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Les vers de Stefan 7

BARLOW (Myron G.)

en retournant sur tes pas
c’est vers moi que je marche

les lieux oubliés
les amitiés rompues
les peines que l’on foule
une éclisse dans la gorge

qu’y a-t-il à l’origine
pour que tout y revienne?

Stefan Psenak, Longtemps j’ai porté mes deuils comme des habits trop grands

*choix de la lectrice de Myron G. Barlow

Le parfum des feuilles de thé

parfum

Parfois, on a juste envie d’un beau livre et d’une histoire qui finit bien.
Et la vie se charge du reste et met sur notre chemin un album de toute beauté. Un superbe album qui nous transporte en Asie et nous raconte l’histoire de Jia et de sa mère, chassées de leur village parce que cette dernière cueillait des feuilles de thé alors qu’une croyance populaire affirmait qu’il ne fallait pas toucher aux feuilles des arbres.

Mère et fille ont donc vécu à l’écart, l’aînée enseignant à la plus jeune cet art de choisir les feuilles, les propriétés de l’une et de l’autre, un savoir-faire qu’elle ne cessait de développer. Jusqu’à ce que la mort l’emporte et que Jia, devenue adulte, marche sur les traces de sa mère. Une vie qui aurait pu se poursuivre ainsi, sans grande surprise, avec ce bonheur de trouvailles ponctuelles à la suite de mélanges, le thé occupant le plus clair de ses journées.

Mais son destin était tout autre. Et nenni, je ne vous dirai pas un mot de ce qui attend Jia au détour d’un sous-bois, où un homme blessé et ensanglanté git sur le sol. Pas question que je gâche votre plaisir.

Le parfum des feuilles de thé, signé Ingrid Chabbert et illustré magistralement par Célia Chauffrey, est un album qui fait rêver. Et parfois, on a juste besoin d’un album qui fait rêver.

Un livre à offrir, à s’offrir. Même si l’on pense qu’on n’a plus l’âge. Il n’y en a pas pour les beaux livres, pour ceux qui réchauffent le cœur et pour ceux dont chaque illustration est une merveille.

Les vers de Stefan 6

MÜTZNER (Samuel) - 2

il y a dans la douleur
une abstraction du réel
qui s’incarne
pour occuper l’espace

Stefan Psenak, Longtemps j’ai porté mes deuils comme des habits trop grands

*choix de la lectrice de Samuel Mützner

Les vers de Stefan 5

STEVENS (Alfred) - 32

je t’ai si peu décrit
il me semble
quelques mots en exergue
qui contiennent tous les autres
dans le blanc habitable du poème

Stefan Psenak, Longtemps j’ai porté mes deuils comme des habits trop grands

*choix de la lectrice d’Alfred Stevens

Un album pétri de bons sentiments

chemin

À priori, je n’ai rien contre les albums jeunesse pétris de bons sentiments, je suis bien consciente qu’il en faut. Mais qu’on les couvre de prix littéraires, là je ne marche plus!

Le chemin de la montagne, écrit et illustré par Marianne Dubuc, a reçu au cours des derniers mois le prix littéraire du Gouverneur Général (catégorie littérature jeunesse — livres illustrés), le Prix jeunesse des bibliothèques du Québec et le Prix TD de littérature jeunesse, en plus de d’avoir fait partie des finalistes au prix Harry Black et d’être traduit dans une dizaine de langues.

Or, je ne comprends pas du tout comment un album aussi banal ait pu gagner le cœur de tant de jurys et de tant de maisons d’édition étrangères.
Je ne vois pas en quoi il se démarque autant du lot. Vraiment pas.

C’est un album mignon, je vous l’accorde. Un album où il est question d’amitié et d’entraide. Mais ce n’est pas le premier où il en est question, et ce ne sera pas le dernier.
Et je me demande encore en quoi il est si remarquable pour avoir fait une telle unanimité.

Je me demande aussi pourquoi l’auteure et illustratrice a choisi de faire passer son message par la voix d’animaux et non en mettant en scène des êtres humains. En effet, j’aurais peut-être adhéré davantage à son objectif et me serais un peu laissée gagner par l’histoire, ce qui n’a pas du tout été le cas.

L’anthropomorphisme n’a jamais été ma tasse de thé. Il ne le deviendra pas avec cet album, joli au demeurant. Mais sans plus. Et tant pis si je suis la voix discordante au milieu de ce chœur de louanges.

Les vers de Stefan 4

STEIRNAGLE (Michael) - 4

au début
il faut apprendre
à ralentir
à résister à la tentation de l’urgence

choisir la mélancolie plutôt que la colère
le ravissement du spleen
une longue respiration
une sorte de grafignure
une rayure parfaite sur un vinyle

Stefan Psenak, Longtemps j’ai porté mes deuils comme des habits trop grands

*choix de la lectrice de Michael Steirnagle

Les vers de Stefan 3

JOLIN (Einar) - 2

en somme
il suffit de bien peu de choses
prendre du recul
ou gravir une pente douce
pour mieux apprécier
le flou

Stefan Psenak, Longtemps j’ai porté mes deuils comme des habits trop grands

*choix de la lectrice d’Einar Jolin

Les vers de Stefan 2

NOLDE (Emil) - 3

j’ai planté des arbres de mémoire
j’ai nagé dans les rivières
comme dans les fleuves
j’ai rencontré le génie
dans les mots et la musique des autres

j’ai fixé mes racines dans le vent
pour être toujours
là où il me porte

Stefan Psenak, Longtemps j’ai porté mes deuils comme des habits trop grands

*choix de la lectrice d’Emil Nolde

Les vers de Stefan 1

TONDU (André)

il y a dans le poème
une dernière volonté
une ultime tentative
une prière éperdue

Stefan Psenak, Longtemps j’ai porté mes deuils comme des habits trop grands

*choix de la lectrice d’André Tondu

Apocryphes 3

COVELL (Joan)

J’erre sans dire mot
sans qu’une parole ne s’envole
de mon souffle de vents

François Baril Pelletier, Apocryphes du cœur

*choix de la lectrice de Joan Covell