Commentaires récents
Admin:
Archives:
juin 2026
D L M M J V S
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  
Les grandes surfaces 1

EBERL (François) - 2

la rivière tel un chemin de fer
guide les pas
hors des terrains connus
la voie est libre

je pourrais me rendre
plus loin qu’à l’habitude

Amélie Hébert, Les grandes surfaces

*choix de la lectrice de François Zdenek Eberl

Une ardente solitude 3

MARUSSIG (Piero)

Maintenant ta voix disparaîtra.
Et demain tombera aussi ta fleur.
Et plus rien ne viendra. Peut-être la vie
s’éteint-elle dans un lieu d’astres en amour.

Sandro Penna, Une ardente solitude

*choix de la lectrice de Piero Marussig

Une ardente solitude 2

EL SHANOURY (Hala)

La mer est toute bleue
La mer est toute calme
Dans le cœur c’est presque un cri
de joie. Et tout est calme.

Sandro Penna, Une ardente solitude

*choix de la lectrice d’Hala El Sharouny

Une ardente solitude 1

VERMEULEN BREEDT (Marie) - 8

Nuit : rêve de ténèbres
éparses illuminées.
Entendre la voix claire
venue de la mer. D’un livre
aimé voir des mots
disparaître… – Oh étoiles en fuite
l’amour de la vie!

Sandro Penna, Une ardente solitude

*choix de la lectrice de Marie Vermeulen-Breedt

Les vers d’Audrey 3

STEEG (Susan)

J’ai enroulé mes bras
Autour de ton ombre
Qui fuyait l’aurore
À contre-courant

Pour apaiser tes doutes
Et laisser une empreinte

Comme une douce lueur
Brouille tes repères.

Audrey Gauthier, Une espèce de l’abîme

*choix de la lectrice de Susan Steeg

Les vers d’Audrey 2

FECHIN (Nicolai) - 8

Chaque fois que le matin s’infiltre
Par les rideaux ouverts

Ton rêve fuit
Mis à part quelques bribes

Qui restent collés à tes cils
Je les souffle d’un baiser

Pour égrainer le pollen
D’un jardin qui s’anime.

Audrey Gauthier, Une espèce de l’abîme

*choix de la lectrice de Nicolai Fechin

Les vers d’Audrey 1

ROSZAK (Basia) - 2

Comme une courtepointe
Point par point
J’aimerais me raccommoder
À notre territoire.

Audrey Gauthier, Une espèce de l’abîme

*choix de la lectrice de Basia Roszak

Rouleaux de printemps 4

FREYRE (Raffaela)

Reviens
dormir entre les
pages de
mon lit comme
un poème
inédit

Patrice Desbiens, Rouleaux de printemps

*choix de la lectrice de Raffaela Freyre

Rouleaux de printemps 3

BUCKNER (Derek)

Les larmes me collent
aux joues.
Elles n’ont pas d’autre place
où aller.

Patrice Desbiens, Rouleaux de printemps

*choix de la lectrice de Derek Buckner

Le scandale de la tour byzantine

byzantyne

J’avais relativement bien aimé Le testament de Maïakovksi, le premier roman de Pierre-Louis Gagnon, paru il y a déjà quelques années. C’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé certains des personnages de ce premier roman dans Le scandale de la tour byzantine, qui en constitue la suite. Un roman qui, cette fois-ci, se déroule en Espagne, au Portugal, aux États-Unis et surtout, dans la ville de Québec, d’où est originaire Serge Régnier, le jeune bibliothécaire communiste et homosexuel, devenu journaliste, dont nous avions suivi les aventures.

L’homme n’est pas tout à fait revenu de tout, mais il a perdu nombre de ses illusions, tout comme ses compagnons de route, et il est temps pour lui de quitter l’Europe et de rentrer au pays après un séjour d’environ un an dans une prison espagnole, en transitant par Lisbonne.

Mais la réalité qui attend le jeune Régnier à son retour chez lui, à l’automne 1937, est bien différente de celle de 1934 alors qu’il avait travaillé de près avec Paul Gouin, fondateur de l’Action libérale nationale, dans le but de de changer l’avenir du Québec.

Maurice Duplessis a pris toute la place, ou presque. Mais pas que lui. Le nazi convaincu qu’est Adrien Arcand a conquis une partie de la population du bien-fondé des ses vues et opinions en matière de politique.

Nous sommes en pleine noirceur. Et Pierre-Louis Gagnon réussit le tour de force de nous installer aux premières loges afin d’assister à un pan de l’Histoire qu’on connait peu, ou qu’on a choisi d’occulter, tout en égratignant au passage le clergé, de même que certains hommes de loi ou de pouvoir, qui ont choisi la collaboration, le silence ou le maquillage d’événements selon les circonstances.

Cela donne un roman fouillé, même si certains épisodes nous semblent trop succinctement évoqués ou des personnages trop brièvement esquissés. Qu’à cela ne tienne. Le roman tient la route et nous donne envie de faire quelques recherches afin de découvrir ce Québec qu’on a tu et qu’on tait encore.

Et je ne peux que me réjouir. Le scandale de la tour byzantine (bien que je ne trouve pas le titre tout à fait adéquat) a une suite. Le rendez-vous de Damas fait partie de mes prochaines lectures.