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Voyager par la poste

postcard

Il y a des gens qui ont des idées fabuleuses. Il suffit juste que ceux qui pourraient être intéressés soient mis en contact avec ceux qui ont eu l’idée.

La plus récente trouvaille qui fait mon bonheur me vient de ma filleule. C’est dans un magazine qu’elle a appris l’existence d’un club d’échange international de cartes postales. Et comme toutes deux nous collections les cartes postales, me voilà inscrite à « son » club. Trois de mes cartes ont déjà franchi l’océan pour faire le bonheur de deux Finlandais et d’une Néerlandaise et d’autres sont en route pour la Californie et le Brésil.

Sur le site de Postcrossing, il y a même des tracés pour indiquer les voyages des cartes postales. Et dès que celles-ci arrivent à destination, on reçoit un petit mot de la part du destinataire.

Belle trouvaille que celle d’Ève. À défaut de voyager, ce sont des cartes qui voyagent.
Il y a à la fois la surprise de découvrir où va se diriger la carte postale et l’attente pour voir combien de temps elle mettra à parcourir des milliers de kilomètres. Bientôt, j’en recevrai moi aussi. Je me demande d’où viendra la première. D’un pays dont je n’ai aucune carte ? D’un que je connais très bien ?

Peu importe. Ce sera avec plaisir que je l’ajouterai aux quelque 15 000 de ma collection. Souvenirs de voyages, reproductions de toiles ou de photos, et encore plus de mes correspondantes d’autrefois.

Les cartes postales constituent encore un autre de ces plaisirs dont je ne me suis pas lassée. Et c’est avec plaisir que je le redécouvre, grâce à Ève et à ceux qui ont inventé www.postcrossing.com.

Mai au parfum de lilas

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J’aime la fin mai pour toutes sortes de raisons, mais surtout et avant tout, je crois, pour cette odeur de lilas qui flotte dans l’air. Il suffit de marcher un peu, il y en a partout de ces arbustes qui embaument. Et je m’arrête, je hume. Pur bonheur.

Je sais, ne me le dites pas, je m’émerveille devant plein de choses que plus personne ne remarque ou alors qui sont prises pour acquises. Mais je suis comme ça. Et je sais m’arrêter pour m’en mettre plein le nez et ainsi retrouver un morceau de mon enfance. On ne peut pas aimer le lilas à ce point s’il n’a pas fait partie intégrante de sa vie. Et dans la mienne, il a toujours été là, au fond de la cour, près de la clôture. Et chaque année où j’ai vécu chez mes parents, j’ai guetté l’éclosion des fleurs, comme ma chambre donnait sur le jardin.

Curieusement, je reste ambivalente face au fait de les couper. C’est si beau un lilas bien garni qui croule sous ses fleurs. Mais, d’un autre côté, quel bonheur d’entrer chez soi et de trouver sur la table le bouquet qui fait que toute la maison sent l’été.

Je ne me lasse pas, cette odeur m’enchante comme elle le fait depuis aussi loin que je puisse me souvenir. C’est d’ailleurs le lilas de toutes les fleurs, si envoûtantes d’autres plus rares puissent-elles être pour certains, que je préfère respirer. Et par la fenêtre, en cette minute, entrent les effluves de l’arbuste d’une voisine. Et je m’enivre.

Le plaisir de manger dehors

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C’est quand arrive l’été que j’aurais envie d’une maison. Non pas pour m’y enfermer, mais bien pour profiter de la cour et surtout pour manger dehors. Et c’est bien pour ça que cette photo me fait rêver… Les montagnes derrière en plus de cette table et de ce fauteuil où on peut lire en paix… Un rêve, je vous dis.

Et hier, j’ai mangé dehors pour la première fois de l’année. Il faisait bon chez ma sœur autour de la table pour fêter son anniversaire.
Et le petit vent qui est venu comme pour rendre les choses encore plus agréables… Pur plaisir.

J’adore manger dehors. Je ne le fais pas beaucoup ici, car le balcon est minuscule et bétonné. C’est être à l’extérieur, oui, mais je me sens cloisonnée et ça je n’aime pas. C’est quand j’habitais sur le boulevard Saint-Joseph que j’ai été le plus choyée. Deux balcons et suffisamment grands tous les deux pour y installer une petite table et des chaises. Oui, ça me manque.

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Juste un petit coin comme ça me suffirait. Voyez, je ne demande pas la lune, même si le décor avec la terrasse et la chaise longue me fait rêver ! Juste un petit coin à moi qui me permettrait de voir autre chose que du béton. Mais bon, je ne vais pas me plaindre: aucune voiture ne passe ici, car c’est un domaine piétonnier.

Tout de même, quel bonheur que d’avoir pu manger dehors et de savoir que c’est le début et que je pourrai le refaire, et le refaire, et le refaire, pendant au moins deux mois.

