Dès qu’elle a lu les mots d’Igor Sévérianine, la lectrice peinte par Renoir a abandonné l’Anthologie de la poésie russe. Ce serait ce poème et aucun autre qu’elle retiendrait.
Celle qu’on appelle Tristesse…
Comme une femme ayant beaucoup vécu,
Dans sa langueur et sa tendresse,
Offre sa couche à notre cœur vaincu,
Celle qu’on appelle Tristesse…
Elle s’étend, capricieuse, illusoire,
À la fois fatale et frivole;
Mon âme a soif, autant que de la gloire,
De la courbe de son épaule.
Avec les arts, pensifs baissant la tête,
Au gai printemps, à ses couleurs,
Nous préférons l’automne insatisfaite
Dont la tristesse a pris nos cœurs.

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