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En vos mots 447

OAKLEY (Graham) - 2

Avec le changement d’heure et les journées de plus en plus courtes au cours des prochaines semaines, j’ai eu envie de vous proposer une scène livresque amusante. C’est pour cette raison que j’ai choisi celle-ci, une illustration signée Graham Oakley, qui met en scène un personnage qui a me fait penser à un certain Albert.

À vous maintenant de nous raconter en vos mots ce qu’évoque pour vous cette scène. C’est avec plaisir que nous vous lirons dimanche prochaine, car aucun commentaire ne sera validé avant le prochaine accrochage.

D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous!

Un dimanche avec Étienne de la Boétie 4

NEGRO (Mauricio)

Je sçay ton ferme cueur, je cognois ta constance

« Je sçay ton ferme cueur, je cognois ta constance :
Ne sois point las d’aimer, et sois seur que le jour,
Que mourant je lairray nostre commun sejour,
Encor mourant, de toy j’auray la souvenance.

J’en prens tesmoing le Dieu qui les foudres eslance,
Qui ramenant pour nous les saisons à leur tour,
Vire les ans legers d’un eternel retour,
Le Dieu qui les Cieux bransle à leur juste cadence,

Qui fait marcher de reng aux lois de la raison
Ses astres, les flambeaux de sa haute maison,
Qui tient les gonds du ciel et l’un et l’autre pole. »

Ainsi me dit ma Dame, ainsi pour m’asseurer
De son cueur debonnaire, il luy pleut de jurer ;
Mais je l’eusse bien creuë à sa simple parole.

(Étienne de la Boétie)

*illustration de Mauricio Negro

Un dimanche avec Étienne de la Boétie 3

MATTOTTI (Lorenzo) - 8

Je ne croiray jamais que de Venus sortisse

Je ne croiray jamais que de Venus sortisse
Un tel germe que toy. Or ta race j’ay sceu,
Ô enfant sans pitié : Megere t’a conceu,
Et quelque louve apres t’a baillé pour nourrisse.

Petit monstre maling, c’est ta vieille malice,
Qui te tient acroupi ; aucun ne t’a receu
Des hommes ny des Dieux que tu n’ayes deceu;
Et encor ne se trouve aucun qui te punisse.

Ô traistre, ô boutefeu, donc ta rage assouvie
Ne fut ny sera oncq des maulx de nostre vie!
Je sçay bien que de toy je ne me puis deffaire.

Et puis qu’ainsi il va, je vois bien desormais
Que tant que je vivray, je ne seray jamais
Saoul de te dire mal, ny toy saoul de m’en faire.

(Étienne de la Boétie)

*toile de Lorenzo Mattotti

Un dimanche avec Étienne de la Boétie 2

MARGITAY (Tihamér) - 7

J’ay veu ses yeulx perçans, j’ay veu sa face claire

J’ay veu ses yeulx perçans, j’ay veu sa face claire ;
Nul jamais, sans son dam, ne regarde les Dieux :
Froit, sans coeur me laissa son oeil victorieux,
Tout estourdy du coup de sa forte lumiere :

Comme un surpris de nuict aux champs, quand il esclaire,
Estonné, se pallist si la fleche des cieulx,
Sifflant, luy passe contre et luy serre les yeulx ;
Il tremble, et veoit, transi, Jupiter en cholere.

Dy moy, Madame, au vray, dy moy, si tes yeulx verts
Ne sont pas ceulx qu’on dict que l’Amour tient couverts ?
Tu les avois, je croy, la fois que je t’ay veüe ;

Au moins il me souvient qu’il me feust lors advis
Qu’Amour, tout à un coup, quand premier je te vis,
Desbanda dessus moy et son arc et sa veüe.

(Étienne de la Boétie)

*toile de Tihamér Margitay

Un dimanche avec Étienne de la Boétie 1

LEIGHTON (Edmund Blair) - 14

Le 1er novembre 1530 naissait le poète Étienne de la Boétie dont peu connaissent aujourd’hui l’existence alors qu’il fut une époque, pas si lointaine que cela, puisque je l’ai connue, où ses vers étaient étudiés, décortiqués et analysés. Je n’irai pas jusqu’à vous proposer un tel exercice, n’ayez crainte.

Il n’y aura que des poèmes à lire, peut-être à haute voix, car la langue a beaucoup évolué en près de cinq siècles. Et de plus, en compagnie de couples de lecteurs, car la poésie d’Étienne de la Boétie met l’amour à l’honneur, comme vous pourrez le constater par ce texte choisi par les lecteurs d’Edmund Blair Leighton :

C’est Amour, c’est Amour, c’est luy seul, je le sens

C’est Amour, c’est Amour, c’est luy seul, je le sens :
Mais le plus vif amour, la poison la plus forte
A qui onq pauvre coeur ait ouverte la porte.
Ce cruel n’a pas mis un de ses traictz perçans,

Mais arcq, traits et carquois, et luy tout, dans mes sens.
Encor un mois n’a pas que ma franchise est morte,
Que ce venin mortel dans mes veines je porte,
Et desjà j’ay perdu et le coeur et le sens.

Et quoy ? si cet amour à mesure croissoit,
Qui en si grand tourment dedans moy se conçoit!
Ô croistz, si tu peuz croistre, et amande en croissant.

Tu te nourris de pleurs ; des pleurs je te prometz,
Et, pour te refreschir, des souspirs pour jamais;
Mais que le plus grand mal soit au moings en naissant!

Odeur de varech 1

REPIN (Ilya Yefimovich) - 16

croisant d’autres pas
je marche dans le silence
odeur de varech

Gilles Ruel, Odeur de varech

*choix de lalectrice d’Ilya Repin

À suivre!

RIBALTA (Francisco) - 2

Quelle histoire va-t-il trouver pour faire vivre la scène livresque proposée dimanche dernier? Et vous, quelle histoire inventerez-nous à notre intention? C’est ce que nous saurons dans 24 heures!

*toile de Francisco Ribalta

Comme un papillon 5

LARSSON (Carl) - 25

Hoi Han, Vietnam

Après le pont
plus rien de toi

juste un visage
parmi tant d’autres

mon vélo avance
dans le trafic de Hoi Han

un bagage en moins
dans mon cœur
vermicelle

Nathalie Thibault, Comme un papillon avec une aiguille dans le cœur

*choix de la lectrice de Carl Larsson

Ce que mots vous inspirent 1562

PARROCEL (Pierre)

L’enfance cache en chacun de nous des mystères que nous redécouvrons au gré de nos souvenirs. (Gilbert Sinoué)

*toile de Pierre Parocel

Comme un papillon 4

ENJOLRAS (Delphin) - 30

L’oiseau

Je sors de mon lit
de plume
avec des ailes
qui ne m’appartiennent pas

Nathalie Thibault, Comme un papillon avec une aiguille dans le cœur

*choix de la lectrice de Delphin Enjolras