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Prendre le temps

BARINOVA (Evgenia)

Prendre le temps, trouver le temps. Afin d’écrire toutes ces histoires commencées. De rassembler ces bouts de papier noircis de phrases. De prêter vie à la lectrice aux cheveux roses et à tant d’autres.

Trouver le temps, le prendre. Imaginer ce qui se trame en dehors du cadre. Poser ici ces mots qu’elle tait depuis longtemps. Qui sont peut-être les miens. Ou pas.

Prendre le temps. Enfin. Et oublier qu’il fait nuit.

*illustration d’Evgenia Barinova

Suite dans 24 heures

GUERCINO - 5

Comme les journées passent bien vite, pourquoi ne pas déposer sans trop tarder vos mots sur la scène livresque de dimanche dernier? À moins que vous ne préfériez la pression de la dernière minute?
Suite dans 24 heures.

*toile signée Le Guerchin

Derniers poèmes d’amour 11

FRESSINIER (François) - 3

Air vif

J’ai regardé devant moi
Dans la foule je t’ai vue
Parmi les blés je t’ai vue
Sous un arbre je t’ai vue

Au bout de tous mes voyages
Au fond de tous mes tourments
Au tournant de tous les rires
Sortant de l’eau et du feu

L’été l’hiver je t’ai vue
Dans ma maison je t’ai vue
Entre mes bras je t’ai vue
Dans mes rêves je t’ai vue

Je ne te quitterai plus.

Paul Éluard, Derniers poèmes d’amour

*choix de la lectrice de François Fressinier

Ce que mots vous inspirent 1690

CURRIER (Alfred)

Le temps des hommes est de l’éternité pliée. (Jean Cocteau)

*toile d’Alfred Currier

Derniers poèmes d’amour 10

FISCHER (Paul) - 7

Je t’aime

Je t’aime pour toutes les femmes que je n’ai pas connues
Je t’aime pour tous les temps où je n’ai pas vécu
Pour l’odeur du grand large et l’odeur du pain chaud
Pour la neige qui fond pour les premières fleurs
Pour les animaux purs que l’homme n’effraie pas
Je t’aime pour aimer
Je t’aime pour toutes les femmes que je n’aime pas

Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu
Sans toi je ne vois rien qu’une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd’hui
Il y a eu toutes ces morts que j’ai franchies sur de la paille
Je n’ai pas pu percer le mur de mon miroir
Il m’a fallu apprendre mot par mot la vie
Comme on oublie

Je t’aime pour ta sagesse qui n’est pas la mienne
Pour la santé
Je t’aime contre tout ce qui n’est qu’illusion
Pour ce cœur immortel que je ne détiens pas
Tu crois être le doute et tu n’es que raison
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi.

Paul Éluard, Derniers poèmes d’amour

*choix de la lectrice de Paul Fischer

De la Russie à Montréal, en passant pas l’Autriche

Nature morte - toile de Franz Xaver Petter
(toile de Franz Xaver Petter)

Quelle merveille que cette nature morte envoyée de Russie qui a été pour moi l’occasion de faire connaissance avec un peintre autrichien. Les cartes postales ont l’art d’abolir les frontières.

Ce que mots vous inspirent 1689

CURTIS (Rita) - 2

Ce n’est pas la lumière qui manque à notre regard, c’est notre regard qui manque de lumière. (Gustave Thibon)

*toile de Rita Curtis

Derniers poèmes d’amour 9

FERGUSSON (John Duncan) - 1

Et un sourire
La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l’affirme
Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à satisfaire
Un cœur généreux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie la vie à se partager.

Paul Éluard, Derniers poèmes d’amour

*choix de la lectrice de John Duncan Ferguson

Les voiliers

Les bateaux rouges - toile de Claude Monet

Je vous ennuie peut-être avec mes bateaux et mes 2CV, mais je ne crois pas qu’ils disparaîtront un jour du pays de Lali, tant je les aime. Doris le sait, elle qui m’a envoyé ces voiliers peints par Monet, une toile que je ne connaissais pas du tout et qui me plait énormément.

Ce que mots vous inspirent 1688

HAZEL (Sarah)

Le doute est père de la création. (Galilée)

*toile de Sarah Hazel