L’écriture est un acte de résurrection de lieux et de personnes du passé pour les arracher de cette absence. (Erri De Luca)
*toile de Saskia Kunz
L’écriture est un acte de résurrection de lieux et de personnes du passé pour les arracher de cette absence. (Erri De Luca)
*toile de Saskia Kunz
Elle sent sur son visage
rayons de soleil et brise
les pieds dans l’eau
apprenant une langue autre
l’impression d’un ailleurs déjà
Janick Belleau, D’âmes et d’ailes
*choix de la lectrice de Claudia Hammer
Vous pouvez arracher l’homme du pays mais vous ne pouvez pas arracher le pays du cœur de l’homme. (John Dos Passos)
*illustration d’Akira Kusaka
Matin de printemps
Tu es parti
et mon cœur
s’est brisé
contre
un matin
de printemps
unique
et éternel
Angéline Neveu, Âme sauvage
*choix de la lectrice de Florencia Goldstein
On ne révèle jamais mieux son caractère qu’en parlant d’autrui. (Johan Paul Richter)
*toile d’Adolph von Menzel
Fragments
Donner comme œuvre achevée
ce qui est fragmentaire
incertaine
j’ai créé par mutilation
la composition de la vie
l’épuisement et l’envie
Aujourd’hui
c’est fini
Angéline Neveu, Âme sauvage
*choix de la lectrice de José Van Gool
Il n’y a pas de traversée du désert, il n’y a qu’une marche vers l’oasis. (Jean Biès)
*toile d’Alexander Deineka
Je sais bien que dans dix jours le père Noël aura fait sa tournée, qu’une partie des gens auront déballé une partie des cadeaux puisque le réveillon du 24 sera chose du passé et que pour la plupart des gens que je connais, c’est une enfilade de repas et des soirées qui finissent tard qui se préparent. Mais je ne connais plus la frénésie d’antan. Ou plutôt, j’assiste à celle des autres, aussi à la dernière minute quand il est question des fêtes que quand il s’agit de publier un communiqué, de faire réviser un dépliant ou de traduire quelques lignes pour le site Web.
La plupart de mes collègues n’ont pas acheté les cadeaux auxquels ils songent depuis des lunes. Ils n’ont pas plus pris soin d’acheter la dinde d’avance sous prétexte que ça prend trop de place dans le congélateur ou d’aller chercher quelques bouteilles d’avance pour ces soirées à droite et à gauche parce qu’ils ont « encore le temps ».
Mon petit doigt me dit que certains vont réaliser que nous sommes à neuf jours de Noël aujourd’hui, qu’ils ont un rapport à envoyer avant vendredi et qu’il faudra bien qu’il soit révisé. Tant pis s’il est écrit en morse ou en chinois, il atterrira sur mon bureau avec le mot URGENT écrit dessus. Mon petit doigt me dit aussi que certains doivent être en train d’étudier leurs « banques de temps » et de se dire qu’ils ont sûrement quelques heures de maladie inutilisées qui pourraient bien leur servir pour faire leurs achats.
Moi? Je ne ressens nulle frénésie et tente de subir le moins possible celle qui risque de s’emparer d’eux dans les prochaines heures. La frénésie créée par l’urgence et la désorganisation, teintée d’un peu d’excitation à l’idée des jours de congé, du premier Noël d’un enfant ou d’un voyage pour souligner l’arrivée de 2015.
Tout de même, me manqueront, comme chaque année, ces veilles de Noël à la pharmacie de mes parents et en librairie où, malgré tout, il y avait une ambiance et une chaleur qu’on ne trouve que dans les commerces de proximité où habitués viennent autant faire leurs derniers achats que leurs vœux, vous embrasser, vous apporter un café pour tenir le coup et parfois même, un plateau de biscuits.
*toile de Joseph Bonomo
Boulevard des maladresses
Le boulevard des maladresses
charrie des vents miteux
et les ficelles à terre
dans les rues de Bruxelles
J’y ai perdu une bague
un anneau de Saturne
ainsi que toi
Thomas
Angéline Neveu, Âme sauvage
*choix de la lectrice d’Evgeny Bashmakov
Je prendrai par la main les deux petits enfants;
J’aime les bois où sont les chevreuils et les faons,
Où les cerfs tachetés suivent les biches blanches
Et se dressent dans l’ombre effrayés par les branches;
Car les fauves sont pleins d’une telle vapeur
Que le frais tremblement des feuilles leur fait peur.
Les arbres ont cela de profond qu’ils vous montrent
Que l’éden seul est vrai, que les cœurs s’y rencontrent,
Et que, hors les amours et les nids, tout est vain;
Théocrite souvent dans le hallier divin
Crut entendre marcher doucement la ménade.
C’est là que je ferai ma lente promenade
Avec les deux marmots. J’entendrai tour à tour
Ce que Georges conseille à Jeanne, doux amour,
Et ce que Jeanne enseigne à George. En patriarche
Que mènent les enfants, je réglerai ma marche
Sur le temps que prendront leurs jeux et leurs repas,
Et sur la petitesse aimable de leurs pas.
Ils cueilleront des fleurs, ils mangeront des mûres.
Ô vaste apaisement des forêts! ô murmures!
Avril vient calmer tout, venant tout embaumer.
Je n’ai point d’autre affaire ici-bas que d’aimer.
Victor Hugo, L’art d’être grand-père
*toile de George Henry Story
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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