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Apocryphes 2

LIU (Fongwei) - 9

Je cherche en moi les vieux liens d’amour
les courants les montées les anciens luminaires
qui ont parsemé mon parcours
comme des grains semés

François Baril Pelletier, Apocryphes du cœur

*choix de la lectrice de Fongwei Liu

Apocryphes 1

LHOTE (André) -6

Et le poème se fait amour
Nous naviguons par petites odyssées
et nous prenons multiples chemins
de notre bonheur migratoire
la torche entre les doigts

François Baril Pelletier, Apocryphes du cœur

*choix de la lectrice d’André Lhote

Bouclettes 10

ORONSKA (Katarzyna) - 24

repeignant la ville
de toutes les nuances de gris
un nuage de pluie

Michel Betting, Bouclettes indomptées

*choix de la lectrice de Katarzyna Oronska

Bouclettes 9

OLSOMMER (Charles-Clos) - 9

voie ferrée
regardant passer les trains
un troupeau de coquelicots

Michel Betting, Bouclettes indomptées

*choix de la lectrice de Charles-Clos Olsommer

Frida en deux temps

Voilà plusieurs fois que je lis les albums consacrés à Frida Kahlo écrits par Sophie Faucher et illustrés par Cara Carmina. Et je ne comprends toujours pas l’engouement qu’ils ont connu et connaissent encore. Les images sont jolies, sans avoir de véritables ressemblances avec les toiles de Kahlo autres que la disposition des personnages et certains des sujets abordés. Quant au texte, dont chaque page double se termine par Je-suis-Frida suivi d’une explication (Je-suis-Frida-qui-a-des-ailes, Je-suis-Frida-à-papa, Je-suis-Frida-en-mille-morceaux, Je suis-frida-solitude), il a fini par m’agacer.

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Or, j’aurais tellement aimé être séduite par ces albums qui ont été salués par la critique. Mais je suis demeurée tiède, tentant de leur trouver assez de qualités pour vous les vendre. Mais je n’y suis pas arrivée.

J’ai cherché une partie documentaire à la fin des albums, mais il n’y en a pas. J’ai cherché un véritable tableau de Frida Kahlo, mais il n’y en a pas non plus, pas plus qu’aucune des murales de Diego Rivera. J’ai cherché vainement quelques détails sur le Mexique.

frida2

Et j’ai compris que ce que j’attendais de Frida, c’est moi (qui porte sur l’enfance de Frida Kahlo) et Moi, c’est Frida Kahlo (qui porte sur sa vie adulte) n’avait rien à voir avec le projet et le but de ceux-ci, qui semblent être davantage ludiques – grâce à des images colorées mettant en scène des personnages avec des yeux en forme de diamant et quelques traces du folklore traditionnel mexicain – et superficiels, puisque l’auteure a choisi de verser dans l’anecdote uniquement. Du moins, c’est ce que j’ai ressenti.

J’ai aussi compris que parents, enseignants ou bibliothécaires devraient faire le travail de recherche eux-mêmes s’ils voulaient vraiment faire connaître cette artiste.

Et je me suis dit que j’étais peut-être trop exigeante et que j’aurais dû faire lire ces albums à un enfant pour être certaine que l’adulte en moi n’avait pas pris toute la place.
Mais cela aurait-il modifié ma première impression qui n’a fait que se confirmer à chaque lecture additionnelle? Va savoir.

Bouclettes 8

CHIASSON (Denis) - 67

matin brumeux
les arbres s’égouttent
lentement

Michel Betting, Bouclettes indomptées

*choix de la lectrice de Denis Chiasson

Ameline

ameline-joueuse-de-flute

Ce qu’il est beau, cet album qui revisite l’histoire du joueur de flûte de Hamelin. Je l’ai lu, relu, et encore relu, avec chaque fois la même émotion.

J’ai été déroutée, séduite, triste, gaie, admirative à tour de rôle ou en même temps. L’inventivité de Clémentine Beauvais y est pour quelque chose. Les illustrations d’Antoine Déprez, tout autant.

Ameline est orpheline et vit avec son grand-père et une dame qui s’occupe d’elle et avec qui elle n’a aucun lien de parenté. Une vie toute simple ponctuée par ce conte allemand terrifiant qui parle de la peste, d’un flûtiste et d’enfants qui périrent noyés. Une histoire qu’elle connait par cœur et qu’elle emportera avec elle quand on enterrera son grand-père.

Maintenant qu’il n’est plus là, qu’une famille du village natal de celui-ci va l’adopter, peut-elle encore être gaie? Ameline n’a pas le temps de se poser la question qu’une pléiade d’enfants, tous orphelins comme elle, n’allant pas à l’école, vêtus comme on l’était autrefois, lui font rapidement oublier cette question en l’entraînant dans des jeux qui l’occupent toute la journée.

Mais pourquoi y a-t-il tant de chats dans ce village? Et pour quelle raison ses nouveaux copains ont-ils toujours les pieds mouillés? Et comment se fait-il que sa famille adoptive n’ait jamais entendu parler de ces enfants avec qui Ameline joue?

C’est dans la boîte qui lui a été remise lors du décès de son grand-père que se trouve la réponse. Une belle façon de détourner la fin du Joueur de flûte de Hamelin. Toute en finesse et avec un effet de surprise qui plaira aux jeunes lecteurs, j’en suis convaincue.

Quant à moi, je suis conquise. Et je ne peux qu’applaudir devant une telle réussite, car le défi était grand. Très grand.

Bouclettes 7

UBIRIA (Monica) - 2

ciel d’azur
à grands coups de pinceaux
des traces de nuages

Michel Betting, Bouclettes indomptées

*choix de la lectrice de Monica Ubiria

Pieds nus

pieds nus

C’est le titre qui m’a attirée. Et je me suis beaucoup amusée à lire cet album écrit et illustré par Rémi Courgeon. Comment en pourrait-il être autrement quand l’histoire est celle de Tim qui, un certain 28 août, décida qu’il ne porterait plus ni chaussettes ni chaussures jusqu’à la fin de ses jours?

Et c’est ce qu’il fit, et ce, même si ses parents crurent un temps que ça lui passerait. Tim avait fait un choix de vie et il s’y tint. Pas question d’essayer des chaussures, de glisser ses orteils dans des tongs, ou de porter quelque chose qui lui couvre les pieds.

Il arriva donc pieds nus à l’école, ce que le directeur n’apprécia pas du tout. Il ne se chaussa pas par grand froid, car la peau des pieds de Tim s’était épaissie. Il joua au foot pieds nus, passa son bac pieds nus et passa un été à Londres pieds nus.

Mais le plus amusant est que Tim, qui ne portait pas de chaussures, devint créateur de chaussures. Si, si.
Et là s’arrête mon résumé. C’est tout ce que je vous dirai de cette histoire à la fin amusante.

Je vous laisse le plaisir de le découvrir à votre tour. De sourire. D’en apprendre un peu plus sur la liberté et les choix de vie.
Cet album va bien au-delà de la simple anecdote. Vous verrez.

Bouclettes 6

SHUTTIE (Zois) - 3

banc de sable clair
les rayons du soleil
pour lui tout seul

Michel Betting, Bouclettes indomptées

*choix de la lectrice de Zois Shuttie