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Éden 2

Impasse de la Rue-Rêve

le temps manque à propos
faute d’heures il y a le néant
qui t’attend au tournant
dans un cul-de-sac ou bien ici
sous tes pieds dans tes pas

tu marches haletant nulle part
et anonymises toute toponymie

Lucien Francoeur, Express pour l’Éden

*choix de la lectrice de John Lavery

jusqu’à ce que le ciel

soulée de je t’aime
enivrée de baisers
j’ai tenu le coup
franchi les jours
les mois les années

jusqu’à ce que le ciel
ne parle plus de nous
qu’au passé

(octobre 2012)

*toile de Nancy Salamouny

En vos mots 289

En ce dimanche, une nouvelle scène où les mots sont à l’honneur. Cette fois-ci épistolaire plutôt que livresque. Il ne manque que vos mots pour que la lectrice peinte par Henry Hutt nous dévoile son histoire ou celle de ces lettres qu’elle (re)lit.

À vous de nous révéler ses secrets. En vos mots. Et comme le veut l’habitude, vous avez sept jours pour le faire.

D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous!

Éden 1

Fêlure d’âme

ô froide solitude
moi dans mes mots
me tenir au chaud
tant bien que mal
plutôt mal que bien

dans ce grand enduro
de la douleur d’être
le gitan de partout
le fêlé en peine

s’entête de ce côté-ci
de l’existence pas possible
comme promesse sans nom

Lucien Francoeur, Express pour l’Éden

*choix de la lectrice de John Louis Wellington

Et vous, que ferez-vous?

Ajoutera-t-elle son texte aux quatre qui sont arrivés de Belgique pour animer la toile de la semaine? C’est ce que nous saurons dans 24 heures et pas avant.

Et vous, que ferez-vous?

toile d’Eva Hollyer

Les vers de Tahar 8

Sur le sein nu d’une jeune fille endormie
le matin s’est lentement posé.
Une caresse, un baiser défendu
à l’insu de la nuit retirant l’étoffe du songe.
Sur l’épaule la blanche écume du jour
souvenir de l’ultime étreinte
brûlure d’un souffle silencieux
corps solitaire que la lumière soumet
nudité fière enlacée par la chaleur
en cet océan de sables secrets.
Point de douceur en cette passion sans témoin
le feu et la langue lèchent les pieds et la roche
le genou légèrement plié donne de l’ombre
au ventre lisse et ardent des sables.

Et moi je veille sur la colline,
la poussière du temps sur les paupières
sur le désir.

Tahar Ben Jelloun, Le discours du chameau suivi de Jénine et autres poèmes

*choix de la lectrice de Maria Charlotta Louisa Fritzlin

Ce que mots vous inspirent 779

Toutes nos actions portent dans leur accomplissement le germe de leur désaccomplissement. (Louise Erdrich)

*toile de Raymond Thornton

Les vers de Tahar 7

Comme le soir qui se lève
la douleur nous regarde
telle une présence abîmée par le temps
pour avoir hanté les miroirs

Tahar Ben Jelloun, Le discours du chameau suivi de Jénine et autres poèmes

*choix de la lectrice signée Herman Richir

Ce que mots vous inspirent 778

Il faut savoir douter où il faut, se soumettre où il faut, croire où il faut. (Blaise Pascal)

*toile de Richard Piloco

Les vers de Tahar 6

Il ne m’est que des mots
et ces couleurs du souvenir ardent
pour voiler la blessure
et ouvrir la porte de la forêt qui s’éloigne
comme moi qui apprends
le silence
du miroir ému.

Tahar Ben Jelloun, Le discours du chameau suivi de Jénine et autres poèmes

*choix de la lectrice de Pierre Bonnard