Ils sont encore là, dans la bibliothèque du bureau. Je ne les ai pas encore donnés, alors que la plupart des livres de mon enfance ont été légués à ma filleule et à sa sœur. Ils sont encore là, avec les illustrations de Marcel Marlier, édités par Casterman. Et je n’arrive pas à m’en défaire. Comme s’il fallait que je conserve dans ma bibliothèque un morceau de ce que j’ai été enfant : une lectrice avide des aventures écrites par la comtesse de Ségur. Bien évidemment, je ne me rappelle pas de chacun d’eux avec la même intensité. Mais une image subsiste : celle d’une petite fille de sept ans dans une balançoire au printemps lisant François le bossu. Et pourtant, c’est, paraît-il, le plus noir de tous les romans de la comtesse. Mais… Justement, il y a un « mais ». L’héroïne du roman s’appelle Christine. Comme Lali sur son passeport…
*toile d’Anna Huyksook Paik

Une réponse
Parfois il me vient si présent ce chemin verdoyant qui nous menait à l’école. Je sens encore l’odeur des matins joyeux de printemps, lorsqu’aux chants des hirondelles venaient se confondre les rires de Clarisse. Plus loin on prenait Pedro et on s’en allait tous les trois en s’attardant sur des pitreries insouciantes vers l’école où on arrivait toujours en retard pour le plus grand mécontentement de Mlle Francine qui nous attendait rouge de colère. Par bonheur je me suis toujours réveillé juste avant qu’elle nous gronde… Heureusement, ça ne serait pas bien d’avoir des salissures dans mes souvenirs…