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Les poèmes d’Amaru 3

BOTERO (Fernando) - 21

Elle a vu qu’ils étaient seuls dans la chambre,
Elle s’est lentement redressée sur le lit;
Alors qu’il feignait le sommeil,
Elle a longuement contemplé le visage de son époux;
Sans retenue, elle lui a donné un ardent baiser.
Quand elle a vu
Frémir la saillie de sa joue,
La jeune femme, honteuse, a baissé la tête :
Son bien-aimé l’a embrassée en riant.

Amaru, La Centurie

*choix de la lectrice de Fernando Botero

Les poèmes d’Amaru 2

BORMANN (Lisa) - 8

Sa colère apaisée, elle tint dans ses mains
La lune de son visage
J’avais tout épuisé,
Mon seul refuge était de tomber à ses pieds
Contenues jusqu’alors au-dedans des paupières,
En foule se pressant à la frange des cils,
D’un coup ses larmes dévalèrent
La pente de ses seins, proclamant mon pardon.

Amaru, La Centurie

*choix de la lectrice de Lisa Bormann

Les poèmes d’Amaru 1

BOOKOFF (Allen) - 2

L’amant est venu dans le lit,
La boucle s’est déliée d’elle-même à l’instant;
La robe, retenue par un cordon défait,
N’a plus que recouvert légèrement les reins.
Voilà tout, mon amie, ce que je me rappelle
Du moment où mon corps était uni au sien;
Mais qui il était, qui j’étais,
Ce que fut le plaisir,
Il ne m’en reste pas le moindre souvenir.

Amaru, La Centurie

*choix de la lectrice d’Allen Bookoff

À trois heures du matin 2

BALDUNG (Hans)

Parfois tes pensées peuvent te faire pleurer,
parfois tes pleurs peuvent te faire penser.

Peter Bakowski, Le cœur à trois heures du matin

*choix de la lectrice du peintre Hans Baldung

À trois heures du matin 1

BALDEVA (Sylvia)

J’essaie d’écrire
sur notre condition
d’être humain,
mais ça ne rate jamais :
chaque fois
que j’en rencontre un,
il m’oblige
à déchirer
ma dernière copie.

Peter Bakowski, Le cœur à trois heures du matin

*choix de la lectrice de Sylvia Baldeva

L’homme noir 2

ENRICH (Fidel)

Mais nous sommes tous mortels, c’est ainsi,
Des feuilles d’érable s’écoule le cuivre…
Que soit perpétuellement béni
Ce qui est venu fleurir et mourir

Sergueï Essénine, L’homme noir

*choix de la lectrice de Fidel Enrich (dont toute trace a disparu)

L’homme noir 1

ÉBICHE (Eugène)

Le bonheur disait-il,
C’est une affaire d’agilité
Des mains et de l’esprit.
Les âmes maladroites, on le sait,
Sont malheureuses dans la vie.
Et peu importe que les gestes
Distordus, mensongers
Soient une source de tourments.
Dans les orages et les tempêtes,
Au cœur du quotidien fade et figé,
Dans les plus lourdes des pertes
Et quand la tristesse t’inonde,
Paraître simple et souriant
Est l’art le plus sublime au monde.

Sergueï Essénine, L’homme noir

*choix de la lectrice d’Eugène Ébiche

Les haïkus d’Alain K. 10

HELME (Helge) - 5

sur l’horizon
la voie sans retour
du coucher du soleil

Alain Kervern, Haïkus de la mer

*choix de la lectrice d’Helge Helme

Les haïkus d’Alain K. 9

HEINISCH (Philipp)

réincarné
dans le cri des sternes
le vent du nord

Alain Kervern, Haïkus de la mer

*choix de la lectrice de Philipp Heinisch

Les haïkus d’Alain K. 8

HEIMIG (Walter) - 10

cap à l’ouest
là où l’horizon
aspire le grand large

Alain Kervern, Haïkus de la mer

*choix de la lectrice de Walter Heimig