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En vos mots 528

GOLTZ (Nika)

Alors que je viens tout juste de valider les commentaires que vous avez déposés sur la scène livresque de dimanche dernier (que je vous invite d’ailleurs à lire), je vous propose en ce dimanche de donner vie à cette illustration de l’artiste russe Nika Goltz. Pour votre plaisir et le nôtre.

Comme le veut l’habitude, aucun commentaire ne sera validé avant sept jours, ce qui vous donne amplement le temps de profiter du beau temps avant d’écrire quelques lignes.

D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous!

Si on parlait d’espoir 4

BÜCHSEL Elisabeth)

L’espoir est bien court qui n’occupe que l’espace d’un rêve. (Marguerite Beaudry)

*toile d’Elisabeth Büchsel

Si on parlait d’espoir 3

BARNETT (Elizabeth) - 11

Attendre c’est être entre l’immobilité et l’espoir. (Pauline Michel)

*toile d’Elizabeth Barnett

Si on parlait d’espoir 2

AUGER (Lise) - 4

L’espoir vient des enfants, de l’amour et des livres. (Ariel Kenig)

*toile de Lise Auger

Si on parlait d’espoir 1

BIEMAN (Emily)

Il suffisait d’espérer, m’a affirmé la lectrice de l’artiste Emily Bieman< /strong>, en me montrant les fleurs de son jardin. Et elle a loin d’avoir tort. Il y a des fleurs partout depuis quelques jours. Tulipes, jacinthes, jonquilles et magnolia semblent d’être passé le mot, invitant même les pissenlits à être de la partie.

Ce qui m’a donné l’idée de consacrer ce dimanche à l’espoir, et à ce qu’on en dit, en commençant par cette citation de Fatou Diome : Chaque pas mène vers un résultat escompté; l’espoir se mesure au degré de combativité.

Genre humain 9

LIU (Fongwei) - 3

Peut-être il n’y a pas d’ailleurs
d’ailleurs ailleurs n’est que peut-être
mais quand ici se tire ailleurs
ailleurs arrive ici peut-être

mais il n’y a pas de peut-être
il n’y a rien d’autre qu’ici
qui joue à être et à paraître
maybe to be or not to be

d’ailleurs il n’y a pas de mais
mais c’est difficile à admettre
puisqu’on voit le faux et le vrai
qui font le valet et le maître

mais il n’y a pas de puisque
puisqu’il n’y jamais de mais
pas de sauf que, de sauve qui peut
si rien n’existe et si tout est

mais puisqu’on n’est que ce qu’on est
alors il n’y a pas de si
ni de toujours ni de jamais
sauf que pourtant peut-être si

sauf qu’il n’y a pas de pourtant
d’ailleurs c’est ça que je disais
il n’y a pas de noir, de blanc
il n’y a pas d’avant d’après

alors il n’y a pas d’ailleurs
d’ailleurs il n’y a pas d’alors
mais si tout est l’intérieur
non rien de rien n’est en dehors

alors voilà peut-être alors
voilà tout alors voilà rien
on est dedans on est dehors
et rien n’est mal et rien n’est bien

alors peut-être, alors vraiment
alors sauf que, alors c’est ça
alors puisque, alors pourtant
alors vraiment, alors voilà

alors alors
alors alors
alors alors
alors alors voilà

Brigitte Fontaine, Genre humain

*choix de la lectrice de Fongwei Liu

Genre humain 8

LISYANSKAYA (Lydia)

L’engourdie

mon cœur est lent
comme une barque
en été
je suis la reine engourdie
d’une ville bleue

à mon côté
est un jeune homme
allongé
les yeux très pâles
et des algues
plein les cheveux

les juke-boxes se taisent
entre les falaises
je suis seule enfin
la joue sur ton sein

pas un appel
pas une abeille
au dehors
ne vient changer l’air du temps
et te réveiller

j’aime laisser
ma main traîner
sur ton corps
raide blanc comme un bouquet
pour une mariée

les autos reposent
jolies huîtres closes
et je mange enfin
un pain aux raisins

mon cœur est doux
comme une barque
en été

Brigitte Fontaine, Genre humain

*choix de la lectrice de Lydia Lisyanskaya (dont toute trace a disparu)

Ce que mots vous inspirent 1965

VAUTIER (Otto) - 2

Écrire, même pour subsister, ne doit pas devenir une cage où l’on enferme les rêves. (Ahmed Kalouaz)

*toile d’Otto Vautier

Genre humain 7

LISICHENKO (Dmitriy) - 1

Tanka 1

encore une fois
le jour va se lever
encore une fois
il faudra oublier
laisser la main tomber

encore une fois
il faudra cesser
de comprendre de plus en plus
quelque chose qui recule toujours

écoute
la leçon des ténèbres
pour le lundi et le mardi
et tous les jours de la semaine

Brigitte Fontaine, Genre humain

*choix de la lectrice de Dmitiy Lisichenko

Ce que mots vous inspirent 1964

SAWYERS (Robert)

Seulement voilà : fuir n’est pas seulement partir, c’est aussi arriver quelque part. (Bernard Schlink)

*toile de Robert Sawyers