L’écrit plié et replié
comme une famille,
ses linges glacés,
son armure d’eau
refoulant les os et le cœur,
remue tout le corps
abandonné
à la marche du langage.
Michèle Gagné, L’autre corps
*choix de la lectrice de Gwen Ballantyne
L’écrit plié et replié
comme une famille,
ses linges glacés,
son armure d’eau
refoulant les os et le cœur,
remue tout le corps
abandonné
à la marche du langage.
Michèle Gagné, L’autre corps
*choix de la lectrice de Gwen Ballantyne
Tu as plié soigneusement le désastre et le rêve
pour les déplier pêle-mêle devant nous
qui trafiquons la lumière
Nos feux invisibles
ont refermé l’aube derrière toi.
Michèle Gagné, L’autre corps
*choix de la lectrice de Jean Hugo
Dans l’enceinte
dans la pénombre
sur les samares
flotte la mémoire
en amont et en aval
je tends la main
Justine Coux, Carnets du chêne rouge
*choix de la lectrice d’Irit Bourla
Couche tes rêves
sur les dernières neiges
referme tes ailes
comme un livre triste
j’implorerai les cimes
je tendrai mes mains avides de printemps
mon chant défera ta longue errance
Justine Coux, Carnets du chêne rouge
*choix de la lectrice de Leslie Graff
Après la dernière feuille
je serai le nord et l’orient
épousant l’écorce des jours
et ton épaule nue de chêne
entourant tes rives dans des rires de neige
puis les couchant
dans des sommeils de lumière
je serai
l’attente pure
qui donne lieu aux rencontres
Justine Coux, Carnets du chêne rouge
*choix de la lectrice de Katarzyna Oronska
L’unique espérance
rouler vers
le rêve des hautes herbes
le tracé est inscrit sur ma paume
Justine Coux, Carnets du chêne rouge
*choix de la lectrice d’Edmund Charles Tarbell
La plaine est déserte
tu ne viens pas
je n’ai jamais voulu autre chose
que boire le café du matin avec toi
encore les étoiles filantes
comme tes errances
criblent le toit
la maison vogue dans la nuit
serais-je à jamais blessée d’étoiles
Justine Coux, Carnets du chêne rouge
*choix de la lectrice de Charle-Clos Olsommer
Le temps se grave
dans le creux des mots
sans rivage
nous sommes loin de la mer
Justine Coux, Carnets du chêne rouge
*choix de la lectrice d’Albert Anker
dans la maison sauvage
nous avons dormi
sous la gouvernes des oiseaux
au-dessus du fleuve
nous avons fait brûler
de vieilles images
au réveil une silhouette
trace maigre sur la neige
seule preuve de son passage
une impression fugace
personne n’est venu
contredire l’accalmie
Amélie Hébert, Les grandes surfaces
*choix de la lectrice de Will Kefauver
nos arythmies en cadence
nous vieillirons ensemble
comme des rêves de métropole
Amélie Hébert, Les grandes surfaces
*choix de la lectrice de Jessica Henry
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