, et tout cela au « je », la narratrice se faisant pour cette histoire autant raconteuse que spectatrice, glissant parfois hors de celle-ci pour ajouter un détail, ouvrir une parenthèse ou donner une explication, et reprenant les rênes avec un « Où en étais-je? »

Un bel album, que dis-je, un superbe album qu’il sera peut-être difficile de se procurer, car il a été publié en 2001, mais qui vaut la peine qu’on fasse pour l’obtenir le tour des endroits où on trouve des livres d’occasion — ayant pignon sur rue ou en ligne.

Titre pour le Challenge Des notes et des mots