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Je 2

MOONEY (Craig) - 2

Matines

J’ai rêvé d’une grande route
Où tu étais seule à passer
L’oiseau blanchi par la rosée
S’éveillait à tes premiers pas

Dans la forêt verte et mouillée
S’ouvraient la boucle et l’œil de l’aube
Toutes les feuilles s’allumaient
Tu commençais une journée

Rien ne devait faire long feu
Ce jour brillait comme tant d’autres
Je dormais j’étais né d’hier
Toi tu t’étais levée très tôt.

Pour matinale m’accorder
Une perpétuelle enfance

Paul Éluard
(dans Je est un autre, anthologie de Bruno Doucey et Christian Poslaniec)

*choix de la lectrice de Craig Mooney

Ce que mots vous inspirent 2227

HARRELL (John K.) - 3

L’apprentissage de la sagesse commence lorsqu’on découvre que la relation d’être humain à être humain n’a pas besoin de se conformer à la logique du désir. (Tzvetan Todorov)

*toile de John K. Harrell

Je 1

MÖLLER (Sigurd)

À force de m’écrire
Je me découvre un peu
Je recherche l’Autre

J’aperçois au loin
La femme que j’ai été
Je discerne ses gestes
Je glisse sur ses défauts
Je pénètre à l’intérieur
D’une conscience évanouie
J’explore son regard
Comme ses nuits

Je dépiste et dénude un ciel
Sans réponse et sans voix
Je parcours d’autres domaines
J’invente mon langage
Et m’évade en Poésie

Retombée sur ma Terre
j’y répète à voix basse Inventions et souvenirs
À force de m’écrire
Je me découvre un peu
Et je retrouve l’Autre.

Andrée Chédid
(dans Je est un autre, anthologie de Bruno Doucey et Christian Poslaniec)

*choix de la lectrice de https://sv.wikipedia.org/wiki/Sigurd_M%C3%B6ller

Jolie surprise

IMG_20180313_0019
(illustration de Tanycya)

Quand, parfois, on a juste envie de se perdre dans un livre, peu importe où il nous emmènera, et qu’une carte postale à l’image de ce qu’on ressent se trouve dans sa boîte aux lettres…

Ce que mots vous inspirent 2226

HAMZA (Johann) - 8

Ouvrir un dictionnaire, c’est se jeter dans le foisonnement de la vie, dans l’exubérance du monde. C’est prendre le risque de se dire inculte. C’est aussi se donner la fierté de la découverte ou l’orgueil de l’attestation. C’est encore à chaque fois s’approprier des petits morceaux de l’héritage universel. (Bernard Pivot)

*toile de Johann Hamza

Les vers de Catherine P. 3

NICAISE (Nadine) - 1

Nova

Dans un monde au futur du temps où j’ai la vie
Qui ne s’est pas formé dans le ciel d’aujourd’hui,
Au plus nouvel espace où le vouloir dévie
Au plus nouveau moment de l’astre que je fuis
Tu vivras, ma splendeur, mon malheur, ma survie
Mon plus extrême cœur fait du sang que je suis,
Mon souffle, mon toucher, mon regard, mon envie,
Mon plus terrestre bien perdu pour l’infini.

Évite l’avenir, Image poursuivie !
Je suis morte de vous, ô mes actes chéris
Ne sois pas défais toi dissipe toi délie
Dénonce le désir que je n’ai pas choisi.

N’accomplis pas mon jour, âme de ma folie, —
Délaisse le destin que je n’ai pas fini.

Catherine Pozzi, Très haut amour

*choix de la lectrice de Nadine Nicaise

Ce que mots vous inspirent 2225

COROT (Jean-Baptiste Camille) - 12

Mieux vaut des souvenirs qui font mal que pas de souvenirs du tout. (Karine Giebel)

*toile de Jean-Baptiste Camille Corot

Les vers de Catherine P. 2

OATS (Theresa)

Ave

Très haut amour, s’il se peut que je meure
Sans avoir su d’où je vous possédais,
En quel soleil était votre demeure
En quel passé votre temps, en quelle heure
Je vous aimais,

Très haut amour qui passez la mémoire,
Feu sans foyer dont j’ai fait tout mon jour,
En quel destin vous traciez mon histoire,
En quel sommeil se voyait votre gloire,
Ô mon séjour…

Quand je serai pour moi-même perdue
Et divisée à l’abîme infini,
Infiniment, quand je serai rompue,
Quand le présent dont je suis revêtue
Aura trahi,

Par l’univers en mille corps brisée,
De mille instants non rassemblés encor,
De cendre aux cieux jusqu’au néant vannée,
Vous referez pour une étrange année
Un seul trésor

Vous referez mon nom et mon image
De mille corps emportés par le jour,
Vive unité sans nom et sans visage,
Cœur de l’esprit, ô centre du mirage
Très haut amour.

Catherine Pozzi, Très haut amour

*choix de la lectrice de Theresa Oats

Ce que mots vous inspirent 2224

COPLEY (John Singleton) - 8

Chaque jour, il faut repartir de la feuille blanche, plonger en soi, se mettre en quête de vérité et de beauté. (François Cheng)

*toilr de John Singleton Copley

Les vers de Catherine P. 1

O'CONOR (Roderic) - 5

Nyx

Ô mes nuits, ô noires attendues
Ô pays fier, ô secrets obstinés
Ô longs regards, ô foudroyantes nues
Ô vol permis outre les cieux fermés.

Ô grand désir, ô surprise épandue
Ô beau parcours de l’esprit enchanté
Ô pire mal, ô grâce descendue
Ô porte ouverte où nul n’avait passé

Je ne sais pas pourquoi je meurs et noie
Avant d’entrer à l’éternel séjour.
Je ne sais pas de qui je suis la proie.
Je ne sais pas de qui je suis l’amour.

Catherine Pozzi, Très haut amour

*choix de la lectrice de Roderic O’Conor