Dans un incessant murmure
De longues notes inquiètes
Ta main fredonne la mienne
Dans le soir souvent caressé
D’errants effluves de vétiver
Elsie Suréna
(dans Terre de femmes de Bruno Doucey)
*choix de la lectrice du peintre ukrainien Oleg Gyzhy
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Dans un incessant murmure
De longues notes inquiètes
Ta main fredonne la mienne
Dans le soir souvent caressé
D’errants effluves de vétiver
Elsie Suréna
(dans Terre de femmes de Bruno Doucey)
*choix de la lectrice du peintre ukrainien Oleg Gyzhy
La vérité n’est pas ce qu’on affirme à haute voix mais ce qui nous échappe. (Katherine Pancol)
*toile de Carl Larrson
Ce que j’ai
Je n’ai comme trésor
Qu’un cœur d’enfant
Fait pour prier
Pleurer souffrir
Pas de fortune
Pas d’héritage
Une simple plume
Est mon espoir
Mes chants d’amour
Mes chants d’espoir
Il faudra bien
Les disperser
Les disperser
Dans tous les coeurs
Pour leur apprendre
À mieux aimer
Je n’ai pour titre
Qu’un nom poète
Je veux le vivre
et l’élargir
Michaële Lafontant
(dans Terre de femmes de Bruno Doucey)
*choix de la lectrice de Ludwig Knaus
Il n’y a rien de tel dans la vie que le vrai bonheur; la plus juste définition qu’on en ait donnée est celle-ci : c’est un acquiescement tranquille à une douce illusion. (Laurence Sterne)
*toile de John Bagnold Burgess
Sur l’épure des jours sans soleil,
Sa vie a musardé trop longtemps.
déchiffrant l’empan
des profondes tristesses.
Oiseau de ma mémoire,
quelle sommation du vent,
te fait battre des ailes
à la flèche de mots
et t’installe, intrépide
en hamac de sommeil
sur mes délires secrets.
À la croisée des chemins
l’eau des paix-au-âmes
n’aura pas tari l’angoisse des instants.
Et les trois chants
du coq feront trois fois le tour
des pluies désolations
planteront la mort au cœur de la savane
Oiseau de ma mémoire,
Quelle Alice des merveilles
Déride lourd l’écheveau
De mes contes d’Antilles?
Les chimères battent le soir.
J’écoute le silence
Gonfler le temps qui meurt.
Il va falloir
clore les fenêtres,
car il pénètre le temps mauvais
qui étreint sans cesse
Oiseau de ma mémoire,
Mon rêve bat tambour
Sur un air de brouillard
Mon maître-mot espoir
hante tous les dédales
Sur la mi-nuit de Mai
Les couvaisons de lunes
ont la chaleur bleutée
de nos rêves d’enfance
Il va falloir, je crois
dix mille aunes de ciel
pour te refaire, mon île
une pureté d’étoile
Marie-Ange Jolicœur
(dans Terre de femmes de Bruno Doucey)
*choix de la lectrice de Cecil Higgs
L’amour, c’est un oiseau. Imprévisible, fantasque. Fragile aussi, et périssable. Et cet oiseau, pourtant, d’un seul battement d’ailes, allège nos existences de tout le poids de l’absurdité. (Louise Maheux-Forcier)
*toile de Blanche Augustine Camus
Nuit d’encre
Le balancier du temps s’est déréglé
Rire
Mais qui va rire du charivari des tonnerres avariés
sous la sarabande
des pluies hystériques et la clownerie des vents aveugles?
Pillage des passions éparpillées dans le délire des maux sans âge
Liaisons fabuleuses entre l’or des éclairs
et l’opéra mensonger des orages
Pourtant j’entends une voix qui traverse le temps des ouragans
Voix de chemins neufs
Voix de clarté sauvage
Voix d’eaux vives et de sève ardente
Voix de mirages debout dans la confusion des averses
des éclats de rire des amours syncopées
et des désirs inassouvis
Il pleut des confettis de feux sonores dans la nuit d’encre
Demain les amants se réveilleront dans la plénitude
d’une aube nouvelle
Marie-Alice Théard
(dans Terre de femmes de Bruno Doucey)
*choix de la lectrice de Vilhelm Hammershoi
Tout ce que nous voyons n’est qu’une ombre projetée par les choses que nous ne voyons pas. (Martin Luther King)
*toile de Christoffel Bisschop
Affirmation
je ne suis pas un poète du dictionnaire
je ne suis pas un poète de tes marges de droite ou de gauche
je ne suis plus l’effigie à qui tu rendrais hommage
dans la collection soudaine de tes souvenirs retrouvés
parce qu’aujourd’hui le mutisme a bâillonné puis cloué
au pilori les oubliettes de la citadelle
je suis la vie que tu saisis à pleines mains
jour après jour nuit après nuit
cellule ouvrière machine indestructible
de la production régénérée
et ce verre béni que tu lèves à l’amitié
ce vin d’espérance dédié à toute la terre
je suis l’eau de l’avenir
sans laquelle tu n’existes pas
ton ombre et ta lumière
ta chance et ta gloire
je ne suis pas un poète de l’opportunité
ni ton mythe ni ta légende
je suis la vie tendue à portée de ta bouche
le soleil de la génération présente et future
le sujet troublant de tes méditations
car tu te demandes
d’où vient-elle
de qui naît-elle
quels accents attribuer à sa force
à ses dons à sa fraternité
je ne suis pas l’opiacé de tes insomnies
ni l’amertume de tes doutes
ni le rachat de ton passé
ni la récompense de ta sueur
je marche et je chante
je pleure je ris je t’attends
toi qui me cherches partout ou qui t’inventes
tant de bains d’érotisme de quoi meubler
ta frustration et tes misères dorées
je ne suis pas un poète figuré
je ne suis pas un poète-meuble
un figurant si peu devin que tu l’inscris
en lettres majuscules
au revers de tes illustrations et sur tes annonces
ni ton sens propre ni tes angles ni tes courbes
ni tes proportions de justice et de culpabilité
je ne suis pas l’envers du décor
ni ton mirage ni ton oasis
je suis la vie à laquelle tu t’accroches sans trop y croire
je suis cette cause venue du plus noir de tes origines
et qui te lie de toute éternité
à ta chaîne à ta beauté à ta vérité
à ta culture de titan libre souverain
d’être un homme projeté dans le temps
et qui s’avance
à la mesure de sa dimension et de sa dignité
Jacqueline Beaugé-Rosier
(dans Terre de femmes de Bruno Doucey)
*choix de la lectrice de Josep Guardiola i Bonet
Les illustrations de Leandro Lamas m’ont tellement séduite que j’ai eu envie de partager avec vous quelques-unes des plus livresques afin de vous inviter à feuilleter ses carnets qu’il ne cesse de remplir depuis 2008.
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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