Commentaires récents
Admin:
Archives:
juin 2026
D L M M J V S
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  
Ce que disent les vents 1

SOBRAL DE ALMADA NEGREIROS (José) - 4

Ce que disent les vents

Ce que disent les vents dans leurs langues nue,
en effleurant la courbe des collines, frères
des paysages crus ou sombres qu’ils traversent.

Plus d’obstacles bruyants, plus de nuits, de frontières
Vents de grande antiquité, derniers-nés sur la mer :
le temps rompu sur l’échiquier recule – puis vainqueur

Comme l’eau scintille sur sa propre étendue! Miroirs,
diamants, saphirs, rubis de toits, émeraudes – les plaines
traversées de courants où l’eau danse, un pas, reflue.

Philippe Delaveau, Ce que disent les vents

*choix de la lectrice de José Sobral de Almada Negreiros

L’éternité 3

SMITH (Matthew)

Je remercie
le papillon
qui hier après-midi
a bien voulu passer
un quart de sa vie
avec moi

même si je ne savais
pas non plus
quand il faudrait
mourir

ni
s’il y aurait
d’autres buissons
où nous pourrions
nous retrouver
plus tard

Werner Lambersy, L’éternité est un battement de cils

*choix de la lectrice peinte par Matthew Smith

Ce que mots vous inspirent 2248

WASKEY (Jason) - 19

La force sans la sagesse s’effondre sous sa propre masse. (Horace)

*toile de John Waskey

L’éternité 2

SHUTTIE (Zois) - 12

C’est vite dit
un poème

Parce qu’on ne sait pas
ce que c’est

Alors on dit
c’est un poème

Vite
parce qu’on ne sait pas
ce qui peut arriver

Werner Lambersy, L’éternité est un battement de cils

*choix de la lectrice de Zois Shuttie

Ce que mots vous inspirent 2247

WENDELL MITCHELL (Sadie)

À l’intérieur d’une encyclopédie tout est calme. Alors qu’elle renferme en vrac toutes les choses du monde, dans les marges règnent un silence surprenant. (Yôko Ogawa)

*illustration de Sadie Wendell Mitchell

L’éternité 1

SHUCK (Vicki) - 2

Le chant s’était tu
ou quelque chose dans le chant
on ne sait pas
quelque chose
qui n’avait plus sa place
et faisait du silence
une paupière sur une absence d’œil

Et l’univers qu’on croit indifférent
parce qu’il est loin
alors qu’on est dedans
l’univers qu’on croit connaître
parce qu’on y est né
alors qu’on sait si peu de soi
et du silence en soi

L’univers attendait sans rien dire
car le chant s’était tu
ou quelque chose dans le chant
on ne sait pas
mais quelques-uns pensaient
à ces oiseaux qu’un seul hiver
rendait muets pour toujours

Werner Lambersy, L’éternité est un battement de cils

*choix de la lectrice de Vicki Shuck

Ce que mots vous inspirent 2246

WHITAKER (William) - 1

Le besoin d’écrire est une curiosité de savoir ce qu’on trouvera. (Alain)

*toile de William Whitaker

Une vie ordinaire 3

WOJAHN (Holly) - 7

Je ne saurais vous dire tout
Et ne pourrais car le mystère
c’est bien cela vouloir tout dire
et s’apercevoir à la fin
que la marge est tout aussi grande
qui nous sépare du prochain
Pendant qu’on écrit l’existence
que l’on dit avoir bouge et change
et quand on parle à un poète
de son dernier recueil il est
depuis longtemps miné par l’autre
aussi brûlant définitif
qu’il nous fera lire demain
Si nous vivons siècles durant
on n’en finirait pas d’aller
au seuil de notre vérité
qui recule quand on la presse
et nous envahit quand on dort.

Georges Perros, Une vie ordinaire

*choix de la lectrice signée Holly Wojahn

Ce que mots vous inspirent 2245

WHITE (Alex) - 2

L’écriture me fascine parce qu’elle permet de sortir de la grisaille de notre existence. (Maryna Uzun)

*toile d’Alex White (dont le site n’est plus en ligne)

Une vie ordinaire 2

ZORN (Anders) - 8

Si j’écris au plus près des mots
leur laissant toute latitude
de me trahir (c’est ce qu’ils font
dès qu’on leur ouvre un peu la porte)
c’est évidemment volontaire
Je pourrais sans doute de biais
t’interrompre banal discours
et prêter à penser aux jours

Georges Perros, Une vie ordinaire

*choix de la lectrice d’Anders Zorn