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Du tac au tac 3

Henri IV eut de nombreuses maîtresses. Parmi elles, la belle Gabrielle d’Estrées, qui, une fois devenue maîtresse officielle, se permit quelques écarts à son tour.
Un jour, le Vert-Galant arriva à l’improviste dans la chambre de Gabrielle et se mit à manger des prunes. Et puis, de temps en temps, en jeta négligemment sous le lit! Sa maîtresse s’étonna (ou fit semblant) :
— Mais… que faites-vous là?
— Il faut bien que tout le monde vive!
… Le bon roi Henri, non dénué d’humour, de générosité et d’esprit, avait reconnu, sous le lit, les chaussures et les pieds de M. de Bellegarde, grand écuyer de France.

Jean-Pierre Colignon, Du tac au tac!

*toile d’Eden Compton

Du tac au tac 2

À Berlin, Napoléon conversait avec le général alsacien Rapp (1772-1823). L’Empereur, montrant à son interlocuteur des pièces d’or, lui dit :
— N’est-il pas vrai que les Prussiens aiment bien ces petits napoléons?
— Assurément, et beaucoup plus que le grand…
répliqua Rapp qui ne pratiquait pas la langue de bois.
De fait, les années 1813-1814 allaient montrer quels sentiments les Prussiens portaient aux Français et à Napoléon.

Jean-Pierre Colignon, Du tac au tac

*toile d’Annie Dover

Du tac au tac 1

Le recueil de piques ironiques et de répliques cinglantes Du tac au tac! de Jean-Pierre Collignon est si savoureux que je n’ai pu me contenter d’en faire une simple critique.

J’ai donc décidé de me promener de café en café ce dimanche afin de déposer le recueil à l’intention des lecteurs et lectrices qui pourront eux aussi se délecter de ces répliques et envolées servies du tac au tac, remises dans leur contexte.

Ainsi, celle-ci, à l’intention de la lectrice de Lindsay Rapp pour bien entamer ce dimanche :

Supérieurement intelligent, cultivé… et sans scrupule, Talleyrand (1754-1838) est un des personnages les plus complexes de l’Histoire, et donc l’un des plus controversés. Il fallait toujours se méfier quand on lui parlait… Même quand il exerça — oh! de façon bien provisoire — ses fonctions ecclésiastiques.
Une pénitente qui avait pris le risque de lui confesser :
— Mon père, je m’accuse de m’être regardée avec plaisir dans le miroir,
se vit rétorquer :
— Ce n’est pas un péché, c’est une erreur!

À minuit 2

il arrive qu’un mot entaille
juste assez pour qu’on le sente une partie du jour
la suite du monde
pansement fragile sur la peau
le regard charnière à la réparation des tissus
nous disons qu’aucune blessure ne survivra

Pierre Labrie, À minuit. Changez la date

*choix de la lectrice de Ferdinand Georg Waldmüller

Pour contrer le froid

Besoin de vous réchauffer? Entrez dans l’univers de Monica Carratero. Vous ne voudrez plus en sortir tellement vous y serez bien!

Chanson de saison

Ne pas bouger. Rester au chaud aujourd’hui tout comme hier parce que braver le froid épuise. Ne pas mettre le nez dehors. J’ai suffisamment de livres et de café pour tenir le coup. Même si je n’ai pas d’eau dans la cuisine. Le tuyau est engourdi par les moins trente degrés sibériens.

Et chanter à tue-tête une chanson de Robert Charlebois tout à fait de saison :

Cartier, Cartier
Ô Jacques Cartier
Si t’avais navigué
À l’envers de l’hiver
Cartier, Cartier
Si t’avais navigué
Du côté de l’été
Aujourd’hui on aurait

Toute la rue Sherbrooke bordée de cocotiers
Avec perchés dessus des tas de perroquets
Et tout le Mont Royal couvert de bananiers

*toile de Christian Bérard

À minuit 1

la neige dans les yeux
cavale joyeuse en rond
à bout de bras
sans qu’il n’y ait quelqu’un au centre
les cœurs accélèrent et les pas crissent à contretemps
à ce jeu nous finissons toujours étourdis

Pierre Labrie, À minuit. Changez la date

*choix de la lectrice d’Arlene Cassidy

Ce que mots vous inspirent 847

Les amis son comme les cordes de violon : il ne faut pas trop les tendre. (Proverbe anglais)

*toile de Marzena Naliwajko

Cet âge 5

Les questions sont encore des oiseaux
elles rêvent des pays
où le soleil
ne se cache pas
derrière les mots
où la nuit
respire
du souffle des fées

Mes questions se brisent
au mur de l’impatience
à la vérité tavelée
se parent
d’une lassitude contagieuse
que nul mot
ne peut guérir

Louise Deschênes, L’âge de toutes les peurs

*choix de la lectrice d’Itzchak Tarkay

Ce que mots vous inspirent 846

Notre correspondance a des ailes, ce sont des oiseaux de papier qui volent de chez moi jusque chez vous, des nuées de pensées qui sillonnent le pays. Une fois la lettre ouverte, une connexion s’établit. Nous ne sommes pas seuls au monde. (Terry Tempest Williams)

*toile d’Auguste Toulmouche