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Tout ce blanc 3

BERTALAN (Albert) - 2

les nuages
on dirait de la fourrure blanche
sur la pleine lune

Lyne Richard, Tout ce blanc près de l’œil

*choix de la lectrice d’Albert Bertalan

Tout ce blanc 2

MOOSN - 8

marche en forêt
en même temps que les feuilles
je respire

Lyne Richard, Tout ce blanc près de l’œil

*choix de la lectrice de Moosn

Tout ce blanc 1

EDELFELT (Albert) - 19

mon ombre
dans l’ombre d’un chêne
disparue

Lyne Richard, Tout ce blanc près de l’œil

*choix de la lectrice d’Albert Edelfelt

Le ciel 5

CHRISTY (Howard Chandler) - 2

Attendre le retour
La prochaine fois
Sans même regarder
Les heures dans la glace

Enfreindre les ukases
Déchiffrer les rébus
Bousculer les dilemmes

Nourrir la vie

Jean-Yves Roy, Le ciel à bout de bras

*choix de la lectrice signée Howard Chandler Christy

Le ciel 4

PAUWELS (Jos) - 11

Chacun vit à l’écart
De son ample brisure
Pour tuer sa tristesse
Dans l’édredon d’un souvenir

Jean-Yves Roy, Le ciel à bout de bras

*choix de la lectrice de Jos Pauwels

Le ciel 3

PASSEMARD (Antonin) - 2

Ce soir j’ai comme au cœur
Des reflets de jasants
Des frissons d’étoiles

J’ai comme au cœur
Des nœuds de branches
Des torsions de bûches
Des bourgeons durs qui grognent

Ce soir j’ai comme au cœur
Les mots d’une lettre
Venue de loin
Pour m’apprendre la vie

Jean-Yves Roy, Le ciel à bout de bras

*choix de la lectrice d’Antonin Passemard

Le ciel 2

PASCIN (Jules) - 9

Égaré sur une île où l’eau
Ne dilue pas le sel
J’épie la mer

Marée manquante

Feu de l’absence

Paroxysmes tordus

Jean-Yves Roy, Le ciel à bout de bras

*choix de la lectrice de Jules Pascin

Le ciel 1

PARADISE (Susan) - 1

Sitôt que je cueille
L’orchidée du silence
J’apprends le nom sacré
D’une comète folle
Placée entre mes mains
Comme un aquarium

Jean-Yves Roy, Le ciel à bout de bras

*choix de la lectrice de Susan Paradise

Le monde terrible 4

CHIASSON (Denis) - 41

Je marchais dans la nuit pluvieuse,
Et, à la fenêtre d’une vieille maison,
Je reconnus les yeux songeurs
De ma douleur- En larmes, solitaire,
Elle fixait les horizons humides…
Je restais là, à l’admirer,
Comme si j’avais, sous ses traits,
Reconnu ma jeunesse enfuie.
Un regard. Et mon cœur se serre,
La lumière s’éteint. C’est l’aube.
Et le matin humide toque
À sa fenêtre abandonnée.

Alexandre Blok, Le monde terrible

*choix de la lectrice de Denis Chiasson

Le monde terrible 3

CELMA (Ricardo) - 3

Il est des instants ou s’apaise
le funeste orage de la vie
c’est quelqu’un qui vous touche l’épaule
ou qui pose un regard radieux…

et alors le quotidien s’effondre
dans un sombre gouffre sans fond…
et lentement au-dessus du gouffre
l’arc-en-ciel du silence se lève…

et la mélodie naissante et sourde
dans le silence qui retient son souffle
frôle les cordes engourdies par la vie
de l’âme tendue comme une harpe

Alexandre Blok, Le monde terrible

*choix de la lectrice de Ricardo Celma