Chanson au bord de l’eau de Sylvain Lelièvre
*toile de Franz Xaver Wolf
Né le 7 février 1943, Sylvain Lelièvre s’est éteint à l’âge de 59 ans des suites d’une embolie gazeuse cérébrale, laissant derrière lui, totalement effondrés, sa famille, ses amis, son public, ses anciens élèves, de même que la colonie artistique au grand complet.
Le poète, pianiste, chanteur et romancier, natif de Limoilou, était apprécié tant pour son talent que pour son humanisme. Des rues, des salles de spectacles portent désormais son nom, et nombreux sont les artistes à reprendre certaines de ses chansons.
Ce qui m’a donné l’idée de vous offrir un dimanche en sa compagnie, car ses albums ne sont jamais bien loin, et d’inviter pour l’occasion des musiciens à l’accompagner, en commençant par ceux peints par l’artiste russe Oleg Zelikow. Au programme : Petit matin.
La robe
Elle s’y enrobe s’y dérobe s’y coule moule belle
Comme l’aile de l’aube isabelle sur la baie de sa peau
La plus miel pour aller au bal elle vire vole le regard
Vers ses épaules vers l’ombre de ses seins décolle
Tés qui vont l’amble quand elle court vers celui
Quelle beauté cette mousseline de laine ou l’autre
Lune quel été sur les hanches quelle onde saoule
Quand elle fait glisser lente la fermeture et qu’
Elle tombe
Alain Duault, Nudités
*choix de la lectrice de Theresa Maxwell
Entrer dans l’univers de l’artiste Polina Yakovleva, c’est prendre le risque de ne pas en sortir avant un long moment. Les mirettes écarquillées.
Comme Armando a été typographe dans sa « première » vie, c’est à lui que je dédie cette carte postale envoyée par Nathalie, que l’on doit à l’artiste Patrick Yan.
Le personnage peint par Henri Fantin-Latour trouvera-t-il les mots pour animer la scène livresque proposée dimanche dernier? C’est ce que nous saurons demain, à la même heure, et pas avant!
Le parfum
Il ressemble à son matin quand les draps hissent le jours
Aux fenêtres et blessent ses paupières eau de peut-être
Ou comme une rosée qui fume sur l’épaule prête au jour
Après les ailes repliées de la nuit vienne le leurre
L’ultime champ de fleurs qui raconte ses rêves couchés
Dans le fond avec le soleil pour timon à toute heure
Il est l’aube du mensonge qui pare la peau sans honte
D’une chasuble invisible comme le chasseur chante avec
L’appeau
Alain Duault, Nudités
*choix de la lectrice d’Henri Matisse
Le souvenir est la plus noble des facultés dont peut se prévaloir l’être humain! (Fuyumi Soryo)
*toile de Steve Cavallo
Le dos
Tout s’y lit l’or bleu du désir l’eau qui dort sous
Le sable des caresses attendues le frisson du réveil
Comme une vague ramène le matin sur la peau
On voudrait s’y étendre y mourir à son tour
Et la fine rainure qu’on suit avec le pouce
De la nuque aux reins comme un poème vertébré
Partage l’est du sommeil et l’ouest des plaisirs
Quand il est l’heure de lire le menu de la nuit avec
Les doigts
Alain Duault, Nudités
*choix de la lectrice de James Martin
La lecture n’est pas un acte facile. Elle exige un engagement, de la solitude, de l’attention, de la curiosité, une disposition d’esprit. (Michel Déon)
*toile d’Adriano Cecioni
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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