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Du jamais vu!

Nous venons à l’instant de recevoir un appel téléphonique qui a laissé tous les enquêteurs un peu perplexes. Le père Noël, selon les dires de la jeune femme qui a appelé, serait en train de réparer des livres desquels les lettres s’échapperaient. Du jamais vu! Reste à voir si cette piste est solide ou non.

*illustration de Pilar Landro

Inquiétant…

Décidément, la disparition du père Noël devient inquiétante. Elle a même fait la une de certains journaux.

Mais personne ne veut parler. Le père Noël aurait-il demandé qu’on taise le nom de l’endroit où il se cache?

*illustrations de Russell Sambrook

Sans nouvelles depuis le 25

Nos enquêteurs ont cogné à quelques portes sans succès. À chacun des endroits, on leur a affirmé que le père Noël était passé dans la nuit du 24 au 25, aux alentours de minuit. Il aurait apporté des livres partout. Mais personne n’a eu de ses nouvelles depuis.

*illustration de Lisi Martin

Ce qu’en disent les lutins

Le père Noël serait effectivement au chaud et se reposerait d’avoir beaucoup pelleté hier, nous ont affirmé ses lutins qui chantaient sur un coin de rue. Nos enquêteurs ont des doutes sur la véracité de leurs dires. Les lutins chantaient les grands succès des Beach Boys.

*illustration d’Anton Pieck

Lendemain de tempête

De mauvaises langues prétendent que le père Noël aurait un peu trop festoyé hier soir après avoir beaucoup joué dans la neige qui couvre le Québec avec ses rennes, si bien qu’il ferait en ce moment un petit somme dans un endroit tenu secret. Vérité ou pas? Nous attendons d’en savoir plus avant de confirmer ou non cette rumeur.

*illustration de Chris Burke

Où est passé le père Noël?

On serait sans nouvelles du père Noël depuis hier matin, alors qu’il n’a pas fini son travail, puisque dans certaines familles les cadeaux sont offerts le 31 décembre et même le 1er janvier. Se serait-il perdu en forêt?

Plusieurs enquêteurs sont sur le coup. Nous vous tenons au courant.

*illustration de Tom Newsom

Au sud du Sahara 4

Poème de la mer

Le drame de la mer
L’inquiétude de la mer
toujours
toujours
au-dedans de nous.

La mer!
Elle qui ceint nos îles
et les tient captives
rongeant les rochers de nos îles
laissant l’émail de son salpêtre sur les traits des pêcheurs
grondant sur les sables de nos plages
sa voix souffletant les montagnes,
berçant les barques de bois qui longent ces rivages.

La mer!
Aux lèvres elle met des prières

laissant aux yeux de ceux qui sont restés
la nostalgie résignée des pays lointains
qui nous parviennent par le truchement des illustrés
et des bandes cinématographiques
et dans cet air d’autres climats qu’ont les passagers
quand ils débarquent pour voir la pauvreté du pays!

La mer!
C’est l’espérance de la terre lointaine
qui peut-être jamais n’arrivera!

La mer!
Nostalgies des vieux marins contant des histoires d’autrefois
histoires de la baleine qui un jour renversa le canot
de beuveries, de rixes, de femmes,
dans les ports étrangers…

La mer!
Au-dedans de nous
dans le chant de la morna
dans le corps des filles brunes
dans les cuisses agiles des Noires,
dans le désir de voyage qui peuple les songes de tant d’êtres humains!

Ce geste d’invite qu’à toute heure
nous fait la mer vers l’évasion
ce désespoir de l’envie de partir
alors qu’il nous faut rester!

Jorge Barbosa (Cap-Vert, 1902-1971)
(Poésie d’Afrique au sud du Sahara)

*choix de la lectrice de G. B. Barlow

Ce que mots vous inspirent 828

Lire c’est aller vers l’inconnu, c’est chercher à découvrir de nouveaux mondes, à percer de nouvelles énigmes…Sans garanties de succès. D’ailleurs, on ne fait jamais le tour d’un livre, on épuise jamais la totalité de son mystère. C’est même peut-être ce qui nous échappe qui est le plus important… (Paul Vacca)

*toile de Rupert Bunny

Au sud du Sahara 3

Changement de vitesse

Moi qui nage
Dans un rêve furtif
À l’écoute du cri fou et muet de l’esprit.
Puisque la couleur est absente
Je peindrai ton tendre visage
D’un souffle sans couleur,
Avec des doigts-grappins sur un chevalet vide de couleur,
Sous la courbe calme de tes cils
Deux simples, noirs et terribles points,

Toi dont l’amour n’a jamais vacillé
Toi pour qui à jamais je m’ouvre et me fêle
Du bout de ma langue altéré.

Solomon Deressa (né en 1937, Éthiopie)
(Poésie d’Afrique au sud du Sahara)

*choix de la lectrice de William Crain

Ce que mots vous inspirent 827

La langue est un théâtre dont les mots sont les acteurs. (Ferdinand Brunetière)

*illustration de Fernando Vicente