Mon nouveau look

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Elles ne sont pas tout à fait comme ça. Mais elles ont des airs de famille, disons.

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Elles ressemblent un peu plus à celles-ci par la forme.
Avec le vert de mes yeux et du violet. Et je les aime. Ce sont bien les premières lunettes de lecture qui me plaisent depuis mes opérations pour les cataractes. Celles-là, je sens que je ne vais pas les perdre, elles sont vraiment à mon goût. Et même j’aurais envie d’en avoir de toutes les couleurs.

Je n’aurais pas choisi mieux si j’avais été là pour les essayer. Mais c’est ma sœur qui me les a offertes, trouvant que j’avais besoin de changement et d’arborer quelque chose qui me ressemble, et non des lunettes de maîtresse d’école des années 60. Non pas qu’elles ne m’allaient pas, les trois paires que je passe mon temps à chercher, mais, paraît-il, elles ne sont pas moi.

Ma sœur, qui m’habille et me chausse — comme je ne suis pas magasineuse pour cinq cents et que j’y vois là une perte de temps si ce n’est pour fréquenter les disquaires et les libraires — va maintenant s’occuper de la touche finale, semble-t-il. Je ne vais pas me plaindre. Je vais plutôt lui dire que je commence une collection.

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Un foulard pour l’humeur

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Qu’ils soient carrés ou à carreaux, qu’ils soient longs ou juste bons à nouer autour du cou, qu’ils soient en soie ou en coton indien, qu’ils présentent des motifs géométriques ou des fleurs, qu’ils soient assez grands pour les porter sur le manteau ou même comme jupes, j’aime les foulards.

Il me faut deux tiroirs pleins à ras bord pour les ranger tous, cadeaux ou souvenirs de voyages, coups de cœur ou vieilleries dont je n’arrive pas à me départir. Et je les porte vraiment. Même que j’aime les choisir selon mon humeur ou ma fantaisie, comme ce matin quand je me suis habillée pour une entrevue. J’avais choisi la jupe et c’est tout. Le reste s’est improvisé et je me suis sentie belle comme mon foulard.

Une journée sans foulard, c’est sûrement une journée bien triste, finalement. À éviter.

La liberté totale des orteils

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Grand jour !
Certains ont dit 24 degrés, d’autre 26. Les deux degrés d’écart m’importent peu. Moi, je crie hourra, car ça a été une journée en sandales, la première de 2006, et en plein avril !

Quel bonheur pour mes orteils de se trémousser sans bas ou chaussettes. Quel bonheur pour mes pieds de vivre à l’air libre. Tout cela peut vous paraître tout à fait bête, je sais. Mais pour moi, c’est un des grands plaisirs de la vie, et de la saison, que celui de sortir ma collection de sandales. Des vertes, des blanches, des noires. Manquent des rouges, mais si j’en trouve à mon goût, je ne suis pas certaine de résister à la tentation.

Mes pieds ont droit à un peu de plaisir, eux qui, pendant six mois, se trouvent emprisonnés, loin de toute lumière, sauf lorsque je suis chez moi. Et c’est le 18 avril qu’ils auront goûté à leur premier jour de liberté totale de l’année. Quel plaisir ça a été de marcher les orteils à l’air presque cinq kilomètres.

J’ai eu l’impression de renaître. Et en fait, c’est peut-être ça qui est arrivé.

Des films, des films, encore des films !!

bobine

J’ai passé tellement de soirées à la cinémathèque québécoise , au Ouimetoscope, à l’Outremont et au conservatoire d’art cinématographique que c’est ainsi que j’ai tout appris, tout découvert. Le cinéma des années 50, Éric Rohmer, François Truffaut, Orson Wells et bien d’autres.

Si bien que je ne peux pas, aujourd’hui, voir un film et ne pas faire de liens. Je me suis nourrie du cinéma comme je me suis gavée de livres depuis des années. Dans un cas, comme dans l’autre, ils m’ont fait voyager et apprendre. Ils m’ont ouvert des univers et entraînée vers d’autres sentiers.

Je ne suis pas encore lasse du cinéma, c’est un de ces plaisirs qui perdure. Et si tous les films ne sont pas marquants, si tous ne bouleversent pas quelque chose en moi, certains me font rire, d’autres me questionnent, d’autres offrent des trames musicales exceptionnelles ou se déroulent dans des lieux de rêve.

Non, ce n’est pas demain la veille que je vais cesser d’aimer le cinéma. Voilà un plaisir essentiel.

Le plaisir des petits paniers

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J’aime les paniers. Je ne sais pas d’où cela me vient, mais j’aime les paniers. Et ce, depuis bien avant une mode qui, semble-t-il, est en train de passer de mode. Désormais, de plus en plus, on cache, on dissimule, on ne laisse rien sur les comptoirs de cuisine, ni autour du lavabo de la salle de bain. Plus de paniers, ça fait désordre.

