les nuages
on dirait de la fourrure blanche
sur la pleine lune
Lyne Richard, Tout ce blanc près de l’œil
*choix de la lectrice d’Albert Bertalan
les nuages
on dirait de la fourrure blanche
sur la pleine lune
Lyne Richard, Tout ce blanc près de l’œil
*choix de la lectrice d’Albert Bertalan
marche en forêt
en même temps que les feuilles
je respire
Lyne Richard, Tout ce blanc près de l’œil
*choix de la lectrice de Moosn
mon ombre
dans l’ombre d’un chêne
disparue
Lyne Richard, Tout ce blanc près de l’œil
*choix de la lectrice d’Albert Edelfelt
Attendre le retour
La prochaine fois
Sans même regarder
Les heures dans la glace
Enfreindre les ukases
Déchiffrer les rébus
Bousculer les dilemmes
Nourrir la vie
Jean-Yves Roy, Le ciel à bout de bras
*choix de la lectrice signée Howard Chandler Christy
Chacun vit à l’écart
De son ample brisure
Pour tuer sa tristesse
Dans l’édredon d’un souvenir
Jean-Yves Roy, Le ciel à bout de bras
*choix de la lectrice de Jos Pauwels
Ce soir j’ai comme au cœur
Des reflets de jasants
Des frissons d’étoiles
J’ai comme au cœur
Des nœuds de branches
Des torsions de bûches
Des bourgeons durs qui grognent
Ce soir j’ai comme au cœur
Les mots d’une lettre
Venue de loin
Pour m’apprendre la vie
Jean-Yves Roy, Le ciel à bout de bras
*choix de la lectrice d’Antonin Passemard
Égaré sur une île où l’eau
Ne dilue pas le sel
J’épie la mer
Marée manquante
Feu de l’absence
Paroxysmes tordus
Jean-Yves Roy, Le ciel à bout de bras
*choix de la lectrice de Jules Pascin
Sitôt que je cueille
L’orchidée du silence
J’apprends le nom sacré
D’une comète folle
Placée entre mes mains
Comme un aquarium
Jean-Yves Roy, Le ciel à bout de bras
*choix de la lectrice de Susan Paradise
Je marchais dans la nuit pluvieuse,
Et, à la fenêtre d’une vieille maison,
Je reconnus les yeux songeurs
De ma douleur- En larmes, solitaire,
Elle fixait les horizons humides…
Je restais là, à l’admirer,
Comme si j’avais, sous ses traits,
Reconnu ma jeunesse enfuie.
Un regard. Et mon cœur se serre,
La lumière s’éteint. C’est l’aube.
Et le matin humide toque
À sa fenêtre abandonnée.
Alexandre Blok, Le monde terrible
*choix de la lectrice de Denis Chiasson
Il est des instants ou s’apaise
le funeste orage de la vie
c’est quelqu’un qui vous touche l’épaule
ou qui pose un regard radieux…
et alors le quotidien s’effondre
dans un sombre gouffre sans fond…
et lentement au-dessus du gouffre
l’arc-en-ciel du silence se lève…
et la mélodie naissante et sourde
dans le silence qui retient son souffle
frôle les cordes engourdies par la vie
de l’âme tendue comme une harpe
Alexandre Blok, Le monde terrible
*choix de la lectrice de Ricardo Celma
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