
Un des plus beaux cadeaux qu’on ait pu me faire en tant que libraire a été de me laisser carte blanche pour bâtir le fonds d’une bibliothèque publique. Imaginez un lieu tout neuf, des étagères vides à remplir de documentaires et de littérature… Le bonheur! Un bonheur qui a duré des mois, le temps de choisir avec la bibliothécaire en chef les documents essentiels et pertinents, de veiller à ce que nos choix ne soient pas ceux d’un effet de mode et à ce que tous les sujets soient couverts.
Et quand nous en avons eu fini avec cette partie essentielle de constituer une base solide, faite d’encyclopédies, de guides pratiques, de dictionnaires, etc. est arrivé ce jour où il fallait doter les rayons de littérature. Que choisir? Quels étaient les incontournables? Comment allions-nous procéder? C’est alors que toutes les deux nous avons eu la même idée. Et si nous nous servions de La bibliothèque idéale?
Ce qui fut dit fut fait. Il y a aujourd’hui à l’Île des Sœurs une bibliothèque qui compte dans ses rayons les titres de La bibliothèque idéale qui étaient disponibles au moment où tranquillement elle passait de projet à la réalité. Et autant que je sache, c’est la seule bibliothèque du Québec qui puisse affirmer s’être inspirée de cet outil de référence. Et toujours, une bibliothécaire et une ex-libraire auront dans leurs souvenirs communs celui de cette initiative qui a scellé leur amitié.
*toile de Pierre-Luc Bartoli
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