elle attend le soir
seule
ses ongles
entrouvrent
des bourgeons tendres
le goût des cèdres piquants
quand elle se roule en boule
sur la roche
seule
Germaine Mornard, Doigts d’ombre
*choix de la lectrice de Lionel Charles Henley
elle attend le soir
seule
ses ongles
entrouvrent
des bourgeons tendres
le goût des cèdres piquants
quand elle se roule en boule
sur la roche
seule
Germaine Mornard, Doigts d’ombre
*choix de la lectrice de Lionel Charles Henley
La science consiste à passer d’un étonnement à un autre. (Aristote)
*toile de Lee Kerr (dont toute trace a disparu)
Je me tiendrai là
gémissante et docile
remuement impudique
à frayer sur ta peau
Je me tiendrai là
pour ne pas défaillir
quand le ciel se délie
aux abords de tes lèvres
Agnès Riverin, Ce tremblement singulier
*choix de la lectrice de Walter Heimig
Cette jolie gouache sur papier de l’artiste d’origine japonaise Gobara Koto envoyée de Taipei par Rachel a été l’occasion de découvrir ces fleurs, une autre de ses gouaches, datant des années 1920.
Si deux théories expliquent également bien un résultat, il convient de trancher en faveur de la plus simple. (Hubert Reeves)
*toile de Stuart Luke Gatherer
À qui dirais-je tes yeux
lorsqu’ils se perdent
ce bruissement cette plainte
pour quelle prière au fond du corps
Dans l’instant qui s’achève
sur des mots transparents
je voudrais repousser
nos limites incertaines
Agnès Riverin, Ce tremblement singulier
*choix de la lectrice de Blake Harrison
La belle journée
Un coq m’a dit
C’est l’aurore
Un mouton m’a dit
C’est enfin le matin
Un éléphant m’a dit
Il est bientôt midi
Les pintades m’ont dit
Il faut travailler, travailler.
Les hirondelles m’ont annoncé
C’est le soir puis la nuit
Et mon enfant m’a dit
Bonsoir et bonne nuit
Il est temps de dormir.
(Philippe Soupault)
*toile de Marcel Rieder
Anniversaire
Je voudrais te donner
une couronne
constellée de toutes les étoiles
du firmament
Je voudrais te donner
Le chant des rossignols
De toute la terre
Je voudrais te donner
Les silences de l’hiver
Les sourires du printemps
La clarté de l’été
Les flammes de l’automne
Je voudrais te donner
Tout ce que je n’ai pas pu
Pas su
Te donner
Ma vie
Notre éternité
(Philippe Soupault)
*toile de Pio Ricci
RIEN
Plus rien même pas de la cendre
même pas le souvenir ?plus rien
Plus rien sauf cette joie de l’oubli
ce vent de l’oubli qui arrache tout
détruit tout et saccage le reste
Le moment est enfin venu de ne plus espérer
de ne plus attendre de ne plus croire
de ne plus s’imaginer de ne plus trembler
savoir qu’on ne craint plus le vide
que tout est consommé consumé désincarné
que ce qui était n’est plus ?plus rien
même plus ?rien ?même pas le néant
Je ne ricane plus je ne souris plus
je ne baisse plus les yeux ni ne les lève
je ne les frotte même plus je ne dors pas
je veille comme une pierre sans son ombre
et je suis transparent comme le temps
je vis comme vivent les nuages et la fumée
je m’efface et jusqu’aux dernières traces
(Philippe Soupault)
*toile de Myrtle Jean McLane
Pour la liberté
Laissez chanter
L’eau qui chante
Laissez courir
L’eau qui court
Laissez vivre
L’eau qui vit
L’eau qui bondit
L’eau qui jaillit
Laissez dormir
L’eau qui dort
Laissez mourir
L’eau qui meurt
(Philippe Soupault)
*toile d’Alfred von Schüssler
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
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