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Un dimanche avec Koestler 3

Nous pouvons ajouter à nos connaissances, nous ne pouvons rien en retrancher. (Arthur Koestler)

*toile de Bruce Yardley

Un dimanche avec Koestler 2

Une phrase maladroite est souvent plus près de la vérité qu’une phrase simple et élégante. (Arthur Koestler)

*toile de Jessie Boswell

Un dimanche avec Koestler 1

Arthur Koestler s’est éteint il y a trente ans aujourd’hui, laissant derrière lui des romans et des essais. Comme la plupart des citations tirées de ses livres méritent qu’on s’y attarde, je vous propose donc en ce dimanche de vous installer dans des décors propres à la lecture et à la réflexion.

C’est donc dans un décor signé Fedor Ivanovic Zakharov que commence cette journée. Et par cette citation à méditer :

Le rêveur flotte parmi les fantômes des profondeurs ténébreuses; le poète est un plongeur muni d’un tube respiratoire.

Au pays de la poésie yiddish 9

Cherche l’amour

Cherche l’amour, mais n’en demande point mesure,
de lui n’exige point exactitude et loi.
La vague vient portant une averse d’écume
Elle te lave avec les astres et l’azur.

Cherche l’amour, mais ne rappelle point son nom
Au port dans le tumulte des navires,
Se gonflent les courants, flammes et tourbillons,
Mais dans les profondeurs les perles se retirent.

Cherche l’amour à la margelle des étoiles,
Au loin, là-bas où se nouent tant de voiles,
Où la mer sur le ciel déverse tout son sable
Et le tamise avec le tamis de la lune.

Cherche l’amour, mais ne l’attache point à l’ancre,
Prends à la mer un seul instant de bleu lustral
Et quand s’enfuit la vague — alors remercie-la
Et que la suive ton regard : deux calmes voiles.

Arie Shamri (1907-1978)
(Anthologie de la poésie yiddish)

*choix de la lectrice de Wybrand Hendriks

Ce lieu

Ce lieu pour déposer mes bagages. Parfois mes rêves. Mes coups de cœur ou mon indignation.
Ce lieu pour laisser des traces. En effacer d’autres.
Ce lieu pour retenir l’instant, oublier les blessures.
Ce lieu pour toute destination jour après jour.
Ce lieu. Chez moi. Ici.
Où qui veut s’y promener, s’y asseoir, y rêver, est le bienvenu.

*toile de Michael Gorban

Au pays de la poésie yiddish 8

De toi…

De toi je suis trempée comme la terre l’est d’une pluie printanière,
Mon jour le plus blond se suspend
Au pouls battant de tes paroles tues
Comme l’abeille aux fleurs du marronnier.

Je suis vers toi comme promesse de moissons
Dans le temps,
Quand le blé dans les champs se mesure au froment,
Et se déploie avec l’espoir de tout ce qui verdit
Sur le plancher net des greniers.

Sourd à la pointe de mes doigts la fidélité sur ta tête lasse,
Et toutes mes années
Sont des champs que foulent tes pas
Et qui se gonflent
De la douleur
De t’aimer, ô mon bien-aimé.

Rachel Korn (1898-1982)
(Anthologie de la poésie yiddish)

*choix de la lectrice de Manolo Morgado

Ce que mots vous inspirent 872

Un grain de poésie suffit à parfumer tout un siècle. (José Marti)

*toile de Philip Rumpf

Au pays de la poésie yiddish 7

Les étoiles me sont chères

Toute étoile est chère à mes yeux
Pour la pureté de son feu
Pour son vol parmi des milliers,
Pour son éclat particulier,
Parce que sa clarté profonde
Dans chaque goutte peut se fondre.

Toute étoile est chère à mes yeux
Car jamais n’est double son feu
Quand elle offre à l’eau sa lumière,
Rien n’est plus sombre ni plus clair
sur la route longue et dorée
Qui monte jusqu’à l’empyrée.

Toute étoile est chère à mes yeux
Tant son ordre est vertigineux,
Je trouve mesure pour elle,
Mais sa lumière en moi se perd
Car elle appartient à la terre
Tout comme elle appartient au ciel.

Shmule Halkin (1897-1960)
(Anthologie de la poésie yiddish)

*choix de la lectrice de Colin Price (dont toute trace a disparu)

Ce que mots vous inspirent 871

Tout le monde a des démons. La question est simplement de savoir jusqu’où ces démons restent tolérables. (Joël Dicker)

*illustration de Chase Wills

Au pays de la poésie yiddish 6

Il ne faut pas

Pour toi je fais silence avec toutes les voix.
Est-ce que tu m’entends?

Je m’embrase pour toi de cela que je cache.
Est-ce que tu me vois?

J’ai le désir de toi par tout mon interdit.
Est-ce que tu me veux?

Pour toi je fais silence.
Pour toi je fais silence avec toutes les voix.

Malka Heifetz-Tuzman (1896-1987)
(Anthologie de la poésie yiddish)

*choix de la lectrice de Nita Jawary