Une rivière est plus puissante que le désespoir. (Jim Harrison)
*toile de Julian Alden Weir
Un chemin désert
balayé par la nuit
un lac noir
figé dans un secret
un ciel
troué d’étoiles
qui retient l’horizon
et ta main
ouverte comme un astre
sur ma vie en friche
Henri Chassé, Secrets blanchis
*choix de la lectrice de Daria Picardi
En y regardant de plus près, le poète est d’un tempérament infiniment plus inquiet que le profane, et ses nerfs plus fragiles que le commun des mortels. S’il lui est donné de connaître des joies supérieures, il a aussi d’insondables chagrins. Aussi vaut-il mieux y réfléchir à deux fois avant de devenir poète. (Natsume Soseki)
*toile de Franz Xaver Winterhalter
Je défais un à un le silences
qui perlent au fond de tes yeux
je tremble
devant l’infiniment petit
de ta pupille sombre
la porte du désir
je traverse ton œil
tes montagnes et ton amour
et je plonge sans courage
au cœur du vertige
Henri Chassé, Secrets blanchis
*choix de la lectrice de Jules Joseph Lefebvre
Il est certain que la conviction se trouve infiniment renforcée dès l’instant où une autre âme accepte de la partager.(Novalis)
*toile de William Russell Flint
Dans les sentiers de mon enfance
déjà
le désir de ta peau
avoir mon œil au fond du tien
voir le ciel tomber dans l’eau
en plongeant dans ton corps
sentir le printemps mouiller mes pieds
et mon cœur
suffoquant de désir
qui cherche la sortie
Henri Chassé, Secrets blanchis
*choix de la lectrice de Jaume Marzal Canos
C’était en juin 2005. Sonia et moi nous étions assises sur le gazon pour papoter tout en admirant celle qui avait été tant critiquée avant de devenir le symbole qu’elle est aujourd’hui.
C’était il y a trop longtemps. Sonia me manque. La tour Eiffel me manque.
La tour Eiffel existait depuis presque trente ans
Messieurs Coste et Bellonte jouaient à saute-océan
Dans les allées du Bois à cheval sur deux roues
Des jeunes filles en fleurs laissaient voir quelquefois leurs genoux
Et notre siècle n’était encore qu’adolescent
Et Monsieur Carpentier s’habituait à ses gants
C’était l’entre-deux-guerres mais on ne savait pas
Qu’un fou nommé Hitler pousserait sa folie jusque là
Mais en attendant on chantait
Les années folles commençaient
Et d’Amérique d’autres musiques s’en venaient
Mais en attendant on dansait
Les années folles commençaient
Et l’Amérique, nos rengaines, fredonnait
La tour Eiffel relayait la radio quelquefois
Monsieur Charles Lindbergh commentait son exploit
Au large de Terre-Neuve reposait Titanic
Monsieur Charles Dullin saluait le public à Paris
Mais en attendant on chantait
Les années folles commençaient
Et d’Amérique d’autres musiques s’en venaient
Mais en attendant on dansait
Les années folles commençaient
Et l’Amérique, nos rengaines, fredonnait
La tour Eiffel est debout depuis presque cent ans
Les rives de la Seine sont fermées aux passants
Il ne reste presque plus rien à conquérir
De temps en temps j’ai presque envie de revenir
En ce temps là, la la la la la la la…
chantait Nicolas Peyrac en 1978.
La tour Eiffel est comme une femme nue, sans ses habits, avec tout au plus du maquillage. (Olivier Delahaye)
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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