Et bien, tant pis. Je n’ai jamais aimé les modes, ça tombe pile. J’aime ce que j’aime. Mon fouillis et mes paniers. Des stylos de toutes les couleurs, en quantité industrielle. Dans des tasses, des boîtes de thé ou des paniers. Des échantillons de crème pour la peau, eux aussi dans de jolis paniers. Et mes épices, aussi. Je n’ai jamais pu m’habituer à ces flacons tout bien rangés par ordre alphabétique dans un casier prévu pour ça.

Mes vis et mes clous aussi sont dans des paniers. Même les batteries supplémentaires. Et les attache-feuilles. Je n’arrive pas à fonctionner autrement. J’ai besoin que tout soit à la vue, accessible. Signe que je n’aime pas la dissimulation et la cachette ? Il se peut. Signe aussi que je vis dans un désordre organisé et fonctionnel ? Peut-être aussi.

Je vois dans ces paniers et ces boîtes éparpillées ici et là mon goût pour l’improvisation. Pour tout voir d’un coup et choisir selon l’inspiration celui qui du stylo, qui du tube de crème, fera mon bonheur du jour. Pour le plaisir de trifouiller dans le panier à épices et improviser une recette.

J’imagine mal chercher dans des tiroirs ce qui, pour moi, doit être à portée de main.
Je me vois mal organiser mon quotidien autrement qu’en paniers, jolies boîtes ou tasses. C’est là mon ordre et mon désordre. Et quelque part, sûrement, une partie de mon bonheur. Ranger sans ranger.

Petit tour au pays des albums de mon enfance

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Hier soir, je me suis gâtée. J’ai relu pour la énième fois Astérix chez les Belges. C’est mon seul album des aventures d’Astérix, en fait. Les cambrioleurs ont embarqué ma collection en 1987 et c’est le seul que j’ai racheté, il y a 18 mois. Et je ne me lasse pas des clins d’œil verbaux de Goscinny ou de certaines allusions picturales d’Uderzo. C’est ce qu’on appelle un véritable bonheur.

Quel âge avais-je quand papa est arrivé avec le premier album ? Je ne me souviens pas, je sais seulement que tout le temps où il a travaillé dans une pharmacie jouxtant une librairie, il nous arrivait avec le nouvel album dès sa parution et que nous tirions à pile ou face pour savoir laquelle de nous deux le lirait en premier. Et que chacun des albums m’a procuré un moment de plaisir. Plaisir renouvelé chaque fois que je plonge dans mon seul album.

Hier soir, je m’amusais de voir Annie Cordy servir les repas, de voir Eddy Merckx jouer le coursier, comme de voir Manneken se précipiter hors de la maison pour faire pipi. Je souriais et j’étais à la fois en Belgique et dans mon enfance. Quel doux mélange !

Il ne faut pas grand-chose pour sourire, parfois. Nous avons tous quelque chose sous la main qui peut provoquer cela, ou alors quelqu’un à qui téléphoner. Dommage que parfois on l’oublie.

Un dimanche au goût de chocolat chaud

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Certains plaisirs sont propres à la saison hivernale. En effet, qui aurait l’idée de s’offrir une tasse de chocolat chaud en plein mois de juillet ? Pas moi. Mais aujourd’hui, alors qu’il fait 13 degrés sous zéro, je savoure avec un plaisir infini ma tasse de chocolat. Il n’a pas tout à fait le goût de celui de mon enfance que maman nous préparait pendant que nous bâtissions des forts de glace ou décorions des bonhommes de neige. Mais il est bon, parce qu’il fait remonter toutes ces images de bonheur en moi.

Milkie, ma chienne samoyède, qui se précipitait dehors au moindre flocon: ça devait être dans ses gènes. La neige qui s’accumulait et s’entassait, pas des congères, mais bien des bancs de neige ! Des vrais, des énormes, plus hauts que la gamine que j’étais. Et les habits de neige dans lesquels on se glissait en entier et qui couvraient tout. Pas question que la neige ne se glisse dans nos vêtments alors qu’on rampait dans les tunnels fabriqués sur mesure !

Que d’images ! Mais il manque des guimauves à faire flotter dans ma tasse, pour que ce soit parfait. C’était la touche personnelle de maman, ça. Je devrai y penser lorsque je passerai à l’épicerie. J’ai envie de me gaver de mes souvenirs d’enfance, de les raconter.

Il est bon ce dimanche de février. Et ma tasse de chocolat y est sûrement pour quelque chose. Et aussi mes clavardages complices sur MSN avec Fabien, Jocelyne, Carine, Christel, Norha, Eugénie et Chantal. Et la musique. Et si on inventait la semaine aux deux dimanches